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Afrique Relance, Vol.15# 4 (décembre 2001), page "Afqique en bref "

AFRIQUE EN BREF

Accès aux médicaments anti-sida et financement :
des priorités en Afrique

L'accès aux médicaments et l'accroissement des fonds nécessaires à la sensibilisation et à la prévention du VIH/sida ont été les principaux thèmes de la Conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique, qui s'est tenue du 9 au 13 décembre à Ouagadougou (Burkina Faso). Il est indispensable "que les personnes vivant avec le VIH/sida au Sud puissent avoir accès aux médicaments, génériques ou non", a déclaré aux participants le Président du Burkina, Blaise Compaoré.

D'autres orateurs ont demandé que les crédits alloués aux programmes de lutte contre le sida en Afrique soient considérablement augmentés. "On ne peut réduire l'incidence de la maladie qu'en augmentant les ressources", a déclaré M. Stephen Lewis, Envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le VIH/sida en Afrique. Selon le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), il faut 5 milliards de dollars par an pour enrayer la maladie en Afrique subsaharienne; or, à ce jour, les contributions annoncées ne représentent que le dixième de ce montant. D'après le Dr Ibrahim N'doye (Sénégal), Président de l'Union africaine contre les maladies sexuellement transmissibles, la communauté internationale devrait réagir face à la crise du sida en Afrique comme elle a réagi face aux attentats terroristes du 11 septembre à New York.

Selon l'ONUSIDA, quelque 2,3 millions de personnes sont mortes du sida en Afrique l'an dernier, et environ 28 millions d'Africains sont séropositifs. L'ampleur de la crise, a dit Peter Piot, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, exige des mesures d'urgence. "Pour enrayer l'épidémie, il faut que les gouvernements tiennent les engagements qu'ils ont pris pendant l'année écoulée... Il est temps de concrétiser ces engagements."

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Lancement de l'initiative 'Open Society' en Afrique de l'Ouest

Une nouvelle fondation ayant pour vocation de promouvoir la société civile et la démocratie, 'l'Open Society Initiative for West Africa' (OSIWA), a été lancée le 11 décembre à Abuja (Nigéria). Financée par le milliardaire et financier international George Soros, elle fournira des subventions aux organisations qui entendent renforcer les médias et les systèmes judiciaires indépendants dans la région et aux autres initiatives non gouvernementales qui favorisent la démocratie, les droits de l'homme et l'état de droit. La démocratie, a dit M. Soros lors du lancement de l'Initiative, "ce n'est pas seulement des élections libres ; c'est aussi la mise en place des institutions sans lesquelles les démocraties ne peuvent fonctionner".


Les membres du Conseil de OSIWA (de gauche à droite): Ellen Johnson Sirleaf (Présidente), Nii Akuetteh et Zainab Bangura, en compagnie du Président Olusegun Obansajo du Nigéria.

Photo : ©allAfrica.com


Le Président du Nigéria, Olusegun Obansajo, qui avait exhorté M. Soros à étendre ses activités philanthropiques à l'Afrique de l'Ouest, s'est félicité de la création de l'OSIWA. Il a émis l'espoir que la fondation, outre ses autres priorités, contribuerait à faire de la "transparence l'antidote à la corruption généralisée".

Le Conseil d'administration de l'organisation, présidé par Ellen Johnson Sirleaf, ancien chef du Bureau régional pour l'Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement, est composé d'éminentes personnalités de la région. Les activités de l'organisation porteront sur 18 pays : tous les Etats membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest plus le Cameroun et le Tchad. Outre son bureau d'Abuja, OSIWA ouvrira un bureau à Dakar. Il y a six ans, M. Soros a lancé un groupe identique, l'Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA), qui dispose d'un bureau en Afrique du Sud.

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Le respect des droits de l'homme est
indispensable au progrès de l'Afrique

L'Afrique peut beaucoup mieux faire face à la pauvreté et assurer son développement en mettant résolument l'accent sur les droits de l'homme, déclare le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Mary Robinson. A l'occasion de la Journée internationale des droits de l'homme, célébrée le 10 décembre 2001 à Addis-Abeba (Ethiopie) -- la première fois que l'ONU célèbre officiellement cette journée en Afrique en 52 ans d'existence -- elle a indiqué qu'une telle démarche garantirait la participation populaire, la non discrimination et tout un éventail de droits civils, politiques, culturels, économiques et sociaux. Ces droits sont indissociables du droit au développement, a-t-elle ajouté.

