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[ retour au volume 18 #3 sommaire ] [ retour à la page d'accueil d'Afrique Renouveau ] Afrique Renouveau, Vol.18#3 (Octobre 2004), page 15 Selon l'ONU, le projet africain progresse Kofi Annan plaide pour un appui plus régulier pour le NEPAD Les pays africains accomplissent des progrès notables dans la réalisation de leur projet continental -- le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), a affirmé le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. Toutefois, estime son deuxième rapport annuel consacré à la mise en oeuvre du NEPAD*, la communauté internationale doit s'engager d'une manière plus ferme et plus concertée dans les efforts déployés par les Africains pour surmonter les sérieux obstacles auxquels ils continuent de se heurter. Cela suppose l'octroi d'une aide plus substantielle, l'adoption de mesures d'allègement de la dette, l'injection de capitaux étrangers et l'intensification des échanges commerciaux, ainsi qu'une plus grande cohérence en matière de politique étrangère. "L'Afrique s'attelle à la tâche," indique le Secrétaire général adjoint, Ibrahim Gambari, Conseiller spécial de l'ONU pour l'Afrique. "Depuis que le NEPAD a été adopté en 2001, ses réalisations ont été multiples." Le rapport du Secrétaire général note de "nombreux progrès" en ce qui concerne le Mécanisme d'évaluation intra-africaine, dans le cadre duquel les dirigeants africains s'accordent à soumettre volontairement leurs critères en matière de démocratie, de droits de l'homme, de gouvernance et de gestion économique à l'examen de leurs collègues du continent. A ce jour, 23 Etats -- soit près de la moitié des pays que compte l'Afrique -- font partie de ce Mécanisme et plusieurs autres envisagent de suivre leur exemple.
M. Annan indique que le comité des chefs d'Etat et de gouvernement chargé de la mise en oeuvre du NEPAD a entériné une liste de 20 projets "prioritaires" dans des domaines clefs. Si la Banque mondiale et la Banque africaine de développement ont déjà alloué une partie du financement, la moitié environ du montant total de 8,1 milliards de dollars prévu pour la réalisation de ces projets devra néanmoins provenir du secteur privé. Cohérence des politiques Bien que l'Afrique ait bien progressé, note M. Gambari, "il y a encore beaucoup à faire. Et pour cela, l'Afrique a besoin que ses partenaires externes se montrent encore plus accommodants." La communauté internationale est déjà plus généreuse, reconnaît-il, et les Africains apprécient cet appui, "Mais il arrive que les partenaires donnent d'une main et reprennent de l'autre." Le rapport souligne que bien que l'aide de la communauté internationale à l'Afrique ait récemment augmenté, elle manque parfois de coordination. En outre, les politiques et pratiques internationales dans les domaines de l'assistance, de la dette, du commerce et des investissements sont souvent incohérentes, des carences dans un domaine compromettant les progrès dans un autre. C'est ainsi que le niveau global de l'aide accordée à l'Afrique a progressé ces deux dernières années. Selon les chiffres fournis par les pays donateurs, l'aide publique au développement totale accordée au continent a atteint 22,2 milliards de dollars en 2002 (contre 16,4 milliards seulement en 2000). D'après les premières estimations de l'ONU, le niveau de cette aide aurait même atteint les 23,1 milliards de dollars en 2003. Toutefois ce montant reste inférieur aux 25,6 milliards de dollars que l'Afrique avait reçus au titre de l'assistance en 1990. De surcroît, la majorité du financement accordé dans le cadre de l'aide au développement est retournée sous forme de paiements considérables au titre du service de la dette. C'est ainsi qu'en 2002 seulement, l'Afrique a déboursé 21,9 milliards de dollars au titre du service de sa dette extérieure, soit un montant pratiquement égal à celui qu'elle à reçu sous forme d'aide pour la même année.
