[ retour au volume 17 #2 sommaire ]
[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance]
[ envoyer cet article par e-mail ]



Afrique Relance, Vol.17#2 (juillet 2003), page 17

Renforcement de "l'axe Dakar-Tokyo"

Le Sénégal apprécie le partenariat du Japon avec l'Afrique

Vingt et un volontaires japonais ont officiellement pris leurs fonctions à Dakar (Sénégal) le 23 mai, venant ainsi grossir les rangs de leurs nombreux compatriotes actifs en Afrique. Comme environ 500 autres jeunes Japonais travaillant dans l'agriculture, la santé, l'éducation et d'autres activités de développement au Sénégal, ces volontaires incarnent "le renforcement de l'axe Dakar-Tokyo", a déclaré au cours de la cérémonie le Directeur de la coopération technique du Sénégal, Pape Birama Thiam.

Parmi les volontaires déjà présents au Sénégal, beaucoup ont appris les langues locales -- notamment le wolof, le sérère et le pulaar -- et vivent avec des villageois dans des communautés rurales pauvres de différentes régions. Entre autres activités, ils aident les associations de femmes rurales à construire des jardins maraîchers irrigués, ils forment des villageois à la production d'engrais organiques et diffusent des informations sur le VIH/sida et d'autres maladies infectieuses.


L'un des nombreux experts japonais présents en Afrique forme des Sénégalais.

Photo : ©Agence japonaise de coopération internationale


Cette relation entre Dakar et Tokyo, a dit M. Thiam, témoigne de l'appui qu'apporte le Japon au Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), la stratégie de développement du continent adoptée par les dirigeants africains en 2001. M. Konishi Kiyofumi, Représentant résident de l'Agence japonaise de coopération internationale (AJCI), a tenu des propos similaires, en remarquant que l'assistance apportée par le Japon au Sénégal s'inscrit dans le cadre d'une orientation plus générale envers l'Afrique, qui consiste avant tout à répondre aux besoins humains fondamentaux, conformément à l'approche énoncée en 1998 lors de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD).

"Maintenant que le NEPAD a été adopté par un large consensus, a dit M. Kiyofumi, la politique de base du Japon consistera à développer son partenariat avec l'Afrique, à appuyer le NEPAD dans le cadre du processus de la TICAD et à ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire des relations entre l'Afrique et l'Asie."

Accorder une plus grande attention à l'Afrique

La troisième conférence TICAD aura lieu à Tokyo du 29 septembre au 1er octobre, dix ans après la première conférence tenue en 1993. Coparrainée par le Gouvernement du Japon, les Nations Unies et la Banque mondiale, elle réunira des délégations représentant quasiment tous les pays africains, les organisations régionales africaines, une grande partie de l'Asie, les principaux pays donateurs et les grandes institutions internationales d'aide et de développement. A l'heure où une grande partie de la communauté internationale a les yeux rivés sur des crises se déroulant dans d'autres régions du monde, cette conférence aura pour objectif d'accroître l'attention accordée à l'Afrique sur la scène internationale.

"Le monde ne connaîtra au XXIe siècle aucune stabilité et aucune prospérité tant que les problèmes de l'Afrique ne seront pas résolus", a rappelé le Premier Ministre japonais Junichiro Koizumi au cours de la visite qu'a effectuée à Tokyo du 12 au 14 mai le Président sénégalais Abdoulaye Wade. Le NEPAD et la TICAD ont occupé une place importante dans les discussions des deux dirigeants, et le Président Wade a salué le partenariat durable qu'entretient le Japon avec l'Afrique.

L'un des grands axes du NEPAD -- le rôle de premier plan que l'Afrique doit jouer dans le processus de développement du continent -- figurait déjà au programme de la TICAD il y a dix ans.

Au cours de la deuxième conférence organisée en octobre 1998, le Japon s'est engagé, a remarqué le Premier Ministre Koizumi, à fournir à l'Afrique l'équivalent de 750 millions de dollars des Etats-Unis sur une période de cinq ans, en vue de répondre aux besoins humains fondamentaux. Sur ce montant total, près de 700 millions de dollars ont déjà été versés. Ce programme n'est qu'un volet de l'assistance que le Japon apporte à l'Afrique subsaharienne depuis quelques années et qui s'est élevée à 932 millions de dollars pendant la seule année 2000. Le Japon est ainsi le quatrième pays donateur de la région, après la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Des routes et du riz

Conformément aux priorités du NEPAD, le Premier Ministre japonais a souligné l'importance de l'infrastructure, en déclarant que le Japon commencerait cette année à accorder environ un milliard de dollars d'aide destinée à développer les routes, le chemin de fer, les ports, les systèmes électriques et les réseaux d'information et de communication de l'Afrique. M. Koizumi a ajouté qu'il était "très important pour l'Afrique d'accroître sa productivité agricole et de ne plus dépendre des importations alimentaires". A cette fin, le Japon continuera d'apporter son soutien à la mise au point et à la distribution du Nouveau Riz pour l'Afrique (NERICA), un croisement de variétés de riz africaines et asiatiques qui se caractérise par sa résistance et son haut rendement.

En plus de l'aide, a poursuivi M. Koizumi, le Japon annulera jusqu'à 3 milliards de dollars de dettes dues par les pays africains. Et pour encourager les investissements de sociétés japonaises en Afrique, le Gouvernement accordera des prêts d'investissement à l'étranger dont la valeur totale pourra atteindre 300 millions de dollars.

Le Président Wade a souligné au cours de son passage à Tokyo à quel point l'accroissement des investissements était important. Au cours d'une réunion avec Keidanren, la principale association patronale japonaise, il a demandé aux "entrepreneurs d'investir au Sénégal et en Afrique".

Les entreprises japonaises s'intéressent véritablement au Sénégal, explique M. Satoru Anzaki, président de la commission du Keidanren sur l'Afrique subsaharienne. "Le Sénégal est connu pour la qualité de son infrastructure, notamment de ses ports, pour son sens de l'initiative et sa stabilité incontestables et pour le rôle décisif qu'il joue dans la mise en place du NEPAD."

Tout au long de sa tournée, le Président Wade a rappelé qu'il faisait la promotion du continent africain tout entier. Cela correspond tout à fait à l'ambition régionale du NEPAD. "Il est avant tout nécessaire, a déclaré M. Wade, de rompre avec une logique nationale", en ajoutant que l'importance précédemment accordée par l'Afrique aux plans nationaux avait contribué à l'échec des premières initiatives de développement continental. Mais avec le NEPAD, a expliqué le Président sénégalais, les Africains et leurs partenaires internationaux devront penser en termes d'action régionale pour ensuite penser en termes de continent.


[ retour au volume 17 #2 sommaire ]
[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance]
[ envoyer cet article par e-mail ]


[ Accueil ] [ Actualités ] [ Magazine ]   Index / Recherche ]
[ A propos d'Afrique Relance ]
[ Accueil - ONU ] [ Nouvelles - ONU ]   Grand rapports de l'ONU ]
[ Liens de l'ONU pour l'Afrique ]

Cet article peut être reproduit librement, à condition d'en indiquer l'origine : "Afrique Relance, ONU". Avant d'utiliser toute photo, il faut obtenir la permission du titulaire des droits d'auteur dont le nom est indiqué. Merci de nous envoyer une copie de tout article reproduit.

Afrique Relance
S-955
United Nations
New York, NY 10017 USA
Tél : (212) 963-6857
Fax: : (212) 963-4556
E-mail : africa_recovery@un.org,

Site Web : www.africarecovery.org
Pour nous contacter par e-mail: africa_recovery@un.org