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Afrique Relance, Vol.15# 1-2 (juin 2001), page 16

La prévention du sida à l'armée

L'ONU fait participer les casques bleus à la guerre contre le sida

Par Michael Fleshman

Il est désormais généralement admis que la pandémie du VIH/sida constitue, comme l'affirme le Secrétaire général Kofi Annan dans son rapport destiné à la session extraordinaire de l'Assemblée générale sur le sida, "le plus formidable défi au développement de notre époque". Les responsables politiques de la planète préconisent de plus en plus de partir en "guerre" contre la maladie meurtrière, en faisant valoir que le sida a fait plus de victimes en Afrique que tous les récents conflits du continent réunis.


Les armées africaines et les casques bleus s'efforcent d'enrayer la progression du sida dans leurs rangs.

Photo : ©AIM / Santos Finiosse


Mais il y a de bonnes raisons de croire que la guerre elle-même contribue à la propagation rapide du virus sur le continent. D'après le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), les conflits entraînent des bouleversements économiques et sociaux : déplacement forcé des populations, pertes des moyens de subsistance, séparation des familles, effondrement des services de santé et d'éducation, et augmentation considérable du nombre de viols et de la prostitution. Tous ces éléments favorisent la propagation rapide du VIH et d'autres maladies infectieuses. Qu'il s'agisse de personnel combattant ou de casques bleus, les militaires risquent également de contracter ou de transmettre le virus.

Le 10 janvier 2000, le Conseil de sécurité de l'ONU a attiré l'attention de la communauté internationale sur la corrélation qui existe entre la guerre et la pandémie, à l'occasion d'un débat sans précédent sur le danger que représente le sida pour l'Afrique. Après avoir pour la première fois consacré l'une de ses sessions à une question de santé, le Conseil a adopté en juillet la résolution 1308, dans laquelle il a déclaré que le VIH/sida "risque de nuire à la stabilité et à la sécurité", et prié le Secrétaire général de prendre les mesures nécessaires pour renforcer les programmes d'information et de prévention du VIH/sida destinés au personnel des opérations de maintien de la paix, avec le concours du Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU. A la quatrième réunion du Conseil consacrée à la question du VIH/sida en janvier dernier, le responsable de l'ONUSIDA, le Dr Peter Piot, a salué en ces termes cette initiative : "Le simple fait que le Conseil de sécurité considère le sida comme un problème majeur constitue une prise de position très importante."

Impact incertain

Il reste à déterminer dans quelle mesure les conflits contribuent à la propagation du VIH. Les conditions qui favorisent les risques de contamination en zones de guerre compliquent également la compilation d'informations fiables sur les taux de séropositivité et l'analyse des modes de transmission de la maladie. Toutefois, les rares données disponibles sont préoccupantes. C'est ainsi qu'une étude menée par l'organisation non-gouvernementale Civil-Military Alliance to Combat HIV/AIDS, auprès d'un contingent nigérian de retour d'une mission de maintien de la paix en Afrique de l'Ouest, a révélé des taux de séropositivité plus de deux fois supérieurs à ceux de l'ensemble de la population. L'étude constate par ailleurs que les risques d'infection d'un soldat sont multipliés par deux pour chaque année passée en zone de guerre, ce qui semble indiquer un lien direct entre participation au combat et transmission du virus. (Voir graphique)

Selon le Chef du service médical du Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU, le Dr Christen Halle, le problème tient en partie au fait que les conflits tendent à rapprocher deux groupes à haut risque -- les professionnelles du sexe et les hommes de 15 à 24 ans : "Parmi les réfugiés et les personnes déplacées, il est courant d'observer une augmentation du nombre de prostituées, car les femmes de ces groupes pensent qu'elle n'ont pas d'autre moyen de faire vivre leurs familles."

