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[ retour à la page d'accueil d'Afrique Relance] [ envoyer cet article par e-mail ] Afrique Relance, Vol.17#1 (mai 2003), page 28 IRAQ Les dirigeants sud-africains ont averti que les répercussions politiques et économiques de la guerre en Iraq pourraient reléguer au second plan les questions et problèmes concernant l'Afrique. Intervenant lors d'un débat sur la guerre qui a eu lieu à l'Assemblée nationale de son pays le 19 mars, le Vice-Président Jacob Zuma a prévenu que "la guerre risquait de reléguer l'Afrique au second plan sur la scène internationale", et qu'elle pourrait "aggraver la misère et la pauvreté en Afrique et dans les autres régions du monde en développement". Elle pourrait aussi, a-t-il déclaré, "annuler tous les acquis de l'initiative du NEPAD", (le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique, cadre de développement du continent). Quelques jours plus tard, le Président Thabo Mbeki a fait observer que les énormes besoins en aide humanitaire et en reconstruction de l'Iraq pourraient monopoliser des ressources financières qui auraient pu sinon être affectées au NEPAD. Toutefois, a-t-il ajouté, le fait qu'on accorde moins d'intérêt à l'Afrique pourrait aussi amener le continent à se prendre plus en charge. "Il faudra que nous comptions sur nous-mêmes, sur nos propres ressources et sur nos propres forces." Le Président Mbeki a créé un comité ministériel spécial chargé d'étudier les effets éventuels des fluctuations des cours du pétrole, des autres facteurs économiques et de la situation en matière de sécurité au Moyen-Orient sur l'Afrique du Sud. De même, lors d'une réunion des C hefs d'Etat sur le NEPAD (voir page 8) tenue début mars, le Président Olusegun Obasanjo du Nigéria a été chargé de mettre sur pied un comité qui examinera l'incidence de la guerre en Iraq sur l'Afrique. Dans les Perspectives de l'économie mondiale parues en avril, le Fonds monétaire international note que du fait de la guerre en Iraq, l'Afrique pourrait être "doublement frappée par l'augmentation des cours du pétrole et la baisse des prix des produits autres que les combustibles et, dans certains cas, par une baisse du tourisme". ENVIRONNEMENT Selon une étude du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la plupart des pays africains utiliseront du carburant sans plomb, ou auront pratiquement éliminé ce métal lourd dangereux, dans un délai de cinq ans. L'Egypte, la Libye, Maurice et le Soudan utilisent déjà du carburant sans plomb et la Tunisie, la Réunion (territoire français au large de la côte est de l'Afrique) ainsi que le Maroc et le Sahara occidental devraient faire de même cette année. "C'est l'un des résultats concrets, voire le premier, du Sommet mondial sur le développement durable", a déclaré le Directeur exécutif du PNUE, Klaus Toepfer, en février. Tenu l'année dernière à Johannesburg, le sommet avait préconisé une élimination rapide de ce polluant à l'échelle mondiale. Les pays africains avaient décidé, plusieurs mois auparavant, d'éliminer progressivement la consommation de carburant à plomb d'ici à 2005. Si 90 % de l'essence vendue actuellement dans le monde est sans plomb, les 10 % restants sont consommés dans les pays en développement, en particulier en Afrique. "On sait depuis longtemps que la présence de plomb dans l'essence ou le pétrole constitue un risque pour la santé, en particulier chez les enfants", dit M. Toepfer. "C'est pourquoi il a été progressivement éliminé puis interdit dans les pays d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord, dans une partie de l'Extrême-Orient et ailleurs. Mais la plupart des pays d'Afrique ... sont en retard", pour des raisons technologiques et par méconnaissance des risques. La situation change rapidement, a-t-il ajouté et une "Afrique sans plomb est proche". ANGOLA La Banque mondiale a décidé d'octroyer à l'Angola une subvention de près de 50 millions de dollars pour renforcer ses efforts de reconstruction et de redressement économique après plusieurs décennies de guerre civile. L'essentiel des fonds (33 millions de dollars) servira à appuyer le programme gouvernemental de démobilisation, de réinstallation et de réinsertion sociale des anciens combattants ainsi qu'à remettre en état les infrastructures, notamment les écoles et les centres de santé dans les communautés où la population se réinstalle. "Tout indique que le Gouvernement et les autres parties intéressées se sont engagés en faveur d'une paix durable. En accordant cette subvention, la Banque mondiale témoigne de son appui à cette nouvelle donne et compte maintenir cette confiance renouvelée entre notre institution et le Gouvernement", a déclaré M. Laurence Clarke, nouveau directeur de pays de la Banque mondiale à Luanda. C'est le premier accord de financement conclu entre la Banque et l'Angola depuis 2000. L'octroi de la subvention intervient au moment où l'on s'inquiète de la lenteur avec laquelle l'assistance est fournie à quelque 105 000 anciens combattants de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA). Ces anciens rebelles devaient recevoir, tout comme 33 000 anciens soldats, des lots de réinstallation comprenant des couvertures, semences et outils d'une valeur de 100 dollars, ainsi que l'accès à des terres convenables. Attribuant le retard à des difficultés financières, le Gouvernement a demandé en décembre à bénéficier d'un appui international. Inquiète, comme d'autres institutions donatrices, des allégations de corruption au sein de l'administration angolaise, la Banque mondiale entend allouer le reste de la subvention, soit 17 millions de dollars, à l'accroissement de la transparence dans la gestion des ressources publiques. L'une des conditions du décaissement des fonds est que le Gouvernement mette en place un système autonome de gestion financière et de vérification des comptes. "Des audits seront régulièrement effectués pour déterminer exactement comment les fonds sont utilisés", a ajouté M. Clarke.
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