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Afrique Relance, Vol.16 #2-3 (septembre 2002), page 36

AFRIQUE HORIZON

ENVIRONNEMENT
Un projet de fonds africain pour l'eau

D'après un rapport de l'ONU établi pour le Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (Afrique du Sud), 60 % des 680 millions d'habitants de l'Afrique subsaharienne n'ayant pas accès à l'eau potable, il est indispensable d'accroître les investissements en faveur de la mise en valeur et de la gestion des ressources en eau. Etabli sous la direction du Prince Willem-Alexander d'Orange des Pays-Bas, à la demande du Secrétaire général de l'ONU, le rapport, intitulé "Pas d'eau, pas d'avenir", recommande de créer un fonds pour l'approvisionnement en eau en Afrique. Ce fonds fournirait une partie du capital d'amorce nécessaire à la hausse des investissements et à l'amélioration de la gestion de l'eau sur le continent, dans le cadre du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD).

Selon le rapport, les habitants des 40 pays les plus pauvres du monde -- dont plus de la moitié se trouvent en Afrique -- doivent se contenter en moyenne de 30 litres d'eau ou moins par jour, ce qui est très en deçà des 50 litres considérés comme le strict minimum nécessaire au bien-être. Dans neuf pays africains (Ethiopie, Erythrée, Djibouti, Gambie, Somalie, Mali, Mozambique, Tanzanie et Ouganda), la population vit actuellement avec moins de 10 litres par jour. Le rapport préconise une approche de la gestion de l'eau plus globale, qui porte non seulement sur l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, mais aussi sur l'eau nécessaire aux cultures, à l'élevage et à la pêche.

Si certain pays souffrent de la rareté de l'eau, le principal problème tient à une "crise de gouvernance", estime le Prince Willem-Alexander. Le rapport met l'accent sur la nécessité d'une meilleure coordination entre les pays partageant des bassins fluviaux. L'Initiative pour le bassin du Nil, lancée en 1999 en vue de coordonner les politiques des dix pays riverains du Nil en est un bon exemple. D'ici à 2015, est-il recommandé dans le rapport, les pays d'Afrique qui partagent les autres grands bassins fluviaux internationaux devraient mettre au point des plans semblables.

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MAINTIEN DE LA PAIX
L'ONU s'engage à mettre fin à l'exploitation sexuelle

Le chef des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, le Secrétaire général adjoint Jean-Marie Guéhenno, a annoncé que l'ONU ne tolérerait pas que ses fonctionnaires participent à l'exploitation sexuelle et à la traite des femmes et des filles. Lors d'une séance spéciale du Conseil de sécurité en juillet, il a exhorté les pays qui fournissent soldats et policiers aux missions de maintien de la paix des Nations Unies à prendre les mesures disciplinaires appropriées et, le cas échéant, à engager des poursuites pénales contre ceux de leurs ressortissants qui commettent de tels actes.

Ces observations sont faites alors que l'ONU enquête sur des allégations d'exploitation sexuelle de réfugiées par des travailleurs sociaux et des soldats de la paix en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone. Ces allégations ont été formulées dans un rapport publié en début d'année par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l'organisation non gouvernementale britannique Save the Children.

Selon ces allégations, dont certaines ont par la suite été contestées dans la presse, des employés d'au moins 40 organisations d'aide et organismes des Nations Unies ont refusé d'apporter une aide à des réfugiés, essentiellement des filles âgées de 13 à 18 ans, à moins qu'elles n'acceptent d'avoir des rapports sexuels. Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a envoyé une équipe d'enquêteurs en Afrique de l'Ouest pour examiner ces accusations en vue de faire rapport à l'Assemblée générale.

Le nombre même de plaintes formulées confirme qu'il existe "un grave problème d'exploitation sexuelle" dans les trois pays, est-il indiqué dans le rapport du HCR et de Save the Children. Ces deux organismes notent que ce sont les "personnes chargées de protéger ces enfants qui en fait les exploitent". Le HCR a déjà réagi en renforçant la sécurité et le personnel international dans les camps de réfugiés, en déployant davantage de fonctionnaires de sexe féminin et en mettant en place de nouvelles procédures hiérarchiques.

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ZIMBABWE
M. Annan préconise une réforme agraire harmonieuse

Intervenant dans la controverse suscitée par la réforme agraire au Zimbabwe, le Secrétaire général de l'ONU a préconisé la mise en place d'un programme structuré, en plusieurs phases. Alors que l'Afrique australe est menacée de famine, "un programme de réforme agraire durable et réussie qui profite à toute la population du Zimbabwe, en particulier aux pauvres sans terres, est plus important que jamais", a-t-il dit.

Le Secrétaire général a fait cette déclaration pendant sa tournée en Afrique australe, région frappée par la sécheresse. Au Zimbabwe, 6 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont besoin d'aide alimentaire. S'il est vrai que l'absence de pluies est largement responsable de la situation, les détracteurs, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, du Président Robert Mugabe font valoir que son programme visant à saisir sans dédommagement les fermes commerciales appartenant aux Blancs afin de les redistribuer aux Noirs sans terres a perturbé la production.

M. Annan a indiqué qu'il ne peut y avoir de solution durable aux problèmes du Zimbabwe sans une réforme agraire "menée conformément à la loi, qui permette de former les nouveaux petits exploitants agricoles et de leur apporter l'appui voulu mais aussi de dédommager les travailleurs agricoles et les propriétaires des fermes".

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NOMINATIONS

Le Secrétaire général, Kofi Annan, a nommé M. Sergio Vieira de Mello au poste de Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme. Il succède à Mme Mary Robinson, ancienne Présidente de l'Irlande, qui quittera le Haut Commissariat basé à Genève en septembre, après cinq ans de service. Jusqu'en mai dernier, M. Vieira de Mello était l'Administrateur transitoire des Nations Unies au Timor oriental. Ayant passé l'essentiel de ses 33 ans de carrière au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, il a occupé diverses autres fonctions, notamment celles de Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence.

Depuis septembre, M. Supachai Panitchpakdi est le nouveau Directeur général de l'Organisation mondiale du commerce. Ce sera le premier ressortissant d'un pays en développement à diriger l'organisation. Économiste de renom, M. Supachai a occupé plusieurs postes en Thaïlande, notamment ceux de Vice-Premier Ministre et Ministre du commerce. Il a dirigé la délégation de la Thaïlande à la fin du cycle de négociations commerciales d'Uruguay, qui a duré sept ans.

M. Annan a nommé plusieurs représentants spéciaux. M. Ibrahima Fall (à gauche), ancien Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, est le nouveau Représentant spécial pour la région des Grands lacs. M. Berhanu Dinka, ancien Représentant spécial et Conseiller pour les questions humanitaires pour la région des Grands lacs, a été nommé Représentant spécial pour le Burundi. M. Ahmedou Ould-Abdallah, ancien fonctionnaire de l'ONU et précédemment Secrétaire exécutif de la Coalition mondiale pour l'Afrique dont le siège est à Washington, est le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest.




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