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Afrique Relance, Vol.15# 1-2 (juin 2001), page 5

L'Afrique reçoit une aide de plus en plus réduite

Pour faire en sorte que la mondialisation soit plus équitable, les nations riches doivent consacrer une part plus importante de leur aide extérieure à la promotion d'une "croissance favorable aux pays pauvres" dans le monde en développement.

C'est ce qu'affirme le Comité d'aide au développement (CAD) de l'Organisation de coopération et de développement économiques des pays industrialisés. Pourtant ces dernières années, les pays en développement les plus pauvres ont reçu une part de plus en plus réduite de cette aide, selon le CAD, qui regroupe les plus importants donateurs bilatéraux.

Entre 1995 et 1999, la part d'aide publique au développement (APD) accordée aux pays les moins avancés (PMA) est passée de 28 % à 21 %, d'après le Rapport sur la coopération au développement du CAD pour 2000. Pour l'Afrique subsaharienne -- qui comprend 34 des 49 PMA dans le monde -- elle a été réduite de 32,9 % en 1993-94 à 29,6 % en 1998-99. En termes absolus, les recettes nettes d'APD en Afrique subsaharienne ont baissé de 18,4 milliards de dollars en 1995 à 12 milliards de dollars en 1999. L'APD destinée à l'Afrique du Nord s'est maintenue aux alentours de 3 milliards de dollars pendant la majeure partie de cette période mais a chuté à 2,7 milliards de dollars en 1999 (voir graphique).

Le rapport reconnaît que les avantages découlant de la mondialisation "sont loin d'être automatiques" et que la mondialisation risque même d'entraîner "une injustice et une vulnérabilité inévitables". C'est pourquoi la libéralisation des échanges doit s'accompagner de politiques sociales en matière de santé, d'éducation et de formation et se faire dans "des conditions visant à protéger les personnes les plus vulnérables grâce à des systèmes adéquats de sécurité sociale et des mesures efficaces de protection sociale".

Le rapport souligne que les donateurs peuvent améliorer la situation en attribuant une aide plus importante au secteur de la santé et aux efforts tendant à encourager l'égalité entre les sexes. Il s'agit là de "deux domaines stratégiques relevant de l'action des pouvoirs publics" qui ont de fortes chances de contribuer à la réduction de la pauvreté. Par ailleurs, les pays développés devraient apporter leur soutien aux "biens collectifs mondiaux" en mettant au point des médicaments contre le paludisme, le sida et d'autres maladies et en les mettant à la disposition du public.

"Il ne s'agit pas simplement de solidarité mais d'intégration réussie à l'économie mondiale, et cela ne peut se faire qu'en réduisant la pauvreté, affirme le CAD. Les pays les plus pauvres ne