[ retour au volume 17 #2 sommaire ]
[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance]
[ envoyer cet article par e-mail ]



Afrique Relance, Vol.17#2 (juillet 2003), page 24

Afrique Horizon

COTON
L'Afrique s'élève contre les subventions offertes par le Nord

Quatre nations africaines ont sommé les membres de la réunion ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tiendra en septembre à Cancun (Mexique) d'approuver l'élimination progressive et rapide de toutes les subventions à la production et l'exportation de coton. Les pays en question -- Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad -- sont tous fortement tributaires du coton et leurs économies ont été sévèrement touchées par un marché mondial déprimé qui est envahi par le coton fortement subventionné des pays riches.

Dans une proposition qui a été présentée en juin à l'OMC, ces pays font valoir que leur "seul centre d'intérêt" dans la série actuelle de négociations, ouvertes à Doha (Qatar) en 2001, est l'élimination des subventions du coton. "Nos pays ne demandent pas l'aumône, pas plus qu'un traitement de faveur ni une aide", a dit le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, au comité des négociations commerciales de l'OMC. "Nous exigeons seulement l'application des règles régissant l'économie de marché, conformément aux principes directeurs de l'OMC."

La proposition, qui jouit de l'appui de 13 autres pays d'Afrique centrale et de l'Ouest, demande à la réunion de Cancun d'établir un mécanisme permettant de réduire progressivement les subventions pour finir par les éliminer à une date fixe. Elle suggère que, dans l'immédiat et à titre provisoire, les agriculteurs des pays les moins avancés soient dédommagés pour les pertes que les subventions leur font subir.

En Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, où l'on cultive plus de 90 % du coton que l'Afrique exporte, les recettes provenant du coton ont baissé de 31 % entre 1999 et 2002, surtout du fait des subventions énormes que reçoivent les cultivateurs de coton américains, européens et chinois. Bien que le coton africain ait de nombreux atouts -- une qualité supérieure et le coût de production le plus faible du monde ­, il n'est pas en mesure de rivaliser avec le coton subventionné. Le Président Compaoré a indiqué que les producteurs africains sont prêts à affronter la concurrence mondiale "à condition que celle-ci ne soit pas faussée par l'octroi de subventions".

*******

LE NEPAD
Nomination des responsables du Mécanisme d'évaluation intra-africaine

Six éminents Africains et Africaines ont été nommés à la tête du Mécanisme d'évaluation intra-africaine. Ce mécanisme qui a été établi afin de faciliter la réalisation des objectifs du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) repose sur un système d'"auto-évaluation" permettant à chaque pays africain d'examiner le régime politique et économique des autres pays d'Afrique. Les six premiers membres du groupe de surveillance ont été nommés fin mai par le Comité de mise en oeuvre du NEPAD qui se compose de 15 chefs d'Etat. D'autres membres seront nommés à une date ultérieure.

Ces six membres sont : Mme Graça Machel, célèbre militante mozambicaine des droits de l'enfant ; le Professeur Adebayo Adedeji, économiste nigérian et ancien directeur de la Commission économique pour l'Afrique des Nations Unies ; Mme Marie-Angélique Savané, Sénégalaise et ancienne directrice du Bureau pour l'Afrique du Fonds des Nations Unies pour la population; M. Bethuel Kiplagat, ancien ambassadeur du Kenya en France et au Royaume-Uni; Mme Dorothy Njeuma, ancienne vice-ministre de l'enseignement supérieur au Cameroun et actuellement présidente de l'Université de Buea et M. Chris Staals, ancien directeur de la Banque de réserve sud-africaine.

"Je suis convaincu de l'intégrité des fils et des filles de l'Afrique qui ont été nommés au sein de ce comité", a déclaré le Président du Nigéria, Olusegun Obasanjo.

Le Mécanisme d'évaluation intra-africaine est un mécanisme non contraignant qui procédera en premier lieu à l'examen des pays africains ayant accepté d'y participer. Il évaluera leurs politiques, règles et usages en ce qui concerne la gestion politique, le respect du droit, la croissance économique, le développement durable et l'intégration régionale. Lorsque les membres du comité ont été nommés, 15 pays s'étaient déclarés prêts à en devenir membre en signant le protocole d'accord du Mécanisme : l'Algérie, l'Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Cameroun, la République du Congo, l'Ethiopie, le Gabon, le Ghana, le Kenya, le Mali, le Mozambique, le Nigéria, l'Ouganda, le Rwanda et le Sénégal.

