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Afrique Relance, Vol.16 #2-3 (septembre 2002), page 35 AFRIQUE EN BREF La pauvreté freine la démocratisation La démocratisation rapide de l'Afrique subsaharienne
depuis 1990 s'est accompagnée d'une aggravation de la
pauvreté, ce qui nuit à la progression de la démocratie
et, dans certains cas, favorise le retour de la dictature et
des conflits internes. Ce constat, qui ressort du Rapport
sur le développement humain 2002 publié par
le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD),
débouche sur une simple conclusion, explique l'Administrateur
du PNUD, Mark Malloch Brown : "Pour promouvoir avec succès
le développement, il faut replacer la lutte contre la
pauvreté dans le contexte de la politique ... Tant que
les gouvernements ne démontreront pas à leurs citoyens
qu'ils prennent des mesures efficaces concernant les questions
de la vie quotidienne... les énormes progrès réalisés
en matière de démocratie risquent d'être
anéantis." A la fin de l'année 1999, 29 pays
d'Afrique subsaharienne, soit 77 % de la population de la région,
avaient mis en place des démocraties multipartites. Elections have spread in Africa, but democracy remains weak. Photo : ©ONU / P. Sudhakaran Toutefois, contrairement à ce qui était prévu, la démocratisation n'a pas eu pour effet de stimuler le développement. Vingt-trois des pays subsahariens pour lesquels on dispose de données suffisantes ne pourront pas atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement acceptés par la communauté internationale, qui consistent à réduire considérablement la pauvreté, l'analphabétisme et les taux de mortalité infantile d'ici à 2015, indique le PNUD. Le problème n'est pas qu'il n'y ait pas de corrélation entre la démocratie et le développement, dit M. Malloch Brown, mais que les institutions démocratiques des pays en développement sont trop faibles. "Dans trop de pays, les gouvernements font comme si la démocratie s'arrêtait le soir même des élections. Ce qu'il faut maintenant, c'est une deuxième vague de démocratisation ... qui renforce la démocratie.'' Les services publics ne sont pas menacés, d'après l'OMC Le Directeur général sortant de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Mike Moore, a déclaré aux pays en développement que les services publics ne seraient pas menacés de privatisation lors des négociations en cours visant à libéraliser le commerce des services. Les pays développés "peuvent et vont demander la lune", dit M. Moore, qui a cessé ses fonctions à la fin d'août. "Cela ne veut pas dire qu'ils obtiendront gain de cause. On ne peut obliger les gouvernements à ouvrir leur secteur public." Les pays en développement craignent que les sociétés multinationales ne s'attaquent à des services publics essentiels comme l'éducation, la santé et la distribution d'eau (voir Afrique Relance, avril 2002). En juillet, les membres de l'OMC qui négocient l'Accord général sur le commerce des services (AGCS) ont commencé à demander un accès aux marchés. M. Moore a souligné que ces demandes ne constituaient pas des accords ayant force obligatoire. L'AGCS exempte déjà de toute libéralisation les services publics qui ne sont pas fournis à des fins commerciales. Mais la portée de cette exemption prête à confusion. Les détracteurs estiment que les pays développés pourraient faire pression sur les pays plus faibles pour les amener à libéraliser ces services. L'Ambassadeur du Chili auprès de l'OMC, M. Alejandro Jara, a noté que chaque gouvernement participant aux négociations a le droit irrévocable de déterminer les services qu'il souhaite libéraliser et à quelles conditions. Congo : Un nouvel espoir de paix ? Les récentes initiatives diplomatiques africaines ont quelque peu ranimé l'espoir de voir peut-être se terminer le conflit dévastateur que connaît la République démocratique du Congo (RDC) depuis quatre ans. Le 30 juillet, le Président rwandais, Paul Kagame, et le Président de la RDC, Joseph Kabila, ont paraphé un accord parrainé par l'Afrique su Sud aux termes duquel la RDC doit désarmer des milliers de miliciens Hutus rwandais qui opèrent dans l'est du Congo depuis leur participation au génocide qui a coûté la vie à plus d'un million de personnes au Rwanda en 1994. En retour, le Gouvernement rwandais a accepté de retirer ses soldats du territoire de la RDC. Deux semaines plus tard, les représentants de la RDC et de l'Ouganda sont convenus du retrait final des forces ougandaises du nord-ouest du Congo et de la normalisation des relations entre les deux pays. Conclu à l'initiative de l'Angola, l'accord a été signé le 15 août à Luanda. Le retrait des forces ougandaises sera supervisé par les troupes angolaises déployées en RDC à l'invitation du gouvernement de M. Kabila. L'Ouganda, le Rwanda et leurs alliés congolais luttent contre le gouvernement, qui est appuyé par les armées angolaise, zimbabwéenne et namibienne. La Namibie a déjà retiré ses soldats de la RDC tandis que le Ministre zimbabwéen de la défense, Sidney Sekeramayi, a annoncé le 5 août que Harare ferait de même. L'accord du 30 juillet a été favorablement accueilli par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui s'est engagé à en appuyer l'exécution dans le cadre du mandat de la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RDC. Mais nombre d'analystes et d'observateurs ont accueilli ces accords avec scepticisme, arguant que les gouvernements parties au conflit ont déjà conclu et violé par le passé de nombreux accords de paix et qu'ils ne seraient pas en mesure d'imposer un règlement à leurs alliés congolais, même s'ils en ont maintenant la volonté politique. L'OMS préconise le suivi de la médecine traditionnelle L'Organisation mondiale de la santé (OMS) demande aux pays en développement de mieux surveiller et réglementer la médecine traditionnelle. Environ 80 % des Africains ont, dans une certaine mesure, recours à des remèdes et à des praticiens villageois traditionnels car les médicaments modernes ou les soins de santé ordinaires sont souvent inaccessibles ou trop coûteux. Bien que les pays en développement soient fortement tributaires de la médecine traditionnelle -- et que les remèdes à base de plante soient de plus en plus appréciés dans certains pays développés -- ce secteur est très peu ou pas du tout réglementé. La "stratégie de l'OMS pour la médecine traditionnelle", publiée en début d'année, exhorte les pays à adopter une législation et à élaborer des réglementations régissant la médecine traditionnelle, en vue d'accroître la sécurité et l'efficacité des soins fournis. L'OMS a félicité le Nigéria, le Ghana, le Lesotho et d'autres pays africains qui ont mis au point des programmes de formation aux soins de santé à l'intention des accoucheuses traditionnelles. [retour au volume 16 #2-3 sommaire ] [ Accueil ] [ Actualités ] [ Magazine ] [ Index / Recherche ] [ A propos d'Afrique Relance ] [ Accueil - ONU ] [ Nouvelles - ONU ] [ Grand rapports de l'ONU ] [ Liens de l'ONU pour l'Afrique ] Cet article peut être reproduit librement, à condition d'en indiquer l'origine : "Afrique Relance, ONU". Avant d'utiliser toute photo, il faut obtenir la permission du titulaire des droits d'auteur dont le nom est indiqué. Merci de nous envoyer une copie de tout article reproduit. Afrique Relance Site Web : www.africarecovery.org |