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[ retour au volume 18 #3 sommaire ] [ retour à la page d'accueil d'Afrique Renouveau ] Afrique Renouveau, Vol.18#3 (Octobre 2004), page 26
L'Union africaine enverra plus de troupes au Darfour L'Union africaine (UA) compte envoyer de 3 000 à 5 000 hommes pour résorber le conflit mortel qui ravage la région soudanaise du Darfour. Des milliers d'habitants meurent tous les mois dans cette région et environ 1,5 million de personnes ont été chassées de leur foyer par les milices pro-gouvernementales et les combats entre l'armée et les forces rebelles. Le Président du Nigéria, Olusegun Obasanjo,
actuellement à la tête de l'UA, a déclaré
en septembre au cours d'une conférence de presse que cette
organisation qui compte 53 Etats membres entend mobiliser rapidement
ses troupes mais a besoin de financements extérieurs.
Elle cherche à obtenir environ 200 millions de dollars
ou l'équivalent en matériel de transport et autre
appui logistique. M. Obasanjo a déclaré que l'UA
était résolue à faire régner la paix
et la sécurité au Darfour et était prête
à contribuer à la reprise des négociations
pour la paix. Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, lors d'une visite dans un camp de personnes déplacées au Darfour (Soudan), début juillet. L'ONU a pour priorité d'aider à régler le conflit dévastateur de cette région, en coopération avec l'Union africaine. Photo : ©Nations Unies / Eskinder Debebe Montrant l'exemple, l'UA a déjà déployé environ 80 observateurs militaires au Darfour, chargés, sous la protection d'un peu plus de 300 soldats, de surveiller l'application d'un accord de cessez-le-feu rarement respecté, signé en avril par le gouvernement soudanais et les deux mouvements rebelles, le Mouvement/l'Armée de libération du Soudan et le Mouvement pour la justice et l'égalité. Les premières négociations importantes pour la paix ont eu lieu à Abuja (Nigéria) du 23 août au 18 septembre, sous les auspices de l'UA. Les parties au conflit sont parvenues à un accord sur les questions humanitaires, et certains progrès ont été faits en matière de sécurité, mais les différends politiques, économiques et sociaux subsistent. Les négociations ont été ajournées, mais devraient reprendre, éventuellement fin octobre. L'insurrection des rebelles a débuté en février 2003, après des années d'accrochages portant principalement sur des terres et de l'eau, entre les fermiers qui se considèrent "africains" et les bergers nomades arabes. Les rebelles ont accusé le pouvoir central de Khartoum de soutenir les nomades arabes. Les forces armées soudanaises et une milice soutenue par le gouvernement, les Janjaweed, ont été mobilisées pour étouffer la rébellion. Les Janjaweed sont accusés d'avoir tué et violé des milliers de civils et d'avoir détruit habitations, puits et récoltes. D'après les estimations les plus citées, quelque 50 000 personnes ont été tuées au cours des 19 derniers mois. L'ONU estime que près de 1,5 million de personnes ont été déplacées à l'intérieur de leur propre pays et que 200 000 personnes ont trouvé refuge au Tchad, pays voisin. Deux millions de personnes en tout ont besoin d'aide humanitaire. Cette hécatombe a suscité l'attention du monde entier et a conduit le Conseil de sécurité de l'ONU à prendre certaines mesures. Redoutant que le Soudan ne se soit pas acquitté de l'obligation de protéger les civils, de désarmer la milice des Janjaweed et de traduire en justice les auteurs des atrocités commises, le Conseil a déclaré en septembre envisager de prendre si besoin est d'autres mesures, notamment des sanctions pétrolières, contre le Soudan. Qualifiant cette résolution de "coup de grâce", le Ministre des affaires étrangères du Soudan, Mustafa Osman Ismail, a décrit ce conflit comme une insurrection des forces rebelles et un différend entre tribus, dû en partie à une augmentation de la population et du