Les gouvernements africains s'engagent à consacrer 15 % de leurs budgets à la santé. Photo : ©iAfrika Photos / Eric Miller A ce jour, 23 pays africains ont bénéficié de mesures d'allègement de la dette dans le cadre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Pourtant, note le Secrétaire général, même pour les 11 pays africains en droit de bénéficier de mesures d'annulation substantielle de la dette en vertu de l'Initiative, il n'y a que peu d'espoirs de parvenir à "un niveau d'endettement acceptable." Par conséquent, "on préconise de plus en plus l'adoption d'un nouveau cadre d'analyse de la viabilité de la dette", allant au-delà de l'Initiative PPTE. Les politiques d'aide menées par les pays donateurs et les pratiques commerciales en vigueur sur le plan international sont par ailleurs contradictoires, souligne le rapport. La part de l'Afrique sur les marchés mondiaux a considérablement diminué depuis 1970, poursuit le Secrétaire général. Ce repli aurait provoqué un manque à gagner de l'ordre de 70 milliards de dollars par an, soit près de cinq fois le montant de l'aide annuelle accordée au continent. Le Secrétaire général préconise donc l'application de réformes, notamment en matière de commerce agricole, y compris l'élimination des subventions agricoles dans les pays développés, qui ont pour effet de réduire la compétitivité des exportations agricoles africaines. M. Annan invite instamment les partenaires du continent à mieux coordonner leurs politiques dans tous ces domaines. A son avis, "une plus grande cohérence de l'action des gouvernements ne pourra que s'avérer bénéfique dans le cycle mis en place par les pays développés à l'intention de l'Afrique et caractérisé par une augmentation du volume de l'aide et de l'efficacité de celle-ci, la réforme des politiques commerciales et l'allègement de la dette." L'Afrique doit agir Le Secrétaire général consacre près de la moitié de son rapport à l'examen des mesures prises par les Africains au cours de l'année écoulée. Selon M. Annan, les pays du continent s'efforcent de calquer progressivement leurs dépenses budgétaires sur les domaines prioritaires du NEPAD. C'est ainsi qu'ils se sont engagés à consacrer 15 % de leurs budgets nationaux à la santé et 10 % à l'agriculture. Par ailleurs, environ 5 % des budgets nationaux et locaux devraient être réservés à l'eau et à l'assainissement, alors que les dépenses en matière de sciences et de technologie devraient atteindre 1 % du produit intérieur brut dans les cinq prochaines années. Cependant cet ajustement risque d'être lent, estime le rapport, compte tenu des graves difficultés budgétaires auxquelles doit faire face la majorité des pays africains ainsi que des accords budgétaires négociés avec les institutions financières étrangères. De plus, la part de l'aide extérieure accordée à l'agriculture africaine est en diminution, tandis que le secteur de la santé perd ses cadres car ils émigrent ou sont victimes des ravages provoqués par la pandémie de VIH/sida. Le rapport souligne néanmoins les succès enregistrés en ce qui concerne la participation des femmes à la mise en oeuvre du NEPAD. Plusieurs femmes en effet occupent des fonctions de haut niveau et représentent leurs gouvernements au sein du comité directeur, alors que d'autres détiennent des postes de responsabilité au Secrétariat du NEPAD. A mesure que la mise en oeuvre du NEPAD progresse, il est essentiel "d'instaurer un partenariat plus solide", affirme en conclusion le Secrétaire général. Au sein de ce partenariat, les pays africains pourront "approfondir leurs engagements" en faveur du NEPAD et les partenaires de développement du continent devront adopter un ensemble de mesures "bien ciblées" pour insuffler une forte dynamique au projet africain. * * * * * * * *Texte intégral: Rapport du Secrétaire général : Télécharger en pdf (128k) [retour au volume 18 #3 sommaire ] [ Accueil ] [ Actualités ] [ Magazine ] Index / Recherche ] [ A propos d'Afrique Renouveau ] [ Accueil - ONU ] [ Nouvelles - ONU ] Grand rapports de l'ONU ] [ Liens de l'ONU pour l'Afrique ] Cet article peut être reproduit librement, à condition d'en indiquer l'origine : "Afrique Renouveau, ONU". Avant d'utiliser toute photo, il faut obtenir la permission du titulaire des droits d'auteur dont le nom est indiqué. Merci de nous envoyer une copie de tout article reproduit. Afrique Renouveau Site Web : www.un.org/AR |
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