L'armée contribue elle aussi à créer une dynamique tout aussi dangereuse parmi les soldats. "La culture militaire tend à accentuer certains comportements masculins", fait valoir le Dr Halle, dans la mesure où elle soustrait des milliers de jeunes gens en plein âge d'activité sexuelle aux règles de conduite qui leur étaient imposées par leurs familles et la société, leur inculque le goût du risque et un sentiment d'invincibilité, et idéalise l'aggressivité et l'inflexibilité. Cette mentalité se retrouve dans le comportement sexuel des soldats et les mène souvent à aller voir des prostituées.

Une étude effectuée auprès d'un contingent hollandais de retour d'une mission de maintien de la paix de cinq mois au Cambodge indiquait que 45 % des soldats avaient eu des rapports sexuels avec des prostituées ou autres membres de la population locale pendant leur mission. Il serait donc surprenant, indique le Dr Halle, que les 18 conflits violents qui se déroulent actuellement en Afrique et ont entraîné le déploiement de dizaines de milliers de soldats et le déplacement de quelque huit millions de réfugiés ne contribuent pas en grande partie à la propagation du VIH : "Il y a tout un contexte (dans les zones de combat) qui facilite la propagation des maladies infectieuses, y compris des maladies sexuellement transmissibles."

Taux de séropositivité élevés

Le comportement du personnel militaire hollandais au Cambodge ne fait que confirmer sur le plan statistique l'une des vérités de la vie militaire, à savoir que, depuis qu'il y a des guerres, les soldats ont toujours trouvé le moyen d'avoir des rapports sexuels et, inévitablement, de transmettre des maladies par voie sexuelle. Jusqu'à récemment, ces maladies étaient considérées comme un moindre mal de la vie de soldat -- souvent traitées avec un clin d'oeil complice des supérieurs et une forte dose d'antibiotiques. Mais puisque des données indiquent que les taux de séropositivité augmentent fortement chez les militaires et les policiers africains, les gouvernements du continent, l'ONU et la communauté internationale sont amenés à prêter une plus grande attention à la question, et à élaborer de nouveaux programmes d'information et de prévention.

Même en temps de paix, estime l'ONUSIDA, les taux de séropositivité sont de deux à cinq fois plus élevés chez les soldats que dans l'ensemble de la population. Pendant les missions dans des zones de combat, les taux de séropositivité chez les militaires peuvent être jusqu'à 50 fois supérieurs à ceux de la population civile de leurs pays. Lorsque, en 1993, la Civil-Military Alliance to Combat HIV/AIDS a commencé à élaborer des programmes d'information et de prévention du VIH avec le concours des chefs des armées africaines, les militaires refusaient tout simplement de reconnaître l'existence de la maladie. "Pendant des années, on nous a répété que le sida ne concernait que les homosexuels et les drogués du monde occidental, se souvient le Dr Rodger Yeager, administrateur associé de cette ONG. Ce n'est que lorsque le sida a commencé à affaiblir la capacité d'une armée à déployer des forces bien entraînées et dotées du personnel et du matériel nécessaires que l'Etat-major en question a changé de tactique et s'est demandé ce qu'il fallait faire..."

Pour les soldats et policiers déjà séropositifs, la réponse est qu'il n'y a pas grand-chose à faire. Les armées d'Afrique, comme les Etats qu'elles défendent, n'ont pas les moyens de fournir aux malades les médicaments salvateurs. Selon le Dr Yeager, la quasi-totalité des armées africaines ont adopté en théorie les meilleures politiques de dépistage volontaire et de suivi psychologique, mais peu en réalité sont capables d'offrir ce type de services. Rien ne prouve non plus que les soldats se soumettront volontairement aux tests de dépistage, compte tenu de l'opprobre qui entoure le sida dans de nombreux pays et du risque de mise à pied en cas de séropositivité.

