Message de M. Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA
Aujourd’hui, des millions de personnes à travers le monde commémorent la 20e Journée mondiale sida. Pour certaines, c’est peut-être le seul jour de l’année où ils pensent au sida. Pour beaucoup, toutefois, le sida fait partie de la vie quotidienne.
Depuis la première Journée mondiale sida en 1988, lorsque l’Organisation mondiale de la Santé a appelé chacun à « Se joindre à l’effort mondial », le sida est devenu l’un des problèmes déterminants de notre temps.
L’épidémie s’est mondialisée – et féminisée. En 1988, la plupart des cas de VIH enregistrés se trouvaient toujours aux Etats-Unis, et la majorité étaient des hommes. Aujourd’hui, le VIH est présent dans chaque pays du monde, et la moitié des personnes qui vivent avec le VIH sont des femmes.
La riposte s’est également mondialisée. L’an passé, les Etats Membres des Nations Unies se sont engagés à accélérer sur la voie de l’accès universel à la prévention, au traitement, à la prise en charge et à l’appui dans le domaine du VIH. Dans les pays en développement, plus de 2,5 millions de personnes reçoivent aujourd’hui les médicaments antirétroviraux qui prolongent la vie. Les infections à VIH, dans de nombreux pays, sont sur le déclin.
Le défi consiste désormais à maintenir ce leadership, à conserver le sida en tête des priorités mondiales, et à accélérer l’action aux niveaux national et local. Tout relâchement du leadership serait fatal. L’épidémie a atteint des proportions mondiales précisément parce qu’il a fallu attendre aussi longtemps avant que le monde n’agisse. Et bien que nous commencions à faire des progrès, il reste un long chemin à parcourir.
Il y a toujours un grave déficit de ressources pour le sida, et la stigmatisation et la discrimination qui entourent le sida sont encore monnaie courante. De ce fait, les deux tiers des personnes qui ont besoin d’un traitement antirétroviral ne peuvent y avoir accès. Moins d’une personne sur dix qui est exposée au risque d’infection à VIH a les moyens de se protéger.
Maintenir le leadership et accélérer l’action sur le sida ne sont pas uniquement l’affaire des politiciens. Cela concerne les chefs religieux, la communauté, les leaders de la jeunesse et des conseils, les cadres supérieurs et les dirigeants des syndicats. Cela concerne les personnes vivant avec le VIH, leur famille et leurs amis. Cela vous concerne, me concerne – chacun et chacune d’entre nous – en tant que chefs de file pour éliminer la stigmatisation et la discrimination, et préconiser davantage de ressources pour s’attaquer au sida.
Et cela demande que tous nous nous focalisions sur le sida chaque jour de l’année. Ce n’est qu’alors que nous pourrons espérer réaliser l’objectif mondial de l’accès universel à la prévention, au traitement, à la prise en charge et à l’appui en matière de VIH.