[ retour au volume 17 #1 sommaire ]
[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance]
[ envoyer cet article par e-mail ]



Afrique Relance, Vol.17#1 (mai 2003), page 8

Le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), principale stratégie de développement du continent, a été adopté lors d'un sommet des chefs d'Etat d'Afrique tenu en juillet 2001. Il a été également approuvé par l'Assemblée générale des Nations Unies en novembre 2002, comme cadre de référence du partenariat international avec l'Afrique.

Obasanjo : Le Nouveau Partenariat progresse

Répondant aux critiques selon lesquelles le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) n'a guère fait de progrès visibles, le Président nigérian Olusegun Obasanjo a déclaré : "Nous avons pris notre temps pour faire en sorte que les erreurs du passé ne se répètent pas." Malgré cette démarche prudente et mesurée, le Nouveau Partenariat a déjà fait des "progrès substantiels ... dans de nombreux domaines", a-t-il déclaré le 9 mars à une réunion du Comité de mise oeuvre du NEPAD, à Abuja (Nigéria) à laquelle ont participé huit Présidents et Premiers Ministres africains et des représentants de 13 autres pays d'Afrique.

"Alors que nous continuons d'analyser précisément les stratégies de mise en oeuvre de cette initiative de développement saluée dans le monde entier, a dit M. Obasanjo, ... le NEPAD est passé du stade de la théorie à celui de la mise en oeuvre concrète et pratique."


Le Président Olusegun Obasanjo

Photo : ©Nations Unies


C'est ainsi qu'à la réunion d'Abuja a été officiellement lancé le Mécanisme d'évaluation intra-africaine. Ce mécanisme se veut un système d'"auto-surveillance" : les pays africains se soumettent volontairement à l'examen d'autres pays africains dans des domaines prioritaires tels que la paix et la sécurité, la démocratie et la gouvernance politique ainsi que la gestion économique et la gestion des entreprises. A la réunion d'Abuja, 10 pays ont officiellement adhéré au Mécanisme : Afrique du Sud, Algérie, Ethiopie, Ghana, Kenya, Mozambique, Nigéria, Ouganda, République du Congo et Rwanda. Le Botswana et le Sénégal ont aussi fait part de leur intention d'y adhérer ; il est instamment demandé aux autres pays africains de faire de même.

Les institutions et les entreprises africaines ainsi que les particuliers sont encouragés à contribuer de façon significative au financement du Mécanisme, "de façon à en garantir la maîtrise par l'Afrique", peut-on lire dans un mémorandum d'accord adopté par les participants. Ils ont également chargé le Président Obasanjo de veiller à la création rapide d'un groupe d'éminentes personnalités africaines qui dirigera les travaux du Mécanisme.

Le Président nigérian a relevé d'autres domaines dans lesquels des progrès ont été entrepris depuis la dernière réunion des chefs d'Etat sur le NEPAD en novembre 2002. Il s'agit notamment de plusieurs initiatives africaines de paix au Burundi, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo et au Soudan (voir page 3), et de la médiation africaine au Zimbabwe qui visait à aider ce pays à trouver des solutions à ses problèmes politiques et économiques.

Sur le chemin d'Evian

Début juin, la France accueillera la prochaine réunion du Groupe des huit pays les plus industrialisés (G-8) dans la ville d'Evian. Selon le Président français, Jacques Chirac, ce sera l'occasion de passer en revue les activités menées par l'Afrique et ses partenaires extérieurs depuis l'adoption par le G-8 d'un "plan d'action pour l'Afrique" à son dernier sommet, tenu à Kananaskis (Canada) (voir Afrique Relance, septembre 2002). Ce sera également à cette occasion que "cet engagement réciproque devrait commencer à être appliqué", a déclaré M. Chirac au Sommet France-Afrique tenu à Paris à la mi-février.

Au sommet de Paris, le Président Chirac a présenté plusieurs propositions visant à stimuler l'agriculture africaine, notamment des mesures destinées à garantir un meilleur accès des exportations agricoles africaines aux marchés et à reprendre les discussions sur la question des prix des produits de base. Si les pays développés parviennent à convenir d'un système de préférences commerciales pour chaque pays africain, ce serait "indispensable pour attirer les investissements privés, une priorité du NEPAD", a-t-il ajouté.