Les responsables militaires africains et la communauté internationale ont plutôt axé leurs efforts sur la prévention de la maladie, en élaborant des méthodes d'information et de prévention du sida qui sont ensuite incorporées dans les programmes nationaux de formation militaire. En Ouganda, le Président Yoweri Museveni, a déclaré, lors du Forum pour le développement de l'Afrique de décembre (voir Afrique Relance de janvier 2001), que l'armée de son pays a mis en place de strictes mesures de non-discrimination à l'égard des soldats séropositifs. L'ancien chef de guérilla, à qui l'on attribue généralement le succès qu'a obtenu l'Ouganda en réduisant de moitié le nombre de nouveaux cas de séropositivité, a souligné que le personnel militaire séropositif était autorisé à rester dans l'armée aux postes demandant le moins d'efforts physiques, aussi longtemps que leur santé le leur permettait.

Certains pays africains ont déjà commencé à consacrer une partie de leurs maigres ressources aux programmes d'éducation anti-sida destinés au personnel militaire. En février, les Ministres de la défense et de la santé du Burkina Faso ont rencontré les principaux chefs militaires burkinabé pour convenir d'un plan d'action anti-sida dans l'armée, l'un des volets du programme national de lutte contre la pandémie. Ce plan, élaboré d'après une série d'études confidentielles portant sur l'épidémie dans l'armée, recommande entre autres :

-- que l'on réduise de 5 % par an le nombre de nouveaux cas de séropositivité VIH chez les soldats par le biais de programmes d'information et de prévention ;

-- que l'on vérifie que les nouvelles recrues sont séronégatives ;

-- que l'on offre le dépistage volontaire, anonyme et confidentiel au personnel militaire ;

-- que l'on propose des services de conseils et que l'on fournisse des médicaments génériques aux soldats malades ;

-- que l'on apporte une aide sociale et économique aux familles des soldats malades ou morts du sida.

Le coût total du plan pour 2001 est estimé à 178 millions de francs CFA (soit 250 000 dollars). Son financement devrait être assuré par le Programme des Nations Unies pour le développement, la Banque mondiale, une douzaine de donateurs bilatéraux et plusieurs associations nationales de lutte anti-sida. Le colonel Ali Traoré, Commandant en chef de l'armée burkinabé, s'est engagé à intégrer la lutte contre le sida au plan annuel de défense.

Dans d'autres pays d'Afrique, l'armée commence également à bénéficier d'une aide bilatérale. En octobre, par exemple, le Département américain de la défense a lancé un projet de 10 millions de dollars, Leadership and Investment in Fighting Epidemics (LIFE), qui vise à appuyer les campagnes de prévention du sida de ses partenaires militaires africains. Selon le Directeur stratégique du projet, David Hamon, les Etats-Unis s'efforcent essentiellement de "former des formateurs" en matière de prévention, de fournir une assistance technique à l'élaboration de stratégies de formation et de financer la recherche sur la prévalence et la transmission de la maladie dans l'armée.

Les casques bleus propagent-ils le virus?

Les politiques et attitudes des Etats membres vis-à-vis du sida, en particulier des Etats qui fournissent les plus gros contingents à l'ONU, jouent un rôle déterminant dans la lutte que l'Organisation mène contre la maladie parmi les forces de maintien de la paix. Ce sont les Etats qui entraînent et équipent les soldats mis à la disposition de l'ONU, et le Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU ne peut qu'émettre des avis sur les programmes anti-sida de ces Etats, sans imposer sa volonté. Le problème a pris de l'importance, à mesure que certains se sont demandé si l'ONU elle-même ne contribuait pas involontairement à la propagation du virus dans le monde. "J'ai le regret de dire que le sida est propagé, entre autres, par le personnel des opérations de paix", a affirmé l'ancien Ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, Richard Holbrooke, devant le Conseil de sécurité en janvier 2000.

Alors que les chercheurs ont tendance à confirmer ces propos, le manque de données empêche d'évaluer avec précision l'ampleur du problème. Seuls quelques cas ont été officiellement recensés à ce jour, et le moyen le plus fiable d'évaluer les risques de transmission -- le dépistage volontaire des troupes avant et après le déploiement sur le terrain -- n'est préconisé que par quelques pays.

