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Afrique Renouveau, Vol.18#3 (Octobre 2004), page 28

Afrique horizon

POLIO
Les vaccinations reprennent, la maladie se propage

La flambée de cas de poliomyélite qui a eu lieu dans le nord du Nigéria après la suspension des vaccinations l'an dernier s'est propagée à 12 pays, compromettant l'élimination mondiale de la maladie d'ici à 2005.

Fin 2002, les campagnes de vaccination contre la polio en Afrique avaient réussi à limiter la maladie à quelques foyers. Mais, fin 2003, des chefs religieux islamiques du Nigéria ont affirmé que les vaccins fournis par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) étaient infectés. Cela a incité les autorités de quatre Etats du nord du pays à majorité musulmane à suspendre les campagnes d'immunisation tant que ces questions sécuritaires n'auraient pas été réglées.

Bien que les programmes de vaccination aient repris dans tous les Etats en juillet, leur interruption momentanée a favorisé la propagation du virus, du Nigéria vers des pays où la maladie avait pourtant été éliminée. En août, de nouveaux cas ont été signalés en Guinée et au Mali. Les pays suivants ont aussi été touchés : Bénin, Botswana, Burkina Faso, Cameroun, Ghana, Côte d'Ivoire, République centrafricaine, Soudan, Tchad et Togo.

Les épidémiologistes redoutent qu'une épidémie massive ne paralyse des milliers d'enfants à vie. Les ministres africains de la santé ont réagi en synchronisant des campagnes d'immunisation massive dans 23 pays, afin d'atteindre 80 millions d'enfants de moins de cinq ans. Mais l'Initiative pour l'éradication mondiale de la polio, qui réunit l'OMS, l'UNICEF et d'autres organisations, a prévenu que les vaccinations prévues pour octobre-novembre et début 2005 risquaient d'être gravement compromises par un déficit de 100 millions de dollars.

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CNUCED
L'Afrique a besoin de mesures d'annulation de la dette

Dans une nouvelle étude publiée en septembre, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) invite les pays industrialisés à annuler la dette des pays africains pour leur permettre d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement fixés par la communauté internationale. Le service de la dette des pays africains constitue un transfert inverse de ressources en direction des créanciers, de la part des pays qui en ont le moins les moyens, affirme un rapport de la CNUCED intitulé Endettement viable : Oasis ou mirage ?

Selon les experts, les taux de croissance des économies africaines doivent atteindre 7 % au moins par an au cours des 10 prochaines années pour que le continent puisse réduire de moitié ses taux de pauvreté d'ici à 2015. A cette fin, poursuit la CNUCED, le continent aura besoin d'injections de capitaux massives, dont la plus grande partie est aujourd'hui réservée au service de la dette. L'Afrique, le continent le plus pauvre de la planète, a reçu quelque 540 milliards de dollars de prêts entre 1970 et 2002 et remboursé environ 550 milliards de dollars de dettes et intérêts, notamment aux pays créanciers riches. Mais la dette du continent s'élève encore à 295 milliards de dollars.

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ESCLAVAGE
Souvenir et réalité

L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a orchestré les manifestations organisées dans le monde le 23 août à l'occasion de la commémoration de l'abolition de l'esclavage. Citons notamment l'inauguration d'un nouveau musée consacré à l'esclavage dans l'Etat américain de l'Ohio et une commémoration sur l'île de Gorée (Sénégal), autrefois centre de la traite des esclaves. L'UNESCO a décrété le 23 août Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition, marquant ainsi la première victoire décisive remportée par les esclaves contre leurs oppresseurs au cours de la révolte de Saint-Domingue de 1791. Ce soulèvement a mené à l'établissement de l'Etat indépendant d'Haïti.

L'UNESCO note également que des millions de personnes sont encore détenues contre leur gré dans le monde. Bien qu'aboli et condamné par les instruments internationaux, l'esclavage est encore pratiqué sous des formes nouvelles qui touchent aujourd'hui des millions d'hommes, de femmes et d'enfants, a souligné le Directeur général de l'UNESCO, Koichiro Matsuura.

L'une des formes d'esclavage moderne en développement rapide est la traite des êtres humains, notamment des femmes et des enfants, acheminés d'Afrique, d'Asie et d'Europe orientale pour servir d'esclaves sexuels ou de domestiques en Europe occidentale et en Amérique du Nord. Dans un rapport publié en avril, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) estime que la traite des êtres humains est un problème qui touche tous les pays africains. Recrutés comme soldats ou comme travailleurs forcés et prostitués, les enfants en sont les principales victimes.

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NOMINATIONS

M. Jean Ping a été nommé président de la 59e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. Depuis 1999, M. Ping occupe le poste de Ministre des affaires étrangères du Gabon, pays dont il a été membre élu du Parlement, directeur du Cabinet du Président et Ministre de l'information. Il a commencé sa carrière à l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en 1972. M. Ping a également occupé les fonctions de président de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole en 1993.

Le Secrétaire général de l'ONU a nommé M. Jan Pronk au poste de représentant spécial pour le Soudan à compter du 18 juin 2004. M. Pronk a été à trois reprises Ministre de la coopération au développement des Pays-Bas et a aussi été Ministre de l'environnement. M. Pronk a également occupé le poste d'envoyé spécial du Secrétaire général au Sommet mondial pour le développement durable de Johannesburg en 2002. Il a été en outre Secrétaire général adjoint de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) entre 1980 et 1985, et par la suite, Sous-Secrétaire général de l'ONU.

M. Juan E. Méndez a été nommé par le Secrétaire général de l'ONU au nouveau poste de Conseiller spécial pour la prévention des génocides. M. Méndez est défenseur des droits de l'homme, juriste, et ancien prisonnier politique argentin. En tant qu'avocat dans les années 1970, il s'est efforcé de défendre des prisonniers politiques contre la junte militaire argentine. Il a été emprisonné pour ces activités, et Amnesty International l'a déclaré "prisonnier de conscience". M. Méndez a travaillé pour Human Rights Watch pendant 15 ans, notamment sur des questions ayant trait à l'hémisphère occidental. Au moment de sa nomination à l'ONU, M. Méndez était président de l'International Centre for Transitional Justice, une organisation non gouvernementale.

 



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