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Afrique Relance, Vol.15# 1-2 (juin 2001), page 33 Le Sénégal s'essaie à la décentralisation Selon la nouvelle constitution du Sénégal que les électeurs ont adoptée à une écrasante majorité en début d'année, les organes élus du gouvernement local "constitueront le cadre institutionnel qui régira la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques". Les modalités de cette participation ont toutefois fait l'objet de nombreux débats. Le Gouvernement du Président Abdoulaye Wade et l'Assemblée nationale élue à la fin du mois d'avril examinent actuellement diverses propositions tendant à réformer les pouvoirs publics municipaux et ruraux. Les tentatives antérieures de décentralisation ont eu des résultats très mitigés. C'est sous le régime colonial français que les conseils municipaux élus ont été introduits pour la première fois. Ils ont été renforcés après l'indépendance acquise en 1960. En général, le gouvernement national n'accordait qu'une autorité limitée à ces conseils qui, pour la plupart, ne disposaient pas des revenus qui leur auraient permis de mener à bien les quelques tâches qui leur étaient confiées. A Rufisque-Est, qui fait partie de la métropole de Dakar, le conseil municipal s'est avéré relativement efficace et n'a cessé d'augmenter les recettes provenant des redevances et impôts locaux, tout en encourageant activement les organisations communautaires à gérer des projets locaux. Mais, dans la ville de Kolda, dans le sud, il y a eu en janvier des coupures de courant, parce que le conseil n'était pas en mesure de payer ses notes d'électricité. A Khombole, Dahra et dans de nombreuses autres municipalités, les habitants ont organisé des manifestations contre la mauvaise gestion, les transactions immobilières louches et la corruption. Le népotisme a aggravé la situation. En 1996, l'ancien parti au pouvoir a créé 43 "communes" à Dakar et un grand nombre de postes ont été donnés à des fidèles du parti qui n'avaient pas réussi à obtenir des fonctions plus prestigieuses au sein de l'administration nationale. Ceci a entraîné une vague de scandales, où il a été question d'octrois irréguliers de logement, de détournement de fonds, de favoritisme et de ce qu'un ancien ministre du logement a qualifié de système de "pillage organisé à grande échelle". L'indignation du public a pris de l'ampleur, d'autant que les conditions de vie ont empiré pour un grand nombre de Sénégalais moyens. Entre 1992 et 1997, le pourcentage de ménages urbains vivant en dessous du seuil de pauvreté est passé de 30 % à 35 %. Ce mécontentement a permis à M. Wade de gagner l'élection présidentielle de mars 2000 avec l'appui d'une forte coalition d'opposition. De nombreux maires locaux n'ont pas tardé à être renvoyés lorsque des audits financiers ont révélé leurs méfaits. En juillet 2000, le nouveau gouvernement a tout simplement dissous la Communauté urbaine de Dakar, structure supra-municipale très endettée qui comprenait la capitale et quatre municipalités voisines. Depuis, les conseils locaux sont chargés des services des eaux, du ramassage d'ordures et autres services. Avant l'élection de nouveaux conseils municipaux et de nouveaux maires, en novembre 2001, les pouvoirs publics centraux et le corps législatif demanderont de nouvelles réformes, dans le but de renforcer la transparence des conseils, de les sensibiliser aux préoccupations des citoyens, de lutter contre la corruption, d'accroître les recettes des conseils et de leur donner une plus grande latitude en matière de dépenses. L'objectif premier, déclare l'ancien Ministre de la décentralisation, Khady Fall Diallo, est de "stimuler le développement communautaire". [ Des villes africains fragilisées
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