Les préoccupations exprimées à ce sujet sont justifiées. "Nous déplaçons de très nombreux jeunes gens par-delà les frontières et les continents, dit le Dr Halle. Des soldats originaires de pays peu touchés par le virus sont déployés dans des zones à haut risque et vice-versa. C'est à nous d'assurer que l'ONU n'introduit pas le virus du sida dans l'environnement local. Un pays contributeur de troupes ne devrait pas non plus risquer de rapporter le virus chez lui en fin de mission."

L'objection principale au dépistage obligatoire du personnel de maintien de la paix relève du respect des droits de l'homme. "On ne peut pas forcer quelqu'un à subir un test qui risque de l'empêcher d'exercer le métier qu'il a choisi, dit le Dr Halle. Tant que les Etats contributeurs de troupes ne s'engageront pas à renoncer aux pratiques discriminatoires à l'encontre des soldats séropositifs, il sera difficile de changer de politique."

La position actuelle du Département des opérations de maintien de la paix, définie par l'Assemblée générale, consiste à encourager fortement les Etats membres à offrir des services de conseils et de dépistage volontaire et confidentiel à leur personnel militaire, et à renforcer l'information et la prévention au sein de leurs programmes nationaux de formation militaire.

L'un des principaux obstacles au dépistage volontaire reste le coût des tests. "Les Africains sont les premiers à réclamer le dépistage volontaire, mais en même temps ils en dénoncent le coût élevé, constate le Dr Halle. La volonté y est, les programmes sont en place. Ce qui manque, c'est l'argent." Il semblerait que les pays industrialisés soient disposés à financer des tests de dépistage organisés par l'ONU, mais, même dans cette hypothèse, il reste de graves problèmes à régler en matière de droits de l'homme et d'ethique. "D'une certaine façon, il vaut mieux que les résultats des tests de dépistage nous soient communiqués à nous plutôt qu'aux autorités du pays d'origine du soldat, constate le Dr Halle. De cette façon, on peut s'assurer qu'il n'y aura pas de discrimination... La question de la confidentialité est un enjeu important dans ces cas." Comme pour la plupart des questions relatives au dépistage du VIH, il n'y a pas d'accord entre les Etats membres sur le dépistage des soldats de la paix par l'ONU. Au cours de discussions préliminaires, certains pays ont insisté pour que les résultats positifs du dépistage de leurs ressortissants soient communiqués aux autorités nationales.

L'accent sur la prévention

Alors que le débat sur le dépistage se poursuit, l'ONU est en train de développer considérablement ses programmes d'information et de prévention destinés au personnel civil et militaire des missions de paix. A la veille de la réunion du Conseil de sécurité du 19 janvier dernier, l'ONUSIDA et le Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU ont paraphé un accord de coopération qui entérine leur volonté commune de "donner au personnel de maintien de la paix les moyens d'être les portes-paroles et les artisans de la sensibilisation et de la prévention du VIH". La brochure d'une cinquantaine de pages du Département des opérations de maintien de la paix sur le VIH/sida sera simplifiée pour être distribuée sous forme de dépliant de poche à chaque soldat. Le dépliant sera imprimé dans les langues officielles de l'Organisation, ainsi que dans les langues des principaux pays contributeurs de troupes ; il sera en outre adapté aux normes et sensibilités culturelles des lecteurs.

Conformément aux recommandations d'une réunion d'experts de l'ONUSIDA consacrée au VIH et au maintien de la paix, qui s'est tenue à Stockholm en décembre dernier (voir encadré), des centres régionaux seront constitués, dont deux en Afrique, afin d'intensifier la coopération internationale dans ce domaine. En sa qualité de Directeur médical du Département des opérations de maintien de la paix, le Dr Halle a été chargé de coordonner toutes les activités menées par le Département contre la maladie. Les missions de l'ONU compteront désormais dans leurs rangs des responsables chargés de veiller à l'intégration des programmes de sensibilisation et de prévention à tous les niveaux des activités de maintien et de consolidation de la paix, à la diffusion de ces programmes auprès du personnel des missions et des agents humanitaires et à l'intensification de la coopération avec les organismes locaux et les associations de la société civile internationale. Entretemps, les préservatifs sont désormais distribués à plus grande échelle, non seulement dans les tentes médicales, mais dans tous les points de rassemblement des troupes -- toilettes, réfectoires, bars et centres de loisirs. Cette nouvelle stratégie a été mise à l'essai en mars en Sierra Leone.

