Déclaration
de M. Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU
New York, le 21 septembre 2005
Mesdames et Messieurs les représentants,
Mesdames, Messieurs,
Je vous souhaite la bienvenue à
cette quatrième Conférence en vue de faciliter
l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction
complète des essais nucléaires, que je
suis heureux de déclarer ouverte.
Nous nous réunissons dans
un climat d’inquiétude accrue au niveau mondial
au sujet des armes de destruction massive – et en particulier
les armes nucléaires. Il
est de notre devoir à tous de promouvoir et de renforcer
les différents instruments
multilatéraux qui réduisent la menace que ces armes
font peser sur nous tous.
Pourtant, nous ne sommes pas encore
à la hauteur de cette ambition, comme
nous avons pu le constater la semaine dernière lors du Sommet
mondial. Pour la
deuxième fois en quatre mois, les États n’ont
pu s’accorder sur la manière de faire
progresser le désarmement, la non-prolifération et
les utilisations pacifiques de
l’énergie nucléaire. Ce fut un échec
de taille, et je crois que tous les États devraient
soutenir les efforts déployés sous la direction de
la Norvège pour trouver le moyen
d’aller de l’avant.
Nous devons également progresser
dans nos efforts visant à faire entrer en
vigueur le plus tôt possible le Traité d’interdiction
complète des essais nucléaires.
Ce traité constitue une mesure efficace de désarmement
et de non -prolifération
nucléaires, et son entrée en vigueur rapide apporterait
une contribution importante à
la paix et la sécurité internationales.
Le Traité a été
ouvert à la signature il y a neuf ans. La très grande
majorité des
États (176 en tout) l’ont signé. Cent vingt
-cinq États l’ont ratifié, parmi lesquels 33
des 44 États dont la ratification est indispensable à
son entrée en vigueur. Des
progrès techniques importants ont également été
accomplis s’agissant de la forme à
donner à la future organisation du Traité et de l’établissement
d’un mécanisme de
contrôle effectif.
Pourtant, au bout de neuf ans, le
Traité n’est toujours pas entré en vigueur.
Nous devrions tous en être gravement préoccupés.
Plus l’entrée en vigueur du Traité
est retardée, plus le risque que quelqu’un, quelque
part, teste des armes nucléaires
est grand. Cela porterait un coup sévère à
la cause de la non -prolifération et du
désarmement.
Si de nombreuses et importantes
questions techniques doivent naturellement
être examinées au cours de cette conférence,
votre tâche la plus urgente est de
réaffirmer votre attachement indéfectible au Traité
et votre détermination à œuvrer
pour son entrée en vigueur rapide.
Pour ma part, j’appelle tous
les États qui n’ont pas encore signé ou ratifié
le
Traité à le faire sans attendre, en particulier ceux
dont la ratification est nécessaire à
l’entrée en vigueur du Traité. En attendant
son entrée en vigueur, je prie instamment
tous les États de maintenir un moratoire sur les essais d’armes
nucléaires et toutes
autres explosions nucléaires, et de s’abstenir de toute
action allant à l’encontre de
l’objet ou du but du Traité.
Ne perdons pas courage. Des progrès
sont réalisables sur ces questions difficiles que sont les
questions nucléaires. Nous avons pu le constater cette semaine,
lorsque les pourparlers à six relatifs à la situation
de la péninsule de Corée ont abouti à un accord,
qu’il reste à présent à appliquer.
Il nous faut donc continuer à
œuvrer avec détermination à l’entrée
en vigueur
rapide du Traité d’interdiction complète des
essais nucléaires. J’espère que cette
conférence enverra un message clair à tous les États,
et leur fera comprendre que
l’entrée en vigueur du Traité ne saurait intervenir
trop tôt et que la réalisation de cet
objectif constituerait une avancée importante vers un monde
plus sûr.
Je vous remercie.
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