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[ retour au volume 18 #4 sommaire ] [ retour à la page d'accueil d'Afrique Renouveau ] Afrique Renouveau, Vol.18#4 (Janvier 2005), page 9 Suivi du NEPAD M. Monty Jones, généticien sierra-léonais, est le
premier Africain à recevoir le prestigieux Prix mondial de l’alimentation.
Une cérémonie qui a eu lieu dans l’Etat agricole américain
de l’Iowa le 14 octobre a rendu hommage aux travaux décisifs
dans la mise au point du nouveau riz pour l’Afrique (Nerica), une
variété de riz résistant à la sécheresse,
à haut rendement et riche en protéines. Le Nerica a été
reconnu dans le cadre du Nouveau Partenariat pour le développement
de l’Afrique (NEPAD) comme un exemple d’initiative novatrice
susceptible de stimuler le développement de l’agriculture
en Afrique et de réduire la faim (voir Afrique Relance,
janvier 2004).
Monty Jones, qui a dirigé la mise au point du nouveau riz pour l’Afrique (Nerica), augmentant ainsi les rendements des paysans pauvres. Photo: ©Prix mondial de l’alimentation
M. Jones a partagé le prix de 250 000 dollars avec le Professeur Yuan Longping, qui a mis au point, dans les années 70 dans sa Chine natale, les premières variétés réussies de riz hybride à haut rendement, cultivées à grande échelle. Le Prix mondial de l’alimentation a été institué en 1986 par l’agronome Norman Borlaug, dont les travaux ont contribué à la “révolution verte” des années 70. M. Jones ayant dirigé les premiers travaux sur le Nerica dans les années 90 lorsqu’il était chercheur principal auprès de l’Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest (ADRAO), il a été indiqué dans la déclaration officielle qu’il “a su exploiter les potentialités des anciens riz africains en combinant les variétés africaines et asiatiques, ce qui accroît considérablement les rendements et donne beaucoup d’espoir à des millions de paysans pauvres”. Une délégation d’une douzaine d’ambassadeurs africains présents en Iowa pour la cérémonie a déclaré que le prix saluait non seulement les efforts de M. Jones et de l’ADRAO, mais aussi “des milliers de chercheurs africains qui, sans relâche, s’emploient à mettre fin à la faim et à la pauvreté en Afrique”. Il faut ‘accélérer’ le plan africain Le NEPAD a déjà enregistré des progrès notables depuis son adoption il y a trois ans, ont estimé les dirigeants africains fin novembre. Mais davantage de projets et programmes concrets doivent être mis en oeuvre sur le terrain. Réunis à Alger les 22 et 23 novembre, une vingtaine de chefs d’Etat africains ont indiqué que l’initiative a, à ce jour, permis d’inscrire les questions touchant l’Afrique en bonne place parmi les priorités de développement internationales, d’élaborer un plan d’action à court terme pour le développement des infrastructures et de lancer le ‘processus d’évaluation par les pairs’ dans le cadre duquel les pays africains évaluent mutuellement leur gestion politique et économique (voir article "Les Etats se jugent les uns les autres"). Toutefois, a ajouté le Président Olusegun Obasanjo du Nigéria, l’initiative doit trouver des moyens “d’accélérer” la mise en oeuvre des projets et programmes. “Je suis déçu”, a déclaré le Président Abdoulaye Wade du Sénégal à une conférence du NEPAD tenue en Afrique du Sud un mois plus tôt. “J’éprouve d’énormes difficultés à expliquer ce que nous avons réalisé lorsque les gens chez moi et ailleurs me posent la question.” Bien que le NEPAD soit un plan de l’Union africaine, c’est aux communautés économiques sous-régionales du continent qu’incombe la responsabilité d’oeuvrer avec les institutions financières en vue de définir et d’exécuter les projets. Lancement d’une initiative sur le manioc En collaboration avec l’Institut international d’agriculture tropicale d’Ibadan (Nigéria), le NEPAD a lancé une initiative panafricaine sur le manioc. Fruit d’ateliers consultatifs tenus en Afrique de l’Ouest, en Afrique de l’Est, en Afrique centrale et en Afrique australe, l’initiative vise à aider les gouvernements à élaborer leurs propres programmes pour le manioc. Il s’agit de mobiliser des ressources auprès des partenaires de l’Afrique pour appuyer la recherche et la mise en valeur du manioc, la denrée alimentaire la plus consommée sur le continent après le maïs. Facile à cultiver même dans des conditions climatiques hostiles, ce tubercule est largement cultivé par les petits exploitants agricoles, en particulier les femmes, dans plusieurs zones écologiques en Afrique. Malgré le rôle du manioc en Afrique, il n’y a guère eu de travaux de recherche tendant à l’améliorer. Mme Lithi Musyimi-Ogana, du Kenya, a été nommée en octobre chef du nouveau Bureau de l’égalité des sexes et des organisations de la société civile au secrétariat du NEPAD. Cette nomination fait suite aux critiques des militants des droits des femmes et de la société civile, pour qui le plan africain avait initialement été élaboré sans un débat véritable avec le public et ne tenait pas suffisamment compte de leurs préoccupations. Mme Musyimi-Ogana a plus de 20 ans d’expérience auprès du Ministère kényen des finances, comme directrice régionale de l’African Centre for Empowerment, Gender and Advocacy et comme conseillère pour l’égalité des sexes et la gouvernance auprès de l’Organisation des femmes pour l’environnement et le développement, organisation non gouvernementale internationale de New York. ‘Le train du NEPAD est en marche’ “Le train du NEPAD est en marche, et la société civile au Kenya a décidé de monter à bord”, a déclaré Mme Grace Akumu, militante écologiste, à une conférence sur le NEPAD et la société civile tenue à Nairobi en octobre. Elle a engagé les participants à choisir des coordonnateurs par thème qui travailleront avec le Mécanisme d’évaluation intra-africaine et a encouragé le Secrétariat du NEPAD, dont le siège est en Afrique du Sud, à “appliquer une politique d’ouverture en matière d’accès à l’information et de transparence”. La présidente du Conseil national des ONG kényennes, Mme Orie Rogo-Manduli, a indiqué que les débats publics sur le NEPAD devraient inclure les bidonvilles et les zones rurales.
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