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[ retour au volume 18 #3 sommaire ] [ retour à la page d'accueil d'Afrique Renouveau ] Afrique Renouveau, Vol.18#3 (Octobre 2004), page 15 Progrès face aux conflits africains Mais, indique M. Annan, la fragilité de la démocratie et la pauvreté constituent des obstacles L'Afrique connaît aujourd'hui moins de conflits armés graves qu'il y a six ans à peine, a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. En 1998, lors de la publication de son premier grand rapport sur les causes des conflits en Afrique, 14 pays étaient plongés dans la guerre et 11 autres étaient en proie à une grave agitation politique. Aujourd'hui, note M. Annan dans son rapport annuel de suivi*, seuls six pays d'Afrique, parmi lesquels le Burundi, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo et le Soudan, sont en proie à de graves conflits armés. Par ailleurs, très peu d'autres pays sont confrontés à des crises politiques profondes. L'ONU et le reste de la communauté internationale "ont réagi avec plus d'empressement" face aux conflits armés en Afrique, note le Secrétaire général. Mais le mérite de cette amélioration revient aussi en grande part à l'Afrique. L'Union africaine, diverses organisations sous-régionales et plusieurs gouvernements prennent désormais une part plus active dans la mobilisation des forces militaires destinées aux missions de maintien de la paix ou dans le désamorçage des crises politiques avant qu'elles ne dégénèrent en actes de violence de grande ampleur, indique-t-il.
Le contingent rwandais de la force
de l'Union africaine en partance pour le Darfour (Soudan).
Photo : Getty Images / Gianluigi Guercia
Malgré des progrès "soutenus" dans ces domaines, note le Secrétaire général, les efforts destinés à atténuer la situation économique et politique structurelle propice aux troubles et aux tensions n'ont connu qu'un succès modeste et lent. La lutte contre la pauvreté n'a que peu progressé malgré les efforts déployés par les pays d'Afrique et par leurs partenaires externes afin de mettre en oeuvre le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD). Le chômage élevé des jeunes et la concurrence accrue pour des ressources limitées en raison de la poussée démographique provoquent une inquiétude croissante. Les progrès ont également été restreints en matière de renforcement de la démocratie, d'amélioration des capacités administratives, d'indépendance des autorités judiciaires et de promotion de la transparence et de la responsabilisation. Un regain de confiance Après des déceptions initiales face à l'échec des tentatives de rétablissement de la paix en Somalie, au Rwanda, en Angola, au Libéria et ailleurs en Afrique dans les années 90, le succès de la mission de maintien de la paix de l'ONU en Sierra Leone -- qui a mis fin à des années de guerre civile -- "a représenté un tournant" indique M. Annan. Il "a rendu à l'Organisation la confiance dont elle avait besoin pour soutenir à nouveau le déploiement d'opérations de paix complexes en Afrique, avec pour résultat que c'est aujourd'hui en Afrique que l'ONU compte le plus grand nombre de soldats de la paix". (Ils étaient près de 48 000 à la fin du mois d'août 2004, selon le Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU.) Ces dernières années, le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé de nouvelles missions de maintien de la paix au Burundi, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo et au Libéria. L'ONU a également envoyé un premier contingent dans le sud du Soudan, où un accord de paix a été signé et elle s'associe étroitement aux efforts déployés par l'Union africaine afin de favoriser le règlement de la crise que traverse actuellement la région du Darfour au Soudan. Comme c'est souvent le cas pour les conflits armés en Afrique, celui du Soudan a engendré une crise dont les conséquences sont très sérieuses pour les pays voisins, ce qui met en évidence l'importance de trouver des solutions régionales. La communauté internationale doit demeurer "sensible et attentive" aux problèmes de sécurité que l'Afrique a elle-même relevés, dit M. Annan. La plupart des nouvelles missions sont "pluridisciplinaires" note M. Annan. Elles ne se contentent pas d'observer et d'assurer l'application des accords de paix qui ont été signés. Elles ont aussi pour objet de s'attaquer aux "causes profondes" des conflits en visant le développement durable, la relance de l'économie, le pluralisme démocratique, la transparence, le respect des droits de l'homme et l'état de droit. Initiatives africaines L'Union africaine a fait un "immense pas en avant" en se dotant cette année d'un Conseil de paix et de sécurité, et a du même coup considérablement dynamisé ses propres initiatives de paix, indique M. Annan. Le Conseil a déjà examiné la situation politique dans une douzaine de pays d'Afrique et a décidé d'accorder une attention particulière à plusieurs des pays où les progrès ne sont guère apparents: au Darfour, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo et en Ethiopie-Erythrée. Le Secrétaire général félicite l'Union africaine d'avoir envoyé en 2002 au Burundi une mission de maintien de la paix qui a contribué à stabiliser la situation dans le pays (une mission de maintien de la paix de l'ONU a maintenant pris la relève de la force de l'UA). L'Union africaine et l'Autorité intergouvernementale pour le développement, groupe sous-régional de la Corne de l'Afrique, se sont efforcés de concilier les différentes parties en Somalie. En juin 2004, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest a autorisé la création d'une unité de maintien de la paix de réserve composée de 6 500 soldats formés et équipés pour un déploiement rapide dans tout pays d'Afrique de l'Ouest qui connaîtrait une situation de crise. Le Groupe des huit pays industrialisés, note le rapport, s'est engagé à offrir à l'Union africaine un appui financier et une formation pour lui permettre de réaliser ses projets de mise sur pied d'une force de réserve du même genre au niveau du continent. L'Union européenne s'est récemment engagée à verser 250 millions d'euros au fonds pour la paix de l'UA. M. Annan ajoute que la communauté internationale, tout en apportant son concours de la manière précitée, doit également demeurer "sensible et attentive" aux problèmes de sécurité que l'Afrique a elle-même relevés. Maintenant, en particulier, que l'Union africaine se trouve renforcée, l'aide extérieure doit être octroyée d'une manière respectueuse des priorités des Africains, de leurs institutions et des décisions qu'ils prennent. -------------- *Texte intégral: Rapport du Secrétaire général : Télécharger en pdf (128k) [retour au volume 18 #3 sommaire ] [ Accueil ] [ Actualités ] [ Magazine ] Index / Recherche ] [ A propos d'Afrique Renouveau ] [ Accueil - ONU ] [ Nouvelles - ONU ] Grand rapports de l'ONU ] [ Liens de l'ONU pour l'Afrique ] Cet article peut être reproduit librement, à condition d'en indiquer l'origine : "Afrique Renouveau, ONU". Avant d'utiliser toute photo, il faut obtenir la permission du titulaire des droits d'auteur dont le nom est indiqué. Merci de nous envoyer une copie de tout article reproduit. Afrique Renouveau Site Web : www.un.org/AR |