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[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance] [ envoyer cet article par e-mail ] Afrique Relance, Vol.17#2 (juillet 2003), page 4 Lutte contre les conflits régionaux Des initiatives de paix difficiles dans la "région dangereuse" de l'Afrique de l'Ouest Les multiples conflits armés que connaît l'Afrique de l'Ouest ne pourront être véritablement réglés qu'à condition que ceux qui oeuvrent en faveur de la paix adoptent une perspective régionale. C'est ce qu'ont déclaré le 28 mai les représentants de 15 pays d'Afrique de l'Ouest réunis à Abuja (Nigéria) pour un sommet extraordinaire. Pour faire un pas concret dans cette direction, les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont promis d'activer des unités de réserve dans chacune de leurs armées afin de faciliter la création d'une force de réaction rapide capable d'intervenir sans délai lorsque des conflits éclatent. "Nous n'avons pas d'armée permanente", a noté M. Ralph Uwechue, le représentant spécial du président de la CEDEAO en Côte d'Ivoire. Il faut donc mettre en place une nouvelle force de maintien de la paix chaque fois qu'une crise éclate, comme cette association régionale l'a déjà fait à plusieurs reprises -- au Libéria, en Sierra Leone, en Guinée-Bissau et maintenant en Côte d'Ivoire. Lorsqu'on procède ainsi au coup par coup on peut s'attendre à des retards. Par ailleurs, a fait valoir M. Uwechue, il faut aussi de meilleurs mécanismes régionaux qui soient à même de servir de médiateurs en cas de conflit afin d'éviter que les conflits ne dégénèrent en guerre ouverte. "Il vaut mieux prévenir que guérir", a t-il noté. Les combats s'étant à nouveau intensifiés au Libéria, la situation continuant d'être instable en Côte d'Ivoire, la guerre civile n'ayant pris fin que récemment en Sierra Leone et une situation d'urgence humanitaire existant en raison du grand nombre de réfugiés et de personnes déplacées, il est évident que des mesures plus énergiques et mieux coordonnées s'imposent pour rétablir la paix et la sécurité dans toute l'Afrique de l'Ouest, région qualifiée de "dangereuse" par le Secrétaire général adjoint de l'ONU, Ibrahim Gambari. L'ONU doit suivre l'exemple des dirigeants de la CEDEAO et
s'orienter à présent vers des solutions régionales,
a déclaré M. Gambari au Conseil de sécurité
le 30 mai. "Il faut que les initiatives prises par l'ONU
pour régler les conflits sur le continent africain tiennent
pleinement compte des dimensions régionales des conflits
africains", a-t-il indiqué. M. Gambari a donc demandé
instamment au Conseil d'envisager des mesures qui permettraient
d'accroître l'aptitude des organisations régionales
africaines à entreprendre des opérations de paix. Les enseignements tirés des précédentes opérations de maintien de la paix en Afrique indiquent, selon M. Gambari, qu'il est nécessaire d'"analyser plus avant les liens qui existent entre la paix et la sécurité d'une part et le développement économique et social d'autre part". Cette relation joue un rôle prépondérant dans le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) -- la stratégie de développement que les dirigeants africains ont adoptée en 2001. Le Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique que dirige M. Gambari est chargé, notamment, de coordonner l'appui offert au NEPAD par le système des Nations Unies. Il est essentiel de faire une place plus grande au développement économique et social de façon que les vieux conflits ne se déclarent pas de nouveau. "C'est en partie parce que la communauté internationale n'a pas sérieusement cherché à consolider la paix en République centrafricaine, au Libéria et en Guinée-Bissau après la fin des premières opérations de maintien de la paix que ces pays ont à nouveau été plongés dans des conflits", a-t-il déclaré au Conseil de sécurité. Il a recommandé que l'on procède sans tarder à une évaluation de la vulnérabilité de la Sierra Leone à la suite du retrait prévu de la mission de maintien de la paix de l'ONU présente dans le pays. La nouvelle détermination manifestée par les dirigeants africains de rechercher la paix de manière plus dynamique grâce au NEPAD, au sommet de la CEDEAO et à d'autres initiatives récentes a facilité ces efforts. "On ne peut nier que c'est principalement aux Africains qu'incombe la responsabilité du règlement des conflits en Afrique", a dit M. Gambari et l'on constate de plus en plus "que les Africains ont la ferme intention d'assurer la paix et la sécurité".
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