Trois piliers de l'agriculture

Afin de trouver une solution aux crises alimentaires répétées et à la faible productivité agricole de l'Afrique, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a appuyé l'élaboration d'un projet de Programme global de développement de l'agriculture en Afrique, dans le cadre du NEPAD. Ce programme met l'accent sur l'accroissement significatif des investissements dans trois domaines, "piliers" essentiels de l'agriculture : élargissement des terres faisant l'objet d'une gestion durable ; amélioration des infrastructures rurales ; et augmentation des disponibilités alimentaires et réduction de la pauvreté.

Compte tenu des priorités énoncées dans le Programme, le Gouvernement italien a annoncé en mars qu'il accorderait une subvention de 3 millions de dollars à l'Ouganda. La FAO supervisera l'application de ce projet, qui vise à améliorer la sécurité alimentaire et à réduire la pauvreté.

Des millions pour le transport

La Banque africaine de développement a décidé d'allouer 200 millions de dollars à 17 projets, dans le cadre des efforts qu'elle entreprend pour aider le NEPAD à mettre en place des systèmes de transport intégrés en Afrique. Le Président Obasanjo du Nigéria a aussi annoncé début mars qu'un groupe d'investisseurs privés de la Malaisie envisageait d'investir environ un milliard de dollars dans les infrastructures de transport au Nigéria.

Ces mesures concrètes sont indispensables pour éviter que les objectifs du NEPAD ne soient que des "mirages", a déclaré la Ministre nigériane de l'aviation, Kema Chikwe, à un forum des ministres africains des transports tenu à Abuja du 9 au 13 mars. Etant donné que le NEPAD a pour objectif d'accélérer le développement économique de l'Afrique, a-t-elle déclaré, le continent a besoin d'un "réseau de transport intégré viable pour permettre la circulation et la distribution sans heurts des biens et services".

Le PNUD apporte son concours au Secrétariat

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a décidé, début février, d'allouer 1,9 million de dollars à un programme de renforcement des activités du Secrétariat du NEPAD, dont le siège est à Johannesburg (Afrique du Sud). "Nous savons que le NEPAD offre d'énormes possibilités ; le PNUD manifeste ainsi sa volonté de voir l'initiative aboutir", a fait observer M. Abdoulie Janneh, Directeur régional du PNUD pour l'Afrique. Le programme d'appui du PNUD permettra, entre autres, au Secrétariat de recruter des experts pour promouvoir les objectifs du Nouveau Partenariat, mettre en place un groupe consultatif comprenant des représentants du secteur public, de la société civile et du secteur privé chargés de donner des conseils sur les politiques et programmes, aider à intégrer les stratégies du NEPAD et de l'Union africaine en matière de communication, appuyer les activités du Mécanisme d'évaluation inter-africaine et renforcer la capacité d'évaluation des résultats obtenus par les partenaires extérieurs du NEPAD.


[ retour au volume 17 #1 sommaire ]
[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance]
[ envoyer cet article par e-mail ]


[ Accueil ] [ Actualités ] [ Magazine ]   Index / Recherche ]
[ A propos d'Afrique Relance ]
[ Accueil - ONU ] [ Nouvelles - ONU ]   Grand rapports de l'ONU ]
[ Liens de l'ONU pour l'Afrique ]

Cet article peut être reproduit librement, à condition d'en indiquer l'origine : "Afrique Relance, ONU". Avant d'utiliser toute photo, il faut obtenir la permission du titulaire des droits d'auteur dont le nom est indiqué. Merci de nous envoyer une copie de tout article reproduit.

Afrique Relance
I United Nations Plaza, Bureau 550
United Nations
New York, NY 10017 USA
Tél : (212) 963-6857
Fax: : (212) 963-4556
E-mail : africa_recovery@un.org,

Site Web : www.africarecovery.org
Pour nous contacter par e-mail: africa_recovery@un.org