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[ retour au volume 18 #3 sommaire ] [ retour à la page d'accueil d'Afrique Renouveau ] Afrique Renouveau, Vol.18#3 (Octobre 2004), page 14 Associer le secteur privé au développement Les milieux d'affaires africains sont invités à investir dans les priorités du NEPAD Pour réaliser les objectifs ambitieux du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), les gouvernements doivent établir de solides partenariats avec les milieux d'affaires africains, affirme le président de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré. "Nous faisons confiance au secteur privé du continent", a déclaré l'ancien président du Mali lors d'une conférence sur le soutien des milieux d'affaires au NEPAD, qui s'est déroulée à Johannesburg (Afrique du Sud), en décembre 2003. "Sans sa participation, il sera impossible de réaliser de grandes choses." Les dirigeants des milieux d'affaires africains sont souvent du même avis. "Canaliser le savoir-faire et l'esprit d'entreprise des milieux d'affaires est indispensable pour la mobilisation des capitaux, de la technologie et des compétences humaines nécessaires à la réalisation de la vision audacieuse d'une nouvelle Afrique qu'est le NEPAD", a déclaré Alhaji Bamanga Tukur, responsable d'une compagnie maritime nigériane et président de l'African Business Roundtable (ABR), lors d'une conférence à Tunis le 25 juin 2004.
Hommes d'affaires au Mozambique : les entrepreneurs africains apprécient le fait que le NEPAD souhaite développer le secteur privé. Photo : ©iAfrika Photos / Eric Miller A l'occasion d'une intervention quelques jours plus tard devant le premier forum du secteur privé de l'Union africaine organisé à Addis-Abeba (Ethiopie), M. Tukur a estimé que les partenariats public-privé conclus par les gouvernements et le secteur privé peuvent s'avérer bénéfiques pour tous. Compte tenu du faible niveau de l'aide étrangère et des autres sources d'investissements publics dans l'infrastructure, les partenariats public-privé constituent à ses yeux "le seul moyen de construire des routes, des centrales électriques et des réseaux d'alimentation en eau qui contribuent non seulement à améliorer la qualité de la vie mais constituent aussi l'infrastructure nécessaire au développement d'activités économiques génératrices de richesses, d'emplois et d'un espoir en un avenir meilleur". Le Conseiller spécial de l'ONU pour l'Afrique, le Secrétaire général adjoint Ibrahim Gambari, note qu'un engagement plus prononcé des milieux d'affaires devrait permettre aux pays du continent de mieux profiter des marchés mondiaux. "Un véritable secteur privé en expansion devrait contribuer à intensifier et à promouvoir la concurrence", a-t-il déclaré à la conférence de Johannesburg. De l'ignorance aux débouchés Comme d'autres catégories de la population africaine, les dirigeants des milieux d'affaires ont eu des réactions mitigées à l'égard du NEPAD. D'une part, ils ont apprécié l'importance accordée au secteur privé le document entériné par les dirigeants africains en 2001 y fait référence plus de 20 fois. D'autre part, comme le note Peter Ondeng, directeur général du Kenya NEPAD Business Group, le NEPAD a été conçu à l'origine "sans les consultations qui auraient permis une plus large participation à cette vision d'avenir". De nombreux hommes d'affaires ne comprennent donc toujours pas quel rôle ils seraient appelés à jouer. "Même un sondage rapide auprès des milieux d'affaires indique que le NEPAD est très peu connu", constate Steve Godfrey, directeur du Commonwealth Business Council, qui représente plus de 4 000 entreprises, dont plus de la moitié sont africaines ou présentes en Afrique. En 2004, PricewaterhouseCoopers, société internationale de services en investissements, a mené une enquête sur la question auprès d'environ 250 chefs d'entreprises au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Il en est ressorti que 38 % seulement d'entre eux croyaient en la réussite du NEPAD, et que 32 % n'y croyaient pas (le pourcentage restant étant indécis). La majorité des personnes interrogées ont estimé que les classes dirigeantes inefficaces et corrompues, ainsi que les conflits et les barrières commerciales étaient les principaux obstacles à la réussite du NEPAD. "Le secteur privé reconnaît les bénéfices potentiels qu'offre le NEPAD, mais ce dernier devra mieux promouvoir ses objectifs", conclut l'enquête. Des efforts ont déjà été entrepris dans ce sens. L'African Business Roundtable (ABR), établi il y a plus de 10 ans pour faciliter le dialogue du secteur privé avec les institutions financières nationales et internationales, a créé en 2002 le NEPAD Business Group (NBG), qui regroupe des associations professionnelles internationales et des entreprises africaines. L'ABR a nommé une personne chargée de travailler avec le secrétariat du NEPAD en Afrique du Sud. L'ABR et le NBG organisent tous deux de nombreuses conférences et réunions en Afrique, pour promouvoir le NEPAD et présenter les possibilités d'investissements privés dans les domaines d'activités prioritaires pour le NEPAD. Perspectives à long terme Ces réunions permettent également aux chefs d'entreprise africains de faire connaître leurs doléances et d'encourager leurs gouvernements à adopter des mesures favorables au secteur privé. A Johannesburg, par exemple, certains orateurs ont déploré les problèmes liés à la bureaucratie, la corruption et les pratiques commerciales internationales injustes. Certains gouvernements africains rechignent encore à travailler avec le secteur privé. En Tunisie, M. Tukur a souligné à ce propos que "l'administration de certains pays n'accorde qu'un intérêt théorique au rôle important d'un secteur privé local en pleine expansion". M. Tukur a incité les représentants de ces gouvernements à adopter des politiques qui correspondent à leurs déclarations d'intention. De même, Samuel Dossou-Aworet, président de Petrolin, société pétrolière africaine, a souligné la nécessité d'accorder davantage de responsabilités aux hommes d'affaires du continent, qui, "par leur engagement actif, méritent d'être des partenaires de choix de l'Union africaine et du NEPAD". Certains participants ont aussi souligné les carences du secteur privé du continent, y compris l'insuffisance de capitaux, la diversité des intérêts et les capacités de gestion déficientes. D'autres ont recommandé à leurs collègues de ne pas se contenter de profits immédiats, soulignant l'accent mis, dans le cadre du NEPAD, sur le développement à long terme. Mme Joan Guriras, directrice d'une agence de publicité namibienne, a encouragé les participants à la conférence de Johannesburg à ne pas se préoccuper seulement des bénéfices des actionnaires, mais aussi à contribuer davantage au développement de l'Afrique. "Il nous faut développer des relations et des partenariats plus actifs pour aider les gouvernements du continent à réaliser certains de leurs objectifs, a-t-elle lancé. Les milieux d'affaires se doivent d'envisager davantage le développement comme un phénomène à long terme." [retour au volume 18 #3 sommaire ] [ Accueil ] [ Actualités ] [ Magazine ] Index / Recherche ] [ A propos d'Afrique Renouveau ] [ Accueil - ONU ] [ Nouvelles - ONU ] Grand rapports de l'ONU ] [ Liens de l'ONU pour l'Afrique ] Cet article peut être reproduit librement, à condition d'en indiquer l'origine : "Afrique Renouveau, ONU". Avant d'utiliser toute photo, il faut obtenir la permission du titulaire des droits d'auteur dont le nom est indiqué. Merci de nous envoyer une copie de tout article reproduit. Afrique Renouveau Site Web : www.un.org/AR |