Changer les mentalités

Pour le Dr Halle, si l'on veut réduire les taux de séropositivité parmi le personnel militaire de l'ONU, le plus difficile n'est pas d'élaborer du matériel de formation, mais de faire évoluer certaines mentalités, qui se traduisent par des comportements risqués et intolérables, en particulier vis-à-vis des femmes et des enfants. C'est pourquoi l'initiative du Département de maintien de la paix en matière de VIH/sida est autant dictée par la résolution 1325 du Conseil de sécurité, qui souligne les droits des femmes et des enfants en cas de conflit, que par la résolution 1308 portant sur le VIH et les conflits. Le viol et la prostitution sont souvent considérés comme des conséquences inévitables des guerres, "mais, dit le Dr Halle, ces actes ne devraient pas être tolérés, pas plus en temps de guerre qu'en temps de paix".

En faisant évoluer les mentalités, le Département espère modifier le comportement des soldats de la paix dans les zones de mission, et aussi "en faire les porte-parole et les artisans de la lutte contre le VIH dans leurs pays respectifs. Nous nous efforçons de former des casques bleus responsables -- par la manière dont ils manient les armes et remplissent leur mission, mais aussi par la qualité des rapports qu'ils établissent avec la population sur le terrain et dans leurs pays".

A cette fin, l'ONU peut surtout compter sur le soutien des chefs religieux qui accompagnent les soldats sur le terrain. Car, au-delà de toutes les différences d'ordre culturel ou politique, certains principes élémentaires sont reconnus par tout le monde. "Je ne m'attends pas à ce qu'un imam musulman encourage l'utilisation du préservatif, pas plus qu'un père catholique. Ce que je suis en droit d'espérer en revanche, et cela ils le respectent, c'est de parler de la manière de traiter les personnes qui nous entourent, surtout les plus vulnérables, les femmes et les enfants. Si on fait cela dans le cadre de la Déclaration universelle des droits de l'homme, dans le cadre d'une morale mondiale, alors on aura fait quelque chose pour enrayer l'épidémie", conclut le Dr Halle.

"Porte-parole et artisans" de la lutte contre le sida

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida a réuni du 11 au 13 décembre dernier à Stockholm un groupe d'experts chargés d'examiner les directives actuelles du Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU en matière de lutte contre le sida et de recommander des améliorations dans ce domaine. Les experts ont conclu que le personnel de maintien de la paix devrait jouer le rôle "de porte-parole et d'artisans potentiels" de la lutte contre le VIH/sida, et proposé que toutes les stratégies de l'ONU dans ce domaine soient orientées en ce sens. A l'issue de leurs travaux, les experts ont formulé les recommandations suivantes:

La formation : Les Nations Unies devraient définir des normes minimales de formation en matière de HIV/sida, à l'usage des pays contributeurs de contingents et du personnel de formation de l'ONU avant le déploiement des troupes sur le terrain. Le nombre des équipes d'aide à la formation de l'ONU devrait être augmenté, puisque les missions de maintien de la paix se sont multipliées. L'accent sera mis sur la "formation des formateurs". Les programmes d'éducation et de formation destinés au personnel des missions devraient se poursuivre pendant et après le déploiement sur le terrain.

Codes de conduite : L'ONU devrait encourager l'élaboration de codes de conduite actualisés et obligatoires à l'usage des troupes, qui aborderaient tous les aspects des relations avec les populations locales, en mettant l'accent sur la prévention du VIH/sida. Les chefs de mission seraient habilités à ordonner le rapatriement de casques bleus en cas de violations graves du code.

Dépistage : En raison de la complexité du problème, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA et le Secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix devraient constituer d'urgence un groupe d'experts chargés d'analyser et de formuler une série de propositions sur le dépistage du VIH.



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