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Afrique Relance, Vol.16#1 (avril 2002), page 32

AFRIQUE HORIZON

LES DIAMANTS DE LA GUERRE
Un "pas décisif" vers une réglementation mondiale

Au cours d'une réunion organisée au Canada du 18 au 20 mars derniers, des représentants des principaux pays importateurs et exportateurs de diamants ont franchi une étape importante dans la réglementation du commerce international de diamants, afin d'endiguer le flux de diamants provenant des pays africains en guerre. Cette réunion d'Ottawa -- à laquelle ont participé des gouvernements, des entreprises et des organisations non gouvernementales (ONG) de plus de 37 pays -- s'inscrit dans le cadre des négociations entamées à Kimberley (Afrique du Sud) en 2000. Ce "processus de Kimberley" vise à imposer des règles de base dans le domaine du commerce de diamants bruts, dont une partie finance les conflits.

M. Abbey Chikane, Président du processus de Kimberley, a qualifié "d'avancée décisive" cette réunion d'Ottawa. Les pays sont maintenant tenus de mettre en place d'ici à la fin de l'année des "mécanismes de contrôle efficaces" visant à empêcher les expéditions de "diamants de la guerre". Il s'agit notamment de certificats d'origine, de conteneurs inviolables, de l'échange d'informations relatives au commerce de diamants bruts et de lois visant à faire appliquer l'accord. Ces mesures sont prises en complément des sanctions que l'ONU impose déjà aux diamants de la guerre et visent à protéger des boycotts de consommateurs les producteurs de diamants respectueux de la loi.

Bien que les ONG aient dans l'ensemble approuvé l'accord d'Ottawa, Mme Susan Isaac de Partnership Africa Canada, une fédération d'ONG, a remarqué que "les groupes de la société civile ne sont pas satisfaits des dispositions de suivi et d'application". Par exemple, a-t-elle expliqué, il n'est possible d'envoyer dans un pays une équipe de surveillance que s'il existe des preuves concrètes du non respect de l'accord. De plus, une telle mission doit bénéficier de l'accord de tous les pays membres, y compris de ceux faisant l'objet de la surveillance. Certains estiment que beaucoup d'activités entreprises dans le cadre du processus de Kimberley relèvent de simples recommandations au lieu d'être obligatoires.

Dans une déclaration commune, des ONG ont affirmé : "Indépendamment des tensions et des débats, les ONG ont de quoi être fières de ce qui a été accompli, avec bien sûr quelques réserves. Il y a deux ans, ce type d'accord aurait été inconcevable."

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CROISSANCE ECONOMIQUE
Des économies africaines stables

Bien que les pays industrialisés tardent à se remettre du ralentissement économique mondial de l'an dernier, le taux de croissance économique de l'Afrique subsaharienne devrait se maintenir à 2,6 % en 2002, d'après la Banque mondiale. Ce chiffre est nettement supérieur à la faible croissance de 0,8 % des pays industrialisés, mais néanmoins inférieur à la moyenne de 3,2 % prévue dans l'ensemble des pays en développement, ainsi qu'au taux de 3,1 % enregistré en Afrique subsaharienne en 2000, d'après le rapport annuel Financement du développement dans le monde, publié par la Banque le 13 mars.

Les exportations de marchandises ne devraient progresser que de 2 % cette année, contre 7,5 % en 2000. Ceci est en partie dû à la chute mondiale du prix des marchandises en 2001, qui a été particulièrement brutale après les attentats terroristes perpétrés aux Etats-Unis le 11 septembre. Si la croissance a été faible dans de nombreux pays, près du tiers des pays de l'Afrique subsaharienne -- y compris l'Angola, l'Ethiopie, Madagascar, le Mozambique, l'Ouganda et le Tchad -- ont enregistré une croissance légèrement plus forte que l'an dernier.

