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[ retour au volume 18 #4 sommaire ] [ retour à la page d'accueil d'Afrique Renouveau ] Afrique Renouveau, Vol.18#4 (Janvier 2005), page 5
Des petits pas pour de grands résultats Il faut des "investissements concrets" pour réaliser les objectifs du Millénaire Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui consistent notamment à réduire de moitié la pauvreté dans le monde et des deux tiers la mortalité des enfants, sont aussi difficiles à atteindre qu'ils sont ambitieux, a déclaré M. Sachs au siège de l'ONU à New York, fin septembre, lors d'une réunion d'information sur le Projet du Millénaire, qu'il dirige. Mais réaliser ces objectifs, a expliqué M. Sachs, peut parfois être aussi simple que distribuer une moustiquaire de 1,50 $ ou un sac d'engrais à un exploitant agricole. "Il ne s'agit pas de problèmes métaphysiques ni culturels de grande envergure... Ce sont des problèmes pratiques, qui ne nécessitent pas beaucoup d'argent." M. Sachs affirme que si des progrès importants ont été réalisés dans certaines régions du monde, "l'Afrique dans son ensemble n'a pas fait de progrès et a régressé dans des proportions importantes dans de nombreux domaines". Le continent est l'épicentre de la pauvreté mondiale, a-t-il poursuivi. Il est prévu que les dirigeants de la planète évaluent en septembre 2005 les progrès effectués dans la réalisation des objectifs. L'absence de progrès de l'Afrique s'explique par de nombreuses raisons, a-t-il dit, notamment la pauvreté des sols, les répercussions des changements climatiques et les pénuries de transport et de communication de base. Mais ces problèmes ont été exacerbés par l'importance que les donateurs ont continué d'accorder à la libéralisation des marchés, par une aide inadéquate et mal ciblée et par une tendance à incriminer l'Afrique. Les problèmes du continent "ne peuvent pas tous être expliqués par l'argument selon lequel la pauvre Afrique ne se gouverne pas correctement", observe M. Sachs. "Dire que c'est la faute des pauvres ne résoudra pas le problème. Ce n'est pas non plus une explication exacte, ou analytique" des obstacles auxquels se heurte le développement de l'Afrique. Les carences en nitrogène constituent un obstacle majeur à l'amélioration des rendements agricoles en Afrique. Pourtant, les programmes d'ajustement structurel ont éliminé les subventions des pouvoirs publics pour les engrais et ont augmenté le prix des engrais qui sont ainsi devenus inabordables pour les exploitants agricoles pauvres d'Afrique -- surtout des femmes. "Aujourd'hui, nous envoyons des centaines de millions d'Africains cultiver leurs champs sans aucune chance biophysique de récolter quoi que ce soit -- et lorsqu'ils ne récoltent rien, nous envoyons une mission pour leur expliquer comment mieux gouverner."
Moustiquaires antipaludiques : un moyen peu coûteux de réduire la mortalité des enfants, l'un des objectifs du Millénaire pour le développement. Photo: © OMS / Pierre Virot La lutte contre le paludisme se heurte à des problèmes du même ordre (voir article "L'Afrique lutte contre le paludisme"), les donateurs insistant pour que les Africains achètent des moustiquaires imprégnées d'insecticide, selon une méthode du secteur privé, la "commercialisation parallèle". Moins de 1 % des familles africaines des régions rurales peuvent se permettre d'acheter ces moustiquaires pourtant très efficaces, a-t-il expliqué. Elles devraient être gratuites. "Les mères et les enfants meurent d'une maladie qu'il est tout à fait possible d'éviter parce que nous essayons de vendre des moustiquaires. J'appelle à mettre un terme à cette commercialisation parallèle dès aujourd'hui." À terme, a déclaré M. Sachs, bon nombre des problèmes de l'Afrique pourraient être surmontés si l'on disposait de plus de fonds, "mais nous ne résolvons pas ces problèmes pratiques parce que nous ne voulons pas parler d'argent". Si l'aide publique au développement accordée aux pays en développement a commencé à augmenter après avoir diminué pendant une dizaine d'années, seuls quelques donateurs ont atteint l'objectif fixé à l'échelle internationale qui consiste à verser 0,7 % de leur produit intérieur brut. L'aide au développement accordée à l'Afrique reste nettement inférieure aux 40 milliards de dollars supplémentaires par an nécessaires à la réalisation des OMD d'ici à l'échéance de 2015. "Nous disposons des ressources nécessaires pour sauver des millions de vies et améliorer l'infrastructure de base en Afrique ... de façon à ce que l'Afrique puisse véritablement participer à l'économie mondiale, a-t-il conclu. Nous devons apporter notre soutien à des investissements pratiques sur le terrain."
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