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Afrique Relance, Vol.15# 4 (décembre 2001), page "Afrique horizon"

 

AFRIQUE HORIZON

 

SIERRA LEONE
Le Club de Paris annule 72 millions de dollars de dettes

A l'heure où la communauté internationale aide la Sierra Leone à se remettre d'une dizaine d'années de guerre civile, le Club de Paris des pays créanciers bilatéraux a décidé en octobre d'annuler environ 72 millions de dollars de la dette étrangère de ce pays de l'Afrique de l'Ouest, qui avoisinait 888 millions de dollars en 1999. La Sierra Leone est l'un des 41 pays pouvant prétendre à un allègement de la dette dans le cadre de l'initiative de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Son cas n'a toutefois pas encore été examiné officiellement.

Cette décision du Club de Paris devrait accorder un répit financier appréciable à ce pays dans les prochaines années. Selon les analystes du Club de Paris, l'accord réduira de 180 millions à 45 millions de dollars le montant du service de la dette que la Sierra Leone doit rembourser aux institutions officielles de crédit entre le 1er octobre 2001 et le 30 septembre 2004. D'autres tranches de la dette ont été rééchelonnées sur des périodes de remboursement allant jusqu'à 40 ans.

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POLIO
Campagne de vaccination : des progrès vers l'élimination du fléau

Grâce à une campagne d'élimination de la polio menée agressivement à l'échelle du continent, seuls 147 cas de cette maladie ont été recensés en Afrique en 2000, a déclaré Olusegun Babaniyi du Bureau régional pour l'Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à l'occasion d'une réunion des spécialistes de la polio qui s'est tenue en Ethiopie début décembre. Ce total est à comparer aux 2 198 cas signalés en 1995, année qui marque le début des journées d'immunisation en Afrique. L'an dernier, 86 millions d'enfants environ ont été immunisés contre la polio en Afrique orientale et centrale, et en novembre seuls 46 cas de polio avaient été signalés sur le continent.

Ces statistiques risquent, toutefois, de ne pas être définitives. Quelques jours à peine après cette conférence, cinq nouveaux cas présumés de la maladie ont été détectés en Ethiopie. De plus, le nombre de cas signalés tend à minimiser l'ampleur de la maladie, en raison des moyens d'observation limités de la plupart des systèmes de santé africains. Comme la polio se transmet facilement d'un pays à l'autre, il est indispensable de l'éliminer totalement, afin d'éviter que des cas isolés ne donnent naissance à une épidémie qui paralyse des milliers d'enfants par an.

Le Dr Bruce Aylward, coordinateur mondial de l'initiative de l'OMS pour l'éradication de la polio, a déclaré à la réunion que la campagne d'immunisation se heurtait à l'engagement politique insuffisant de certains gouvernements et à un financement inadéquat. Sur le milliard de dollars nécessaire au financement des programmes de vaccination en 2002, les bailleurs de fonds n'ont annoncé que des contributions de 600 millions.

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LUMUMBA
La commission belge reconnaît "une responsabilité morale"

Plus de 40 ans après l'assassinat, en janvier 1961, du premier Président du Congo, Patrice Lumumba, une commission d'enquête parlementaire belge a conclu que d'anciens ministres belges avaient une "responsabilité morale" dans cette affaire. "Nous devons montrer aux Africains notre volonté d'examiner objectivement ce que nous avons fait dans leurs pays, a expliqué Geert Versnick, Président de la commission. Nous leur donnons des leçons sur les droits de l'homme, la bonne gouvernance et la primauté du droit. Et ils nous demandent: 'qu'avez-vous fait ici?' "

Le mystère qui entoure l'assassinat de Lumumba a suscité de nombreuses polémiques en Afrique. L'identité précise des assassins n'a jamais été établie, bien qu'on sache qu'il a été tué par des responsables sécessionnistes de la province indépendantiste de ce qui était alors le Katanga (aujourd'hui le Shaba). De l'avis de nombreux Africains, les services d'espionnage occidentaux ont probablement joué un rôle dans ce meurtre, qui a eu lieu pendant une guerre civile à laquelle participaient diverses forces militaires étrangères et au moment où l'ONU tentait de mener à bien une délicate mission de maintien de la paix.

D'après les conclusions du rapport de la commission, il n'existe aucune preuve écrite ou témoignage direct prouvant que le Gouvernement belge "ait donné l'ordre d'éliminer Lumumba". Toutefois, les auteurs du rapport révèlent que le Roi Baudoin était au courant des projets d'assassinat des adversaires de Lumumba et que des fonctionnaires belges ont assisté au meurtre.

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La Somalie au bord du gouffre

La Somalie connaît une "situation d'urgence que l'on oublie", affirme Randolph Kent, Résident et Coordinateur humanitaire de l'ONU dans ce pays. En 2001, les donateurs ont contribué à peine un cinquième de l'aide d'urgence nécessaire. Les institutions des Nations Unies admettent qu'en dépit de prévisions faisant état d'une aggravation de la situation humanitaire dans ce pays en 2002, leurs demandes globales d'assistance ont été révisées à la baisse -- de 130 millions de dollars à 83,7 millions -- "en raison du climat politique peu propice à une injection considérable de capitaux finançant les activités de transition et de reprise", selon les termes d'un communiqué publié par le bureau de M. Kent.



Photo : ©HCR / E.Dagnino

La tragédie actuelle de la Somalie a été exacerbée par les retombées politiques de la crise afghane. Les autorités américaines ont décrété que les sociétés transférant vers la Somalie des capitaux provenant de Somaliens vivant à l'étranger pouvaient avoir des liens avec les "réseaux terroristes" et ont tenté de mettre fin à leurs activités. Ces envois de fonds, qui pouvaient atteindre de 500 à 700 millions de dollars par an, ont ainsi été réduits de moitié.

Lors d'une réunion d'information organisée au Siège de l'ONU à New York, M. Kent a souligné que ce manque à gagner venait s'ajouter à d'autres conditions défavorables : une grave sécheresse à la suite de laquelle près de 800 000 Somaliens ont désespérément besoin d'aide alimentaire d'urgence, une inflation galopante depuis un an et l'interdiction, décidée par l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe, des importations de bétail somalien, par crainte de contamination par la fièvre de la vallée du Rift. Cette décision a privé la Somalie de 300 à 400 millions de dollars de recettes à l'exportation.

Auparavant, la Somalie se remettait lentement d'une décennie de guerre civile, avec la constitution d'un gouvernement intérimaire chancelant à Mogadishu et des signes indéniables de reprise économique, due essentiellement aux apports financiers des Somaliens de la diaspora. A présent, toutefois, en raison de ces difficultés, "la Somalie risque de s'effondrer complètement sur le plan économique", estime M. Kent. Bien que les fonctionnaires de l'ONU en Somalie n'aient pour l'instant observé aucune véritable manifestation de "radicalisme", un tel phénomène pourrait apparaître en cas d'effondrement des infrastructures du pays.

Tout en invitant les donateurs à répondre favorablement à l'appel de l'ONU en faveur d'une aide d'urgence, M. Kent a proposé l'adoption d'une série de mesures relativement simples et peu onéreuses destinées à renforcer les institutions bancaires du pays, afin d'améliorer la transparence de leurs opérations et leur capacité de surveillance des transferts au comptant. De l'avis de M. Kent, la reprise des transferts de fonds devrait aider de nombreux Somaliens à survivre.



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