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NEPAD, programme de l'Union africaine
Le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique
(NEPAD), programme économique, social et politique destiné
à l'échelle du continent, a été approuvé
au cours du même sommet de l'OUA de Lusaka (Zambie) qui
a mené à la création de l'Union africaine
(voir Afrique Relance, octobre 2001). Ce programme a cependant
suscité certaines interrogations lors du Forum africain
du développement qui s'est tenu à Addis-Abeba du
3 au 8 mars (voir article "L'Union africaine : un rêve
en cours de réalisation"). Shadrack Gutto, professeur
à l'université sud-africaine de Witwatersrand,
a estimé que le NEPAD "avait valeur de promesse"
pour l'Afrique, mais a demandé pourquoi il avait d'abord
été présenté au Groupe des huit pays
industrialisés, avant même que les gouvernements
africains aient la possibilité d'en débattre avec
leur peuple. M. Hassan Sunmonu, Secrétaire général
de l'Organisation de l'unité syndicale africaine, craint
que le NEPAD ne nuise aux efforts d'intégration économique
régionale entrepris dans le cadre de l'Union africaine
(UA).
M. Wiseman Nkuhlu, Conseiller spécial chargé
du NEPAD auprès du Président sud-africain, a répondu
qu'il s'agissait en fait "d'un programme de l'OUA".
Mais puisque l'OUA s'emploie maintenant essentiellement à
construire l'Union africaine, la mise en place du NEPAD a en
grande partie été confiée à 15 chefs
d'Etat africains, qui constituent le Comité de mise en
oeuvre. Le Secrétaire général et le Président
de l'OUA participent tous deux aux délibérations
du Comité. M. Nkuhlu a reconnu que les consultations avec
la société civile "n'en étaient pas
au stade souhaité" et qu'il fallait redoubler d'efforts
afin d'expliquer les objectifs du NEPAD.
A la fin du mois, au cours d'une réunion de deux jours
du Comité de mise en oeuvre organisée à
Abuja (Nigéria), le Président algérien Abdelaziz
Bouteflika a également souligné la nécessité
de "sensibiliser" les Africains au NEPAD, dont le succès
dépendra en grande partie de la participation active de
la population. Et si le NEPAD a été très
favorablement accueilli par les donateurs, le Président
du Nigéria, Olusegun Obasanjo, a déclaré
qu'il fallait veiller à ce que l'aide de ces derniers
ne soit pas assortie de nouvelles conditions, qui empêcheraient
les Africains d'être maîtres de ce programme.
Quelques jours plus tôt, lors de la Conférence
internationale sur le financement du développement organisée
à Monterrey (Mexique) sous les auspices de l'ONU, le Président
Obasanjo avait exprimé un avis similaire. Le NEPAD peut
bénéficier de partenariats avec le Nord, a-t-il
dit, mais "nous devons faire attention à ce que le
NEPAD ne soit pas utilisé à nos dépens comme
un nouvel instrument de conditionnalités".
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