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Afrique Renouveau, Vol.18#4 (Janvier 2005), page 24

Afrique horizon

SECURITE MONDIALE
Un rapport sur les menaces du XXIe siècle

Pour ouvrir un débat international sur les nouveaux dangers dans le monde, le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a présenté à l’Assemblée générale le 2 décembre un rapport attendu avec intérêt. “J’appuie sans réserve les arguments principaux de ce rapport en faveur d’un système plus large et plus complet de sécurité collective”, a-t-il déclaré au sujet du rapport Un Monde plus sûr, établi par une équipe de haut niveau nommée par ses soins en 2003.

Ce rapport traite de questions diverses : la nécessité d’une stratégie globale contre le terrorisme, les principes régissant l’usage de la force, la prolifération nucléaire, la reconstruction des systèmes de santé publique, la lutte contre la pauvreté et la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’il soit plus représentatif et axé sur la prévention. “Nous ne pouvons traiter séparément des questions comme le terrorisme, les guerres civiles ou la pauvreté extrême”, a expliqué le Secrétaire général.

L’équipe de seize membres, dirigée par l’ancien Premier Ministre de Thaïlande, M. Anand Panyarachun, comprenait trois membres africains : Mme Mary Chinery-Hesse (Ghana), M. Amre Moussa (Egypte) et M. Salim Ahmed Salim (Tanzanie). En vue de susciter débats et réflexions sur les 101 recommandations du rapport, M. Annan s’est adressé au Groupe Afrique de l’Assemblée générale le 13 décembre. L’intégralité du rapport se trouve sur le site Web <www.un.org/secureworld/>.

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GRANDS LACS
Des dirigeants pour la paix

Onze chefs d’Etat et de gouvernement de la région africaine des Grands Lacs, en proie à la guerre, se sont engagés à renforcer la coopération régionale en faveur de la paix. Dans une déclaration adoptée au terme du premier sommet de la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs, organisée les 19 et 20 novembre à Dar es-Salaam (Tanzanie), les dirigeants ont réaffirmé une “approche régionale et générale” visant à promouvoir la paix, la sécurité et la démocratie durables. Ils se sont engagés à réprimer le trafic d’armes transfrontière et à accroître la coopération en matière de sécurité contre les groupes rebelles.

Organisé sous les auspices de l’ONU et de l’Union africaine, ce sommet a réuni les dirigeants des pays suivants : Angola, Burundi, République centrafricaine, République du Congo, République démocratique du Congo, Kenya, Rwanda, Soudan, Tanzanie, Ouganda et Zambie. Six autres chefs d’Etat africains y ont assisté en qualité de “témoins”.

Les participants ont décidé d’améliorer la gouvernance et le respect des droits de l’homme, de renforcer la lutte régionale contre le VIH/sida et d’autres maladies et de “mettre en place un espace économique unifié” pour la réduction de la pauvreté et le développement, conformément au programme économique africain, le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Les dirigeants ont déclaré que la région des Grands Lacs était une “zone spéciale de reconstruction et de développement” et se sont engagés à chercher à obtenir un appui plus important des donateurs aux programmes d’édification de la paix et de reconstruction. Etant donné la précarité des accords de paix régionaux, les dirigeants ont décidé d’établir un comité interministériel chargé de mettre en oeuvre les décisions adoptées et de planifier une autre réunion qui aura lieu en 2005 à Nairobi (Kenya).

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Une environnementaliste kényenne reçoit le prix Nobel de la paix

C’est en déclarant que “le développement durable, la démocratie et la paix sont indissociables”, que Mme Wangari Maathai, Kényenne réputée pour son engagement en faveur de l’environnement, des droits des femmes et de la démocratie, a accepté à Oslo (Norvège) le prix Nobel 2004 de la paix, le 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme. “Première femme africaine à recevoir ce prix, je l’accepte au nom du peuple du Kenya et de l’Afrique, et en fait du monde entier, a-t-elle dit. Bien que ce prix m’ait été décerné, il salue le travail d’innombrables individus et groupes du monde entier. Ils travaillent sans bruit et souvent sans être reconnus, pour protéger l’environnement, promouvoir la démocratie, défendre les droits de l’homme et garantir l’égalité des hommes et femmes. Ils plantent ainsi les graines de la paix.”


Mme Wangari Maathai reçoit le prix Nobel de la paix.

Photo : © Getty Images / AFP


Première Africaine à obtenir un doctorat au Kenya, cette biologiste de 64 ans s’est fait connaître sur la scène internationale en 1977, lorsqu’elle a fondé le Green Belt Movement pour lutter contre la déforestation endémique et l’érosion des sols. Une trentaine d’années et 30 millions d’arbres plus tard, ce mouvement a transformé le paysage du Kenya et a amené des dizaines de milliers de personnes -- principalement des femmes pauvres -- à protéger l’environnement et à s’investir davantage dans la vie économique, sociale et politique.

Bien que Mme Maathai se soit d’abord tenue à l’écart de la politique, il est vite apparu, explique-t-elle, que “une gestion responsable de l’environnement était impossible sans espace démocratique”. Son militantisme politique n’a pas tardé à susciter l’hostilité du gouvernement de l’ex-Président Daniel arap Moi -- ce qui lui a valu de faire de fréquents séjours en prison et d’être harcelée et maltraitée par les autorités.

Au lieu de la réduire au silence, cette hostilité des autorités l’a propulsée à la tête du mouvement pro-démocratique, qui avait pour symbole un arbre. En intégrant les combats en faveur de la justice environnementale, de la démocratie et des droits fondamentaux, explique-t-elle, des milliers de Kényens ordinaires “ont appris à surmonter la peur et le sentiment d’impuissance et se sont mobilisés en faveur des droits démocratiques”.

Le fait que Mme Maathai ait concilié défense de l’environnement et droits de l’homme a été cité par le comité d’octroi du Nobel comme l’une des principales raisons qui lui ont valu de recevoir ce prix de 1,48 million de dollars. “La paix sur Terre dépend de notre capacité à protéger notre environnement vivant, a noté le comité. Mme Maathai est à l’avant-garde de la lutte pour un développement social, économique et culturel écologiquement viable au Kenya et en Afrique. Elle a adopté une approche globale du développement durable qui intègre notamment démocratie, droits fondamentaux et droits des femmes. Elle pense à l’échelle mondiale et agit à l’échelle locale.”

En comptant Mme Maathai, seuls sept Africains et 12 femmes ont reçu le prix Nobel de la paix depuis sa création il y a 103 ans. Mme Maathai a été élue au Parlement kényen en 2002 et occupe actuellement les fonctions de ministre adjoint de l’environnement, des ressources naturelles et de la faune et la flore sauvages.


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