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Afrique Relance, Vol.15# 1-2 (juin 2001), page 44

 

AFRIQUE HORIZON

 

LES FEMMES ET LE SIDA
Les Nations Unies se concentrent sur
l'inégalité "mortelle" entre les sexes

Le Fonds de développement des Nations Unies pour les femmes (UNIFEM) et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) ont lancé le 24 mai un accord de coopération destiné à faire bénéficier les femmes des programmes de sensibilisation et de prévention consacrés au sida. "L'inégalité entre les sexes est au coeur de l'épidémie" a noté la Directrice exécutive de l'UNIFEM, Mme Noeleen Heyzer. Les femmes représentent désormais 55 % des personnes infectées par le VIH/sida en Afrique et 47 % des personnes infectées dans le monde.

Le problème clé, confirment les agences, est celui de l'inégalité de pouvoir entre hommes et femmes, inégalité qui empêche les femmes de s'opposer facilement aux rapports sexuels non désirés ou aux pratiques dangereuses. En Zambie, par exemple, les recherches indiquent qu'une femme sur quatre seulement pensait qu'elle pourrait refuser d'avoir des rapports sexuels avec son mari. Seule une sur dix pensait qu'elle pourrait demander à son mari d'utiliser des préservatifs. Par conséquent, note Peter Piot, directeur exécutif de l'ONUSIDA, les femmes africaines âgées de 15 à 24 ans sont six fois plus susceptibles d'être infectées par ce virus mortel.

"Il est grand temps que la communauté des sidéens et la communauté internationale des femmes joignent leurs forces et demandent des comptes aux pouvoirs publics" note Mme Heyzer. Elle appelle les gouvernements et les agences multilatérales à :

-- Garantir aux femmes l'accès à la prévention et au traitement, notamment l'accès aux préservatifs; garantir l'égalité sur le plan des stratégies nationales de lutte contre le sida et des programmes de dépistage inclus dans les programmes de soins de santé primaire.

-- Axer la recherche sur la sexospécificité du sida.

-- Cibler les femmes dans les initiatives de sensibilisation et de prévention, notamment dans l'élaboration de campagnes sur le sida.

-- Adopter des mesures particulièrement adaptées aux femmes : reconnaître notamment que ce sont les femmes qui dispensent les soins, abandonner les pratiques sociales et traditionnelles qui s'opposent à leur autonomie et financer des programmes sexospécifiques de lutte contre le sida

-- Renforcer la prise de conscience des femmes en situations de conflit, notamment grâce à la formation sexospécifique des forces de maintien de la paix et du personnel d'aide humanitaire, d'une part, et à la stricte application du code de déontologie des Nations Unies en matière de maintien de la paix, d'autre part.

Les financements internationaux consacrés à l'achat de préservatifs étant passés d'un plafond de 68 millions de dollars en 1996 à 40 millions en 1999 et 2000, il importe d'exiger l'accès aux préservatifs féminins et masculins. A la fin de 2000, d'après les chiffres du Fonds des Nations Unies pour la population, la Côte d'Ivoire, le Zimbabwe et la Gambie avaient totalement épuisé leurs stocks de préservatifs.

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RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
Un envoyé des Nations Unies pour résoudre la crise

Après la tentative de coup d'état contre le gouvernement du président Ange-Félix Patassé de la République centrafricaine le 5 juin, le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a fait de l'ex-président du Mali, le Général Amadou Toumani Touré, son envoyé spécial et l'a chargé de tenter de résoudre le conflit. Le Général Touré a rencontré le président Patassé et a appelé toutes les parties à mettre fin à la violence, permettre que les victimes de guerre reçoivent une aide humanitaire et enfin, à reprendre le dialogue politique. M. Annan a condamné les tentatives de renversement du gouvernement élu de M. Patassé, dernière crise en date dans ce pays troublé, et il a instamment demandé aux responsables politiques de respecter les institutions démocratiques du pays.

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SANTÉ
Fonds supplémentaires pour lutter contre la méningite en Afrique

Les initiatives de lutte contre la méningite en Afrique ont reçu un coup de pouce le 30 mai lorsque la Fondation de Bill et Melinda Gates, aux Etats-Unis, a annoncé qu'elle consacrerait 70 millions de dollars sur dix ans à la mise au point et la distribution d'un vaccin. Ce don permettra de financer un programme conjoint de l'Organisation mondiale de la santé et du programme non gouvernemental PATH (technologie sanitaire adaptée) consacré à l'élaboration et la distribution d'un vaccin contre la souche de type A prévalente en Afrique.

L'absence de débouchés commerciaux pour les produits pharmaceutiques en Afrique, affirme M. Chris Elias, président de PATH, a entravé jusqu'à présent le développement d'un vaccin de type A. "Le secteur privé est donc peu incité à investir les fonds requis pour mettre au point un tel vaccin. Ce don servira donc d'incitation et éventuellement de modèle à la fabrication de vaccins ou de médicaments spécialement adaptés aux pays les plus pauvres."

La méningite tue environ 10 000 personnes par an au Burkina Faso, au Bénin, en République centrafricaine, au Tchad, en Ethiopie et au Niger. Les très jeunes enfants et les enfants sont plus facilement atteints. Pendant la dernière grande épidémie africaine de 1996, plus de 200 000 personnes ont contracté la maladie, et 20 000 personnes environ sont décédées.

En comptant la contribution de 100 millions de dollars au Fonds mondial du sida et de la santé récemment annoncée, la fondation Gates, depuis sa création, a fait don de plus de 700 millions de dollars à des projets sanitaires entièrement ou surtout destinés à l'Afrique.

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CORRUPTION
Des entreprises étrangères accusées au Lesotho

Les autorités du Lesotho ont accusé cinq entreprises anglaises et canadiennes d'avoir versé des pots de vin dans le cadre de contrats de construction d'un projet d'alimentation en eau dans les Highlands, projet d'une valeur de plusieurs milliards de dollars. Les sociétés sont accusées d'avoir versé 3 millions de livres de pots de vin à un directeur du projet. Ce projet consiste à construire dans ce pays montagneux une série de barrages de production d'eau et d'électricité, principalement pour les clients de l'Afrique du Sud voisine.

Le cas du Lesotho est un exemple rare où ceux qui ont versé les pots de vin sont poursuivis à l'égal de ceux qui les ont acceptés. "L'Afrique est trop souvent montrée du doigt", a fait remarquer Fine Maema, Procureur général du Lesotho "Mais si une personne accepte de l'argent, cela signifie qu'une autre le lui a versé et qu'elle doit donc aussi être tenue pour responsable. Dans cette affaire, l'Afrique n'est pas seule à être corrompue." Si elles sont condamnées, les entreprises n'auront plus le droit de signer de contrat supplémentaire dans le cadre de ce projet financé en partie par la Banque mondiale et par l'Union européenne.

NOMINATIONS

M. Lennart Båge a été élu président du Fonds international de développement agricole (FIDA). Son mandat de quatre ans est entré en vigueur le 22 février 2001. Ressortissant suédois, M. Båge travaille depuis 25 ans dans le développement international et participe depuis longtemps aux activités des organismes des Nations Unies et autres institutions multilatérales. Avant son élection, il dirigé au Ministère suédois des affaires étrangères le service de la coopération au développement international, service chargé du budget et de l'élaboration de mesures. Au cours des dix dernières années, M. Båge a également été président du comité directeur du FIDA et coprésident de la Haute commission spéciale sur les ressources et les questions de gouvernance du FIDA.



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