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[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance] [ envoyer cet article par e-mail ] Afrique Relance, Vol.17#3 (octobre 2003), page 24
Tchad-Cameroun Le Tchad a officiellement rejoint les rangs des pays producteurs
de pétrole le 10 octobre. Ce jour marquait l'inauguration
officielle d'un projet d'exploitation pétrolière
et de construction d'un oléoduc qui devrait relier quelque
300 puits tchadiens aux installations de chargement situées
à 1 000 km de là, au Cameroun. Ce projet devrait,
pendant les vingt-cinq ans d'existence des champs pétrolifères
du bassin de Doba, générer 2 milliards de
dollars de recettes supplémentaires pour le Tchad, l'un
des pays les plus pauvres du monde, et 500 millions de dollars
pour le gouvernement camerounais. Opération conjointe
de deux compagnies pétrolières américaines,
Exxon-Mobil et Chevron-Texaco, et de la société
malaisienne Petronas, ce projet a bénéficié
de près de 300 millions de dollars de prêts
de la Banque mondiale. Afin de bénéficier du concours de la Banque mondiale, le Gouvernement tchadien a accepté de se soumettre à des contrôles rigoureux de la gestion et du décaissement des recettes pétrolières. Aux termes de la loi adoptée à cet effet, 80 % des recettes seront investies dans les secteurs de la santé, de l'éducation, des transports et autres infrastructures de développement économique et 10 % seront réservés à des investissements futurs. Pour assurer la transparence, les dépenses seront suivies par un comité comprenant des parlementaires et des membres de la société civile tandis que les organismes internationaux veilleront au respect des normes en matière d'environnement et de droits de l'homme. Les autorités de la Banque estiment que le projet d'oléoduc pourrait devenir un modèle d'exploitation responsable des ressources minières dans une région où les richesses pétrolières ont souvent contribué à l'instabilité politique, aux violations des droits de l'homme et à la pollution de l'environnement. Ces dispositions ont été prises à la suite de critiques formulées au début du projet par des groupes tchadiens et internationaux de défense des droits de l'homme et de protection de l'environnement, ce qui a amené la Banque mondiale et les autres participants à modifier considérablement la gestion et les travaux de construction. PRIX Trois femmes africaines ont reçu, en octobre, des prix d'organisations américaines pour leurs remarquables réalisations. Dr. Nawal M. Nour (Soudan) a reçu l'un des prix de 500 000 dollars décerné au titre du Fellows Programme de la Fondation MacArthur, qui récompense la créativité hors pair, les réalisations et les potentialités exceptionnelles. En 1999, elle a créé l'African Women's Health Practices Clinic dans un hôpital de Boston pour répondre aux besoins médicaux et psychologiques uniques des immigrantes qui ont subi des mutilations génitales dans leur pays d'origine. Elle a également mis au point des techniques chirurgicales pour remédier à l'infibulation, la forme la plus grave des mutilations génitales féminines. Dr Nour compte utiliser l'argent provenant du prix pour élargir le programme à Boston et aider les femmes en Afrique. Le Hunger Project, organisation non gouvernementale basée aux États-Unis, a décerné son Africa Prize for Leadership for the Sustainable End of Hunger de 2003 à deux juristes qui militent en faveur des droits des femmes, et recevront chacune 50 000 dollars. Mme Meaza Ashenafi a créé l'Ethiopian Women Lawyers Association (EWLA) en 1995. Entre autres activités, son groupe lutte contre la violence conjugale et sexuelle, assure la promotion des droits économiques et sociaux de la femme, fournit une aide judiciaire à titre gracieux, produit des émissions radiodiffusées et met en uvre des programmes liés à la réforme de la fonction publique, à la participation des femmes à la vie politique et à l'accès à la terre. Mme Sarah Longwe (Zambie) a été la première à appliquer les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme à la lutte pour les droits des femmes devant les tribunaux de son pays. En 1984, elle a été membre fondateur de la Zambia Association for Research and Development, organisme qui a joué un rôle de premier plan en amenant le gouvernement à ratifier la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Huit ans plus tard, se prévalant de cette ratification, elle a gagné un procès contre l'Hôtel Intercontinental de Lusaka qui lui avait refusé l'accès à ses locaux parce qu'elle n'était pas accompagnée d'un homme. VIH/sida La Commission sur le VIH/sida et la gouvernance en Afrique a été officiellement créée à Addis-Abeba (Éthiopie) à la mi-septembre. Présidée par M. K.Y. Amoako, Secrétaire exécutif de la Commission économique de l'ONU pour l'Afrique (CEA), sa création avait été annoncée pour la première fois en février par le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. La Commission a pour mandat d'étudier l'impact du VIH/sida sur les structures d'État et le développement économique en Afrique, de sorte à déterminer les "liens complexes" existant entre les pertes en vies humaines au niveau local et la croissance économique ainsi que la capacité des services de santé et des structures d'Etat à faire face aux problèmes posés. Dotée d'un secrétariat au siège de la CEA à Addis-Abeba, la Commission est composée de 20 membres nommés par M. Annan, dont notamment le Président de l'Assemblée nationale du Sénégal, le Directeur général de la Banque mondiale, le Président de la Banque africaine de développement et le Ministre malien de l'économie et des finances. Les documents de la Commission peuvent être consultés sur le site Web : www.uneca.org/chga .
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