[ retour au volume 17 #2 sommaire ]
[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance]
[ envoyer cet article par e-mail ]



Afrique Relance, Vol.17#2 (juillet 2003), page 21

Après une croissance au ralenti, la reprise s'annonce

D'après la CEA, la réforme des institutions est essentielle au développement rapide de l'Afrique

Dans l'ensemble, la croissance économique de l'Afrique s'est modérément ralentie en 2002, mais devrait reprendre cette année au rythme d'environ 4,2 % si les prévisions météorologiques et la conjoncture internationale restent favorables, indique la Commission économique pour l'Afrique (CEA) de l'ONU. D'après le Rapport économique sur l'Afrique 2003 de la CEA, les cinq régions du continent -- Afrique australe, centrale, orientale, occidentale et septentrionale -- connaîtront probablement toutes une plus forte croissance cette année, alors que cela n'avait été le cas que pour une seule d'entre elles (l'Afrique australe) en 2002.

La baisse du taux de croissance -- de 4,3 % en 2001 à seulement 3,2 % l'an dernier (voir graphique) -- s'explique par de multiples causes, font observer les auteurs du rapport. Ils citent notamment le ralentissement de l'économie mondiale, les bas prix des marchandises, la sécheresse dans certaines régions d'Afrique australe et orientale et les conflits armés ou politiques dans un certain nombre de pays. Quatre des cinq plus grandes économies africaines -- Algérie, Egypte, Maroc et Nigéria -- ont vu leur croissance se ralentir, ce qui a fait baisser la moyenne du continent.

Parmi les grandes économies, seule l'Afrique du Sud a obtenu de meilleurs résultats, avec un produit intérieur brut (PIB) en augmentation de 3 % en 2002, par rapport à 2,5 % l'année précédente. Cette amélioration est due en partie à la hausse des prix de ses exportations de marchandises, notamment d'or.

'Primes de risque' et subventions

La conjoncture internationale a eu plusieurs répercussions importantes sur l'ensemble du continent. Après le ralentissement de la croissance mondiale en 2001, une reprise a eu lieu début 2002, mais elle s'est avérée en fin d'année moins importante que prévu, en raison de l'essoufflement de la reprise américaine, de la baisse du cours des actions sur les principaux marchés, de l'affaiblissement économique de plusieurs grandes économies d'Amérique latine et de la hausse des "primes de risque" en raison de l'instabilité politique au Moyen-Orient, et notamment de la hausse des cours du pétrole.

Le cours mondial de certaines exportations africaines importantes, comme le cacao, a considérablement augmenté en 2002, tandis que le cours d'autres denrées, dont le thé et le café, a continué à baisser. En outre, fait observer la CEA, la décision prise par les Etats-Unis en mai 2002 d'accroître de 67 % leurs subventions agricoles nationales "n'améliore pas les perspectives de l'Afrique. Ces subventions feront baisser les prix agricoles, et les petites économies africaines auront plus de mal à rivaliser."

Ces subventions, ainsi que d'autres facteurs externes, risquent également de nuire aux résultats économiques de cette année. De plus, les taux de prévalence élevés du VIH/sida sur le continent, la pauvreté généralisée et la fuite constante de capitaux ralentissent la croissance économique.

Malgré ces obstacles réels ou potentiels, la CEA estime que les perspectives économiques pour 2003 sont plus favorables que l'an dernier, notamment pour les raisons suivantes :

-- La réduction des conflits armés, comme le cessez-le-feu en Angola, la cessation des hostilités entre l'Ethiopie et l'Erythrée, les accords signés entre la République démocratique du Congo et le Rwanda et la reprise des négociations de paix entre le gouvernement et les rebelles du Sud du Soudan.

-- l'augmentation du nombre de pays africains pouvant bénéficier d'un allégement de la dette, ce qui dégagera des ressources à allouer aux dépenses et investissements sociaux.

-- l'amélioration escomptée de la croissance économique dans la plupart des régions du monde dès le troisième trimestre 2003, ce qui stimulera l'activité économique en Afrique du fait de la hausse de l'aide, du commerce et des investissements étrangers.

Région par région, la CEA prévoit une croissance de 4,9 % en Afrique du Nord, de 4,4 % en Afrique orientale et centrale, de 3,6 % en Afrique australe et de 3,3 % en Afrique de l'Ouest.

Réformes de 'deuxième génération'

La CEA constate que les politiques économiques continuent d'avoir une grande influence sur les résultats. La plupart des pays africains ont considérablement amélioré leurs politiques macroéconomiques. C'est ce qui a expliqué la croissance généralement forte du continent au cours des dix dernières années, par rapport à la stagnation et au recul des années 80 et du début des années 90. Mais l'adoption de bonnes politiques fiscales et macroéconomiques ne constitue qu'une première étape, suggèrent les auteurs du rapport. Pour intensifier le rythme de développement, il est également essentiel d'engager une "deuxième génération" de réformes, faisant suite à celles engagées au titre de l'ajustement structurel.

Ces réformes, explique la CEA, sont essentiellement institutionnelles et structurelles :

-- réduction de la pauvreté et promotion de l'équité sociale

-- application des contrats, en établissant des droits de propriété, en renforçant les systèmes juridiques et judiciaires et en créant de véritables mécanismes de règlement des conflits

-- perfectionnement des stratégies de participation, en favorisant la participation de tous les acteurs et l'obtention de consensus

-- amélioration de la qualité des réglementations publiques des économies libéralisées

-- politiques adéquates visant à développer différent secteurs économiques

Après avoir étudié les politiques de 35 pays africains, la CEA constate qu'un trop grand nombre de pays africains tardent à réaliser des progrès dans ces domaines. Les coûts de l'électricité et du transport sont prohibitifs, la corruption alourdit considérablement le coût de l'activité économique, et le développement des marchés et des institutions reste faible.

Les auteurs recensent cependant un certain nombre de pays africains qui ont fait des progrès importants dans certains domaines au moins. Ils mentionnent tout particulièrement les cinq pays ayant le plus progressé : le Botswana, l'Afrique du Sud, Maurice, la Namibie et la Tunisie. Dans ces pays, "le système judiciaire fait appliquer les contrats plus efficacement, les lois et réglementations sont plus prévisibles et transparentes, la fonction publique fait un travail de meilleure qualité et les télécommunications, le transport et l'électricité sont plus accessibles et fiables". Ces pays ont également fait des efforts notables en vue de promouvoir l'accès des femmes à l'éducation et à la santé, et de parvenir à la parité en matière d'emploi.


[ retour au volume 17 #2 sommaire ]
[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance]
[ envoyer cet article par e-mail ]


[ Accueil ] [ Actualités ] [ Magazine ]   Index / Recherche ]
[ A propos d'Afrique Relance ]
[ Accueil - ONU ] [ Nouvelles - ONU ]   Grand rapports de l'ONU ]
[ Liens de l'ONU pour l'Afrique ]

Cet article peut être reproduit librement, à condition d'en indiquer l'origine : "Afrique Relance, ONU". Avant d'utiliser toute photo, il faut obtenir la permission du titulaire des droits d'auteur dont le nom est indiqué. Merci de nous envoyer une copie de tout article reproduit.

Afrique Relance
S-955
United Nations
New York, NY 10017 USA
Tél : (212) 963-6857
Fax: : (212) 963-4556
E-mail : africa_recovery@un.org,

Site Web : www.africarecovery.org
Pour nous contacter par e-mail: africa_recovery@un.org