La lutte menée par le continent pour l'autodétermination et l'égalité raciale, en particulier la campagne contre l'apartheid, a contribué à l'élaboration de nombreux instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme, a noté Mme Robinson. "C'est une dette que le monde doit à l'Afrique, mais qui souvent n'est pas reconnue", a-t-elle ajouté. Les récentes initiatives pour le redressement politique et économique en Afrique, au titre de l'Union africaine et du nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique, offrent à la communauté internationale des possibilités "de commencer à rembourser cette dette... Nous devons établir des partenariats véritables avec les populations et les institutions africaines... afin de changer véritablement les conditions matérielles des populations et de jeter les bases de structures démocratiques solides ou de les renforcer".

La pauvreté extrême, a observé Mme Robinson, constitue le plus grave problème de droits de l'homme dans le monde aujourd'hui, et l'Afrique est la plus touchée. "Ensemble -- mes services du Haut Commissariat, les autres organismes des Nations Unies, l'Organisation de l'unité africaine (OUA), les gouvernements et les organisations de la société civile -- engageons-nous à faire des droits de l'homme et des peuples une réalité dans la vie des populations africaines."

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Mise en place d'un gouvernement de transition au Burundi

Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, s'est félicité de la mise en place au Burundi, le 1er novembre, d'un gouvernement de transition pluraliste, qu'il a qualifiée "d'étape décisive" dans les efforts visant à mettre fin à la guerre civile sanglante que connaît le pays. Cependant, de violents combats se sont poursuivis non loin de Bujumbura, la capitale, entre l'armée dominée par les Tutsi et des rebelles de la majorité hutue. Cette effusion de sang rappelle que les deux principaux mouvements rebelles burundais ne sont pas parties à l'accord de paix, ce qui a amené le Conseil de sécurité de l'ONU à déclarer que la signature d'un cessez-le-feu est la "première priorité" du nouveau gouvernement. On estime que, depuis le début de la guerre en 1993, 200 000 personnes ont trouvé la mort et 800 000 autres ont été contraintes de quitter leur foyer.

D'après l'accord, conclu à la suite de négociations entamées par le Président tanzanien Julius Nyerere, disparu depuis, et menées à terme par l'ancien Président sud-africain Nelson Mandela, le gouvernement de transition exercera le pouvoir pendant trois ans. L'actuel chef d'Etat, le Major Buyoya, militaire Tutsi, exercera les fonctions de président pendant les 18 premiers mois avant d'être remplacé par son Vice-Président, M. Domitien Ndayizeye, un Hutu, pendant la seconde moitié de la transition. Le gouvernement intérimaire est chargé d'intégrer l'armée et la fonction publique et de préparer les élections générales.

La sécurité des membres du nouveau gouvernement sera initialement assurée par un bataillon sud-africain qui fait partie d'une force panafricaine de maintien de la paix à laquelle participeront à terme le Ghana, le Nigéria et le Sénégal. Toutefois, faute d'un cessez-le feu, le Conseil de sécurité n'a pas autorisé de présence militaire de l'ONU. Le 7 décembre, les donateurs réunis à Paris ont annoncé des contributions d'un montant de 830 millions de dollars au titre de l'aide à la reconstruction et au développement de ce pays ravagé par la guerre.

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Le commerce électronique, un outil au service du développement

D'après les chercheurs de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), les pays pauvres peuvent exploiter les possibilités qu'offre le développement rapide des entreprises sur Internet. Le commerce électronique, comme on l'appelle communément, peut être "un important outil de développement", selon le Rapport sur le commerce électronique et le développement 2001, publié par la CNUCED en novembre 2001. Les technologies de l'information et de la communication permettent aux entreprises de réduire les coûts, d'accroître la rentabilité et de réduire les contraintes horaires et géographiques, ce qui accroît la productivité. Notant que, dans les pays industrialisés, le commerce électronique a permis de stimuler la croissance, le rapport fait valoir les avantages que les pays en développement pourraient en retirer.

Parmi les entreprises africaines de commerce électronique citées figure EthioGift, domiciliée à Addis-Abeba (Ethiopie). Cette entreprise a gagné 50 000 dollars en 2000 en vendant des produits divers et variés, notamment de "très gros moutons" pour les fêtes familiales, souvent achetés par des Ethiopiens qui résident dans les pays développés mais qui soutiennent financièrement leur famille au pays. Pour réussir, fait observer la CNUCED, il faut vendre à une communauté de la diaspora ou trouver un "créneau" à l'étranger. Autres exemples : une société ougandaise qui vend des étoffes traditionnelles africaines à des Afro-Américains et une entreprise tanzanienne qui vend des objets d'art africains à la même clientèle. Les projets de commerce électronique peuvent aussi permettre d'obtenir l'avis de médecins des pays du Nord sur des soins de santé et de promouvoir le tourisme via Internet ("cybertourisme"), indiquent les auteurs du rapport.

Toutefois, le commerce électronique se heurte à certaines difficultés, notamment à l'insuffisance d'accès aux ordinateurs, de personnel qualifié et de centres Internet ainsi qu'aux capacités limitées de traitement des cartes de crédit. Les pays en développement doivent accélérer leur développement technologique afin d'exploiter pleinement les possibilités offertes par le commerce électronique, de façon à réduire l'écart entre le Nord et le Sud en matière de productivité. Faute de quoi, prévient la CNUCED, le commerce électronique ne fera que creuser davantage cet écart.

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Le Nigéria tente d'apaiser les tensions dans le delta riche en pétrole

Le 10 décembre, le Gouvernement nigérian et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont ouvert une conférence de trois jours sur le développement durable dans la région du delta du Niger, riche en pétrole. Depuis 1970, plus de 320 milliards de dollars de pétrole brut ont été exportés de la région, ce qui correspond à 90 % des recettes en devises du pays et fait du Nigéria l'un des principaux producteurs de pétrole dans le monde. Cependant, les 7 millions d'habitants du delta comptent parmi les plus pauvres du Nigéria. Face à cette situation qui leur paraît injuste, des protestataires ont souvent perturbé la production de pétrole, menaçant la survie économique du pays et provoquant des affrontements violents au sein des communautés locales et entre les militants et les autorités.

La réunion a permis aux dirigeants des communautés et aux membres de la Niger Delta Development Commission (NDDC) nouvellement créée par le gouvernement de se concerter sur un programme qui vise, à l'échelle du delta, à créer des emplois, à mettre en place des infrastructures et à apaiser les frustrations à l'origine des troubles sociaux. "Les agriculteurs et les pêcheurs de cette région aux vastes richesses agricoles ont souvent perdu leurs moyens de subsistance du fait de la pollution excessive de leurs fleuves et de leurs terres agricoles", a déclaré aux participants le Président nigérian Olusegun Obasanjo. "Je m'engage à chercher immédiatement des solutions aux nombreux problèmes auxquels cette région s'est heurtée pendant si longtemps." La NDDC, composée des gouverneurs des Etats producteurs de pétrole, a annoncé qu'elle consacrerait, sur une période de 10 ans, 3 milliards de dollars à des projets de développement, en consultation avec les élus locaux et les groupes de la société civile.


Des tuyaux d'écoulement de pétrole devant une maison de la région du delta du Niger, au Nigéria.

Photo: ©Michael Fleshman


Les propositions de la NDDC ne donnent toutefois pas satisfaction aux communautés, qui souhaitent exercer plus de contrôle sur les ressources. Le dernier jour de la réunion, des membres de l'organisation militante Bayelsa Youths Federation ont investi en signe de protestation le bureau de la NDDC à Yenagoa, la capitale de l'Etat de Bayelsa. La police a mis fin à une manifestation semblable organisée une semaine plus tôt par le National Youth Council of the Ogoni People, dont les membres avaient obligé en 1993 la société pétrolière Shell à se retirer de la région du delta habitée par les Ogoni.

Rappelant les problèmes écologiques qui ont suscité la colère des populations locales, le Département des ressources pétrolières du Gouvernement a indiqué qu'au cours de la seule semaine du 26 novembre au 2 décembre, 18 fuites de pétrole ont été recensées dans le delta. Plus de 2 500 barils de pétrole brut se sont ainsi écoulés.

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Une banque africaine apporte son concours aux universités

Les universités africaines, qui ont un besoin urgent de fonds, pourront bientôt bénéficier d'une autre source de financement. La Banque africaine de développement (BAD), institution continentale ayant son siège à Abidjan (Côte d'Ivoire), met au point un nouveau fonds d'un montant d'environ 70 millions de dollars en vue d'aider les établissements d'enseignement supérieur. Selon Moustapha Sourang, Ministre sénégalais de l'éducation nationale, la Banque reconnaît ainsi l'importance des connaissances et des compétences spécialisées pour le développement à long terme du continent. En outre, la BAD estime que les universités africaines devraient aussi bénéficier du financement d'institutions régionales africaines et pas seulement des gouvernements ou des donateurs extérieurs.

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