La demande de services touristiques et d'autres exportations de services devrait se maintenir à un faible niveau, en raison des préoccupations sécuritaires et de la morosité de l'économie européenne. D'après les auteurs du rapport, les mauvais résultats économiques s'expliquent également en partie par les troubles civils et les problèmes de gouvernance : "Les perspectives d'évolution à court terme sont particulièrement sombres en Afrique australe, à cause de l'instabilité politique qui règne au Zimbabwe."

Dans ce rapport qui évalue les flux financiers en provenance et en direction des pays en développement, il est également indiqué que le montant total de l'aide publique au développement dans le monde est passé de 39,5 à 37,5 milliards de dollars l'an dernier, avec, d'après les premières estimations, une réduction proportionnelle des flux en direction de l'Afrique subsaharienne.

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AFRIQUE AUSTRALE
Menace de pénuries alimentaires

D'après le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), des millions de personnes risquent de souffrir de la famine en Afrique australe dans les prochains mois si la région ne reçoit pas des quantités d'aide alimentaire beaucoup plus importantes. "Les donateurs ont très faiblement réagi aux appels répétés du PAM", a déclaré fin mars le PAM. "Si nous n'avons pas de quoi nourrir 2,6 millions de personnes actuellement, que se passera-t-il lorsque des millions d'autres auront besoin de notre aide dans les mois à venir ?", a lancé Mme Judith Lewis, Directrice régionale du PAM pour l'Afrique orientale et australe.

Pour lutter contre la faim au Lesotho, au Malawi, au Mozambique, en Zambie et au Zimbabwe, le PAM a besoin de 70 millions de dollars qui permettront d'acheter 146 000 tonnes d'aliments. D'après les premières estimations des récoltes d'avril-mai, la production de maïs serait de nouveau faible cette année, à la suite des mauvaises récoltes de l'an dernier. En raison de pluies irrégulières, de la récession économique et des perturbations de la production agricole liées aux conflits agraires, le Zimbabwe, où la production alimentaire est normalement excédentaire, doit importer plus d'un million de tonnes de maïs. Les excédents de l'Afrique du Sud, pays voisin, ne suffiront pas à satisfaire ces besoins. Le PAM n'a pour l'instant obtenu que 30 % des 60 millions de dollars qu'il a demandés pour le Zimbabwe.

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NOMINATIONS

Le Secrétaire général, Kofi Annan, a nommé M. Tuliameni Kalomoh (Namibie) au poste de Sous-Secrétaire général aux affaires politiques. M. Kalomoh a travaillé au Ministère des affaires étrangères de la Namibie depuis l'indépendance de ce pays en 1990 et occupait les fonctions de Ministre adjoint des affaires étrangères au moment de sa nomination. Il remplace M. Ibrahim Fall, qui quitte le Siège de l'ONU pour diriger le bureau des Nations Unies au Sénégal.

M. Anwarul Karim Chowdhury a été nommé par le Secrétaire général de l'ONU au poste de Haut Représentant des pays les moins avancés, des pays en développement sans littoral et des petits Etats insulaires en développement, nouveau poste au sein du système des Nations Unies. En qualité de Représentant permanent du Bangladesh auprès de l'ONU, M. Chowdhury a précédemment été Président du Conseil de sécurité de l'ONU et a mené les négociations pour les pays les moins avancés (PMA) lors de la conférence des Nations Unies sur les PMA qui s'est tenue à Bruxelles en mai 2001.

M. James Morris, de nationalité américaine, est le nouveau Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM). Il a auparavant dirigé une grande fondation caritative américaine, Lilly Endowment, et a été président-directeur général de la société mère d'Indianapolis Water Company. Il remplace Mme Catherine Bertini, la première dirigeante de nationalité américaine de ce programme dont le siège est à Rome.

Le Directeur général du Fonds monétaire international a récemment nommé au poste de Directeur du Département Afrique du FMI M. Abdoulaye Bio Tchane (Bénin), qui a auparavant été économiste à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest et était, au moment de sa nomination, Ministre des finances du Bénin.



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