*******

LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Un nouveau gouvernement mais la paix est incertaine

La République démocratique du Congo (RDC) met actuellement en place un nouveau gouvernement de transition. Alors que nous mettions sous presse, quatre vice-présidents allaient prêter serment. Les postes de vice-présidents et d'autres postes ministériels sont répartis entre les représentants de l'ancien Gouvernement du Président Joseph Kabila, les principaux groupes armés et l'opposition non armée, qui ont tous pris part à des négociations prolongées et difficiles. M. Kabila restera Président en attendant qu'il soit possible d'organiser des élections.

Pendant les négociations qui ont précédé la signature d'un accord sur le nouveau gouvernement en décembre dernier, de nouveaux combats ont éclaté dans le nord-est de la RDC entre deux milices auparavant inconnues, soutenues, semble-t-il, par deux pays limitrophes, l'Ouganda et le Rwanda. Sept pays africains ont participé à un moment ou à un autre au conflit en RDC.

"Le dernier obstacle à la paix en RDC a été supprimé", a déclaré à Pretoria, Thabo Mbeki, le Président de l'Afrique du Sud, à la suite de la signature de l'accord. Mais M. Aziz Pahad, Ministre adjoint des affaires étrangères, est plus prudent : "La première difficulté à régler consistait à mettre en place le gouvernement de transition. Il y aura d'autres problèmes. J'espère que la communauté internationale ne relâchera pas ses efforts."

L'accord ne tient pas compte des deux milices qui s'affrontent en Ituri, dans le nord-est de la RDC, depuis des mois pour prendre le contrôle de Bunia, la capitale de la province. Ces groupes ont massacré des civils et tiré sur des milliers de personnes qui cherchaient à se réfugier dans les locaux de la force de maintien de la paix de l'ONU, indique Carolyn McAskie, Coordonnatrice adjointe des secours d'urgence de l'ONU.

La situation ne s'est stabilisée qu'après le déploiement d'une force multinationale de maintien de la paix qui devait défendre Bunia et protéger les civils. Le 7 juillet, le Secrétaire général adjoint de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno, a annoncé au Conseil de sécurité que Bunia était une "zone exempte d'armes" depuis le 25 juin.

*******

NOMINATIONS

M. Hage Geingob a été nommé Secrétaire exécutif de la Coalition mondiale pour l'Afrique, instance intergouvernementale ayant son siège à Washington et visant à instaurer un dialogue sur les questions de développement prioritaires pour l'Afrique. M. Geingob, qui pendant longtemps a dirigé le South West Africa People's Organization (SWAPO), a ouvert la voie à la victoire électorale de ce groupe lors des premières élections démocratiques qui se sont tenues en Namibie en 1989. Lorsque le pays a accédé à l'indépendance en bonne et due forme en 1990, il est devenu premier ministre et a assumé cette fonction jusqu'en août 2002.


[ retour au volume 17 #2 sommaire ]
[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance]
[ envoyer cet article par e-mail ]


[ Accueil ] [ Actualités ] [ Magazine ]   Index / Recherche ]
[ A propos d'Afrique Relance ]
[ Accueil - ONU ] [ Nouvelles - ONU ]   Grand rapports de l'ONU ]
[ Liens de l'ONU pour l'Afrique ]

Cet article peut être reproduit librement, à condition d'en indiquer l'origine : "Afrique Relance, ONU". Avant d'utiliser toute photo, il faut obtenir la permission du titulaire des droits d'auteur dont le nom est indiqué. Merci de nous envoyer une copie de tout article reproduit.

Afrique Relance
S-955
United Nations
New York, NY 10017 USA
Tél : (212) 963-6857
Fax: : (212) 963-4556
E-mail : africa_recovery@un.org,

Site Web : www.africarecovery.org
Pour nous contacter par e-mail: africa_recovery@un.org