bétail et à une désertification croissante. Le 1er octobre, le gouvernement soudanais a autorisé l'envoi au Darfour de 3500 soldats des forces de l'UA. L'ONU appuie les efforts de l'UA visant à renforcer les mesures de protection des civils dans l'ensemble du Darfour. Le Secrétaire général, Kofi Annan, a demandé à la communauté internationale d'aider à renforcer la mission de l'UA et a souligné que le renforcement de sa présence nécessitait d'importantes ressources internationales ainsi qu'un appui logistique. Droits de l'homme : le Sénégal à l'honneur En septembre, la Ligue internationale des droits de l'homme
a décerné son prix annuel au Président sénégalais
Abdoulaye Wade. Fondée en 1941, la Ligue est un groupe
indépendant qui défend les droits de l'hommme dans
le monde entier. A New York, le Président du Sénégal, Abdoulaye Wade, propose un sommet mondial sur le dialogue islamo-chrétien. Photo : ©Afrique Renouveau / Ernest Harsch Lors de la cérémonie de remise du prix à New York, le Président Wade a déclaré qu'il l'acceptait au nom du peuple sénégalais, qui se bat depuis longtemps pour la défense des droits de l'homme et de la démocratie. M. Wade a lui-même été longtemps chef de l'opposition et a accédé à la présidence en 2000 au terme d'élections démocratiques. Il a noté que la nouvelle constitution sénégalaise adoptée en 2001, le texte juridique le plus important du pays, consacre le respect des droits de l'homme fondamentaux, dont l'égalité des femmes et des hommes au travail, ainsi que le droit des femmes à posséder des terres et d'autres biens. Un projet de loi vient d'être présenté au parlement afin d'abolir officiellement la peine de mort. Au-delà des frontières de son propre pays, a déclaré le Président Wade, l'ensemble du continent doit adopter des normes en matière de droits de l'homme, dans l'esprit du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique. "L'Afrique devrait se construire en respectant les droits de l'homme." Avant la cérémonie, il a annoncé que son pays organiserait en 2006 un sommet mondial sur le "dialogue islamo-chrétien", afin de réunir des dirigeants politiques du monde entier en vue de promouvoir la tolérance et les échanges interculturels. Les criquets menacent les récoltes de l'Afrique de l'Ouest L'Afrique de l'Ouest s'attendait cette saison à des récoltes exceptionnelles, mais elles risquent d'être détruites en grande partie par les nuages de criquets qui se sont abattus sur l'Afrique du Nord et de l'Ouest, la pire invasion d'insectes qu'ait connue cette région depuis 15 ans. Les criquets n'auraient pu arriver à un pire moment pour les pays arides de la région du Sahel, qui ont connu trois ans de sécheresse avant les pluies abondantes de cette année. Ces pluies ont permis aux criquets de se reproduire dans des conditions idéales. Bien que l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ait annoncé l'invasion de criquets dès le début de l'année, les gouvernements ont tardé à réagir, et à la mi-septembre, de 3 à 4 millions d'hectares de terres étaient infestés par les insectes. La Mauritanie, le Sénégal, le Mali et le Niger sont les pays qui risquent de subir les dégâts les plus importants, d'après les neufs membres du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel. "On estime que les pertes maximales probables au cas où l'invasion des criquets pèlerins ne serait pas maîtrisée atteignent 25 % de l'ensemble de la production de la région." La FAO a demandé 100 millions de dollars d'assistance internationale pour faire face à l'invasion. Mais en septembre, les pays avaient reçu des promesses de dons équivalant à un tiers seulement de ce montant, tandis que seulement 300 000 hectares infestés pouvaient être traités. Rien qu'en Mauritanie, 1,6 million d'hectares ont été dévastés par les nuages de criquets. Au Mali, les insectes détruiront, selon les estimations officielles, un million de tonnes