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[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance ] Afrique Relance, Vol.18#1 (avril 2004), page 19
'Un signe de maturité démocratique' Par Gumisai Mutume L'Afrique vient de se rapprocher de l'unité continentale avec la mise en place du Parlement panafricain à Addis-Abeba (Ethiopie) en mars. Organe de l'Union africaine, l'institution est ouverte aux 53 pays de l'Union. Le 18 mars, ont prêté serment devant le Président mozambicain Joaquim Chissano, Président en exercice de l'Union africaine, 202 législateurs de 41 pays. Le premier geste des nouveaux députés a été d'élire Mme Gertrude Mongella (Tanzanie) présidente du parlement. Ont également été élus vice-présidents M. Fernando Dias Van-Dúnen (Angola), M. Mohammed Lutfi Farahat (Libye), Mme Elise Loum (Tchad) et M. Jérôme Sacca Kina Guezere (Bénin). Le Cap (Afrique du Sud) et Le Caire (Egypte) ont offert d'abriter le siège permanent du parlement ; les chefs d'Etat devraient se prononcer à la prochaine réunion de l'Union africaine en juillet. "Nous plaçons de grands espoirs dans la mise en place du Parlement panafricain", a déclaré le Président Chissano lors de la session inaugurale. "Le monde entier attend de voir ce que cet organe apportera de plus à notre projet d'édification d'une Union africaine forte et prospère." L'Union a été créée en 2002 dans
le prolongement des efforts entrepris par l'Organisation de l'unité
africaine (OUA) pour unifier le continent sur les plans politique,
économique et social. Selon le protocole instituant le
parlement, celui-ci doit offrir une instance commune permettant
aux peuples africains et à leurs organisations communautaires
de participer davantage aux débats et à la prise
des décisions concernant les problèmes et les défis
auxquels le continent fait face. Pendant ses cinq premières
années d'existence, le parlement fera office d'organe
consultatif ; toutefois, l'objectif à terme est de lui
confier les pleins pouvoirs législatifs, les membres étant
directement élus. Chaque pays qui signe et ratifie le
protocole a droit à cinq députés, dont une
femme au moins. Mme Gertrude Mongella, militante tanzanienne de l'égalité entre les sexes de renommée internationale, a été élue présidente du nouveau parlement. Photo : ©ONU / E. Schneider Les membres du Parlement panafricain sont choisis au sein des législatures nationales ou autres organes délibérants des Etats membres, compte tenu de la diversité des sensibilités politiques de ces organes. Chaque député exerce son mandat en même temps que son mandat national. Le Parlement panafricain doit tenir au moins deux sessions par an. L'inauguration du parlement "est, pour l'Afrique, un signe de maturité démocratique", a déclaré Mme Mongella à la session. Selon l'ancien Président malien Alpha Oumar Konaré, Président de la Commission de l'Union africaine, le parlement a un "rôle vital à jouer" pour ce qui est de défendre les droits de l'homme, consolider les institutions démocratiques et vulgariser et promouvoir la bonne gouvernance. Partout en Afrique, l'inauguration du parlement a été accueillie avec un optimisme prudent. Le parlement "offre l'espoir d'une nouvelle ère de transparence et de responsabilisation de la politique en Afrique", a commenté le journal sud-africain Business Day. "Pour la première fois, une place sera officiellement faite aux partis d'opposition dans la politique continentale", avec la possibilité de créer des alliances pour faire pression sur les gouvernements autocratiques. (Les députés jouissent de l'immunité parlementaire et ne peuvent être poursuivis pour ce qu'ils disent dans l'exercice de leurs fonctions.) A Nairobi (Kenya), M. Irungu Houghton, de l'organisation non gouvernementale Oxfam, a qualifié de "significative" la création du parlement. Le défi que celui-ci devra maintenant relever sera d'être en mesure d'adopter des lois, de surveiller l'application par les Etats africains des normes convenues et d'"intervenir de manière décisive pour défendre les droits de l'homme dans les Etats membres". La crédibilité des parlementaires, dit M. Houghton, tiendra "aux questions qu'ils aborderont, aux causes dont ils se feront les avocats et aux changements qu'ils apporteront dans la vie du commun des mortels en Afrique". [retour au volume 18 #1 sommaire ] [ Accueil ] [ Actualités ] [ Magazine ] Index / Recherche ] [ A propos d'Afrique Relance ] [ Accueil - ONU ] [ Nouvelles - ONU ] Grand rapports de l'ONU ] [ Liens de l'ONU pour l'Afrique ]
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