Pourquoi l'albatros ? Informations sur Monterrey Conférence internationale sur le financement du développement - Monterrey, Mexique du 18 au 22 mars 2002 Accueil ONU Arabe Chinois Anglais Espagnol Russe
 

Echanger la pauvreté contre la prospérité

 

Au cours de la dernière moitié du vingtième siècle, les politiques internationales ont visé à réduire les droits de douane et autres barrières commerciales - largement imposés par les priorités des pays développés. Récemment, et en particulier depuis Doha, l'attention se porte sur la question des barrières à l'exportation toujours élevées pour de nombreux pays en développement. Il est estimé que de telles barrières coûtent aux pays en développement 130 milliards de dollars par an.

La seconde moitié du vingtième siècle a été témoin d'un important boom économique mondial. Entre 1950 et 2000, le volume du commerce mondial a augmenté, en moyenne, à un taux de 6,2% par an, dépassant le taux de croissance de 3,8% de la production mondiale. Deux facteurs ont, en ce sens, joué un rôle significatif : la libéralisation des échanges et la baisse des coûts du transport et des communications.

Après huit séries depuis la deuzième Guerre mondiale, de négociations commerciales multilatérales, dont l'apogée a été la création de l'Organisation mondiale du commerce, le niveau moyen des tarifs douaniers a chuté d'environ 40% à moins de 6% dans les années 90. En moyenne, les pays en développement qui ont nettement baissé leurs droits de douane dans les années 80 ont eu, dans les années 90, une croissance plus rapide que ceux qui ne l'ont pas fait. L'engagement envers une plus grande libéralisation économique est aujourd'hui pratiquement universel. A Doha, au Qatar, les 142 membres de l'OMC se sont mis d'accord, en novembre 2001, pour négocier sur une série de problèmes clés présentant un intérêt particulier pour les pays en développement , tels que la réduction des subventions à l'agriculture, l'amélioration de l'accès au marché des produits non issus de l'agriculture par réduction ou élimination des barrières douanières et l'abus des lois anti-dumping.

S'exprimant lors de la réunion préparatoire de janvier pour la Confence internationale sur le financement du développement, le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a demandé à ce que la réunion de Monterrey se serve de l'élan acquis à Doha, où a été faîte la promesse d'un nouvel agenda de négociations commerciales qui prenne en compte le développement.

Eliminer la dépendance vis à vis des matières premières

La plupart des pays en développement exportent encore en grande partie des matières premières : des produits alimentaires, des carburants et des minéraux. De plus, pour plus de 50 pays en développement - comprenant les deux tiers des 22 pays de l'Initiative à l'égard des pays pauvres les plus lourdement endettés (décrite dans les informations de base du dossier de presse sur la dette) - plus de la moitié des revenus du commerce extérieur proviennent encore de trois matières premières au plus.

La dépendance excessive vis à vis des matières premières rend de nombreux pays en développement très vulnérables aux fluctuations, à court terme, des prix. Sur le long terme, ces pays doivent faire face au problème de la baisse du prix de leurs exportations par rapport aux prix des principaux biens manufacturés qu'ils importent.

Il est évident que les pays en développement doivent diversifier leurs exportations, notamment en passant à l'exportation de biens manufacturés et de services. De nombreux pays en développement, en particulier en Asie, l'ont en réalité déjà fait. Selon une étude de la Banque mondiale, près de 24 pays en développement, soit 3 milliards de personnes au total, ont doublé leurs revenus par rapport à la masse de leurs échanges commerciaux au cours des vingt dernières années. Dans plusieurs d'entre eux, les produits manufacturés (les textiles, les équipements légers et les productions techniques) représentent maintenant l'un des principaux composants du commerce extérieur. Ceci indique que passer du commerce des matières premières au commerce des biens manufacturés est en fait possible de même que l'est la diversification entre différents groupes de matières premières.

La capacité comme l'opportunité d'accroître les exportations est un élément critique pour la réduction de la pauvreté à long-terme. Comme l'est aussi la capacité d'instaurer des engagements à l'égard des politiques commerciales et de participer efficacement au développement des politiques internationales qui, pour de nombreux pays en développement, nécessitent une assistance technique supplémentaire.

L'accès au marché

Dans les économies développés, les droits de douane et les restrictions à l'importation ont tendance à être comparativement élevés pour les produits agricoles et autres biens dont la production nécessite un travail intensif. Ce sont ces produits que de nombreux pays en développement peuvent exporter de manière concurrentielle. Pour certaines catégories de produits, les pays en développement doivent non seulement être efficaces mais aussi entrer en concurrence avec les producteurs des pays développés qui bénéficient de subventions élevées comme en particulier les exploitants agricoles.

Les pays développés ou relativement avancés économiquement, membres de l'Organisation pour la coopération et le développement économique, distribuent des subventions agricoles qui, en 1999, ont atteint 361 milliards de dollars - plus que le produit national brut de l'Afrique sub-saharienne toute entière. De plus, une grande partie des exportations non agricoles en provenance des pays en développement sont limitées par des droits de douane particulièrement élevés ou des droits de douane qui augmentent avec le degré de traitement des produits de base. Ceci décourage donc les pays en développement de tenter de distribuer ces produits à plus haute valeur ajoutée. Même lorsque les pays en développement parviennent à pénétrer sur les marchés des pays développés, ils sont parfois injustement accusés de "dumping" (vendre au dessous du prix correct du marché) et deviennent la cible d'amendes "anti-dumping".

Accroître l'accès au marché pour les exportations des pays en développement doit se faire en complément d'un effort concerté pour garantir que tous les pays, notamment ceux qui font face à des problèmes particuliers, sont en mesure de bénéficier de la libéralisation du commerce. Une étude récente estime que la levée de toutes les barrières commerciales pourrait apporter aux pays en développement un bénéfice d'environ 130 milliards de dollars par an (aux prix actuels et pour ce qui concerne uniquement les revenus du commerce des marchandises) - réduisant les 50 millions de dollars supplémentaires en aide publique au développement, nécessaires annuellement pour atteindre les Objectifs de développement du millénaire établis pour 2015.

En dehors de l'agenda de négociations sur lequel se sont mis d'accord les participants de la Réunion ministérielle de l'OMC à Doha, d'autres mesures utiles ont été récemment adoptées. L'une est l'engagement pris par l'Union européenne lors de la Troisième conférence des Nations Unies sur les pays les moins développés en mai 2001 d'éliminer, entre 2002 et 2004, tous les quotas et restrictions douanières sur l'importation de "tout sauf les armes" en provenance des 49 pays les plus pauvres au monde. De même, l'African Growth and Opportunity Act, adopté par les Etats-Unis en mai 2000, a choisi 34 pays de l'Afrique sub-saharienne pour qu'ils bénéficient d'un nouveau Système préférentiel généralisé (GSP).

Bien que la Conférence internationale pour le financement du développement ne serve pas de forum aux négociations commerciales, l'OMC s'est engagé à être l'un de ses principaux partenaires. La réunion de mars 2002, à Monterrey au Mexique, servira de forum au cours duquel des mesures commerciales pourront être discutées dans le contexte de leur relation avec d'autres aspects financiers du développement ainsi qu'avec les institutions et les politiques internationales. Aucun engagement réel n'a été pris à Doha - seul un accord a été passé pour commencer des négociations qui prendront des années. Monterrey peut servir d'étape à la construction d'un soutien politique en faveur d'un système mondial d'échanges plus juste et plus ouvert.

 

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12 février 2002

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