de céréales soit le tiers de la production alimentaire du pays. Le Président sénégalais, Abdoulaye Wade, qui a déclaré la guerre aux criquets, a indiqué qu'ils risquaient de faire subir à son pays des pertes agricoles allant jusqu'à 500 millions de dollars. Aidés par le vent, les criquets peuvent parcourir jusqu'à 200 kilomètres par jour. Une tonne de criquets (une petite partie d'un nuage de taille moyenne) peut en une seule journée manger autant que 2 500 personnes. Les criquets se reproduisent rapidement et leur nombre est multiplié par 10 d'une génération à l'autre. La taille des nuages de criquets varie d'un kilomètre carré à des centaines de kilomètres carrés, comprenant alors plusieurs milliards de criquets. "Les criquets ne connaissent aucune frontière, il est donc essentiel que les pays de la région se mobilisent ensemble contre cette situation d'urgence", a déclaré le Directeur général de la FAO, Jacques Diouf. La FAO a aidé 11 pays de la région à lutter contre cette invasion. Sida: la Zambie déclare 'l'état d'urgence' Le Gouvernement zambien a déclaré début septembre l'état d'urgence pour le VIH/sida pour cinq ans. D'après les autorités, cette décision vise à permettre la fabrication de médicaments antirétroviraux moins coûteux pour atténuer les effets de la maladie, selon les informations obtenues par Reginald Ntomba à Lusaka. Parmi les Zambiens de 15 à 49 ans, un sur cinq serait séropositif ; le gouvernement est donc soumis à de fortes pressions visant à distribuer des antirétroviraux à un plus grand nombre de personnes vivant avec cette maladie. La déclaration d'état d'urgence est requise par l'accord de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les droits de propriété intellectuelle, qui permet d'importer et de fabriquer des médicaments génériques en cas d'urgence sanitaire nationale. Le Gouvernement zambien a accepté de ne pas exporter ces médicaments génériques. La Zambie se prépare déjà à fabriquer localement des antirétroviraux, avec l'aide technique de Cuba. D'après le Ministre de la santé, Brain Chituwo, des experts cubains vérifieront que les antirétroviraux produits localement pourront être distribués sans danger au public. Les militants de la lutte contre le sida ont accueilli favorablement cette décision, qui contribuera selon eux à réduire les coûts des antirétroviraux, qui s'élèvent actuellement à environ huit dollars par personne et par mois dans les hôpitaux publics et sont plus coûteux dans les cliniques privées. "Il ne s'agit pas seulement [d'accès]. Nous avons besoin de médicaments efficaces et à un prix abordable. Nous voulons avoir la certitude qu'ils seront accessibles et peu coûteux", a déclaré M. Raymond Mwanza du Réseau des Zambiens vivant avec le VIH/sida. Un porte-parole du Ministère de la santé a déclaré à Afrique Renouveau que le gouvernement voulait "faire en sorte que les pauvres ne soient pas privés" d'accès aux antirétroviraux. Le gouvernement étend la distribution d'antirétroviraux des hôpitaux de province et de district aux centres de santé communautaires, d'après ce porte-parole. D'après cette même source, les autorités prévoient d'affecter des fonds supplémentaires à la formation d'un plus grand nombre d'employés chargés d'administrer les antirétroviraux et autres traitements destinés aux infections opportunistes associées avec le VIH/sida. [retour au volume 18 #3 sommaire ] [ Accueil ] [ Actualités ] [ Magazine ] Index / Recherche ] [ A propos d'Afrique Renouveau ] [ Accueil - ONU ] [ Nouvelles - ONU ] Grand rapports de l'ONU ] [ Liens de l'ONU pour l'Afrique ] Cet article peut être reproduit librement, à condition d'en indiquer l'origine : "Afrique Renouveau, ONU". Avant d'utiliser toute photo, il faut obtenir la permission du titulaire des droits d'auteur dont le nom est indiqué. Merci de nous envoyer une copie de tout article reproduit. Afrique Renouveau Site Web : www.un.org/AR |