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Afrique Relance, Vol.15# 3 (octobre 2001), page 32
Un nouvel organisme africain d'assurance des investissements Le 20 août, un consortium de sept pays africains a lancé l'Agence pour l'assurance du commerce en Afrique (ACA), qui proposera des assurances contre les risques politiques et d'autres services financiers visant à promouvoir le commerce et les investissements au sein du marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA). Ce nouvel organisme dont le siège se trouve à Nairobi (Kenya) bénéficie du soutien des pays suivants : Burundi, Kenya, Malawi, Rwanda, Tanzanie, Ouganda et Zambie. Sa mission est de proposer à des tarifs abordables aux entreprises africaines et étrangères des assurances contre divers risques : expropriation, embargos, impossibilité de convertir ou de transférer des devises, perte ou destruction de biens et de locaux à la suite de guerres ou de troubles civils, taxes discriminatoires à l'importation et l'exportation, etc. Disposant de 105 millions de dollars de capitaux de départ provenant de la Banque mondiale et de 100 000 dollars provenant de chacun des sept pays fondateurs, l'ACA compte émettre ses premières polices d'assurance d'ici la fin de l'année et atteindre l'autonomie financière d'ici deux ans. D'autres pays africains souhaiteraient se joindre à l'ACA, qui prévoit d'assurer de nouveaux échanges commerciaux et investissements d'une valeur de 5 milliards de dollars d'ici à 2010. OMS : la pauvreté et les conflits aggravent les troubles mentaux D'après le Rapport sur la santé mondiale de 2001, les maladies mentales ne proviennent pas seulement de facteurs biologiques et psychologiques mais également de facteurs d'ordre social. En Afrique, les troubles mentaux causés par la guerre, les conflits, les catastrophes naturelles, le sida, la pauvreté, l'oppression des femmes et le racisme sont plus répandus qu'ailleurs, selon ce rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en octobre. Bien que ce problème soit important en Afrique, le continent a peu de personnel ou d'établissements qui puissent traiter les personnes atteintes de maladies mentales. En Afrique (Algérie, Tunisie et Afrique du Sud non comprises), on compte entre zéro et un psychiatre pour 100 000 personnes, contre plus de dix en Amérique du Nord. D'après le rapport, le stress, l'anxiété, la dépression, le manque d'estime de soi et le suicide peuvent être des effets secondaires de la pauvreté. Les pauvres disent souvent que le fait de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de leur famille est une source chronique de stress. Par conséquent, écrivent les auteurs du rapport, "les personnes atteintes de troubles mentaux, en particulier dans les pays en développement, sont souvent plus pauvres que la moyenne". La relation entre pauvreté et maladie mentale est complexe. D'après le rapport, pauvreté et troubles mentaux forment un cercle vicieux. Le dénuement économique, le manque d'instruction et le chômage favorisent l'apparition de troubles mentaux et comportementaux, qui entraînent à leur tour une hausse des dépenses de santé, des pertes d'emploi ou une baisse de la productivité. Il est difficile de briser ce cercle vicieux, reconnaissent les auteurs du rapport. Les pays à faible revenu n'ont ni la possibilité d'éliminer la pauvreté ni les moyens de fournir les soins nécessaires aux personnes atteintes de troubles mentaux. Les auteurs préconisent donc d'adopter une approche créative qui consiste à "former l'ensemble du personnel, fournir à tous les établissements les médicaments de base et faire sortir les malades mentaux des prisons". En Ouganda, par exemple, les soins de santé mentale font partie des soins de santé primaire depuis 1996. Ces mesures n'exigent pas beaucoup de ressources, mais avant tout un changement d'approche. Et, surtout, il est important de dissiper les préjugés entourant les troubles mentaux -- tout comme les tabous relatifs au sida commencent à disparaître -- afin de pouvoir débattre publiquement d'éventuelles solutions au problème. FAO : la lutte contre la faim en Afrique a peu progressé Des chercheurs de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont indiqué qu'un tiers des Africains sont atteints de malnutrition et que ce pourcentage n'a guère changé au cours des 20 dernières années. D'après la Situation mondiale de l'insécurité alimentaire, 2000 de la FAO, un peu moins de 186 millions d'Africains étaient atteints de malnutrition en 1998 (voir graphique), soit 34 % de la population totale, contre 38 % en 1979. La Somalie est considérée comme le pays le plus gravement touché, 75 % de ses habitants souffrant de malnutrition chronique en 1998. Vient ensuite l'Afghanistan, avec 70 %, suivi du Burundi, de l'Erythrée et d'Haïti. Sur les 24 pays ayant des taux de malnutrition supérieurs à 35 %, 19 se trouvent en Afrique. Les chercheurs ont également constaté que la malnutrition grave était beaucoup plus répandue en Afrique que dans les autres régions : le déficit alimentaire moyen dépasse 300 kilocalories par jour parmi les personnes atteintes de malnutrition dans 46 % des pays africains, contre 16 % des pays d'Asie et du Pacifique. Trois des cinq pays ayant un déficit alimentaire moyen de plus de 400 kilocalories par jour sont des pays africains, la Somalie étant également -- avec un déficit de 490 kilocalories par jour -- le pays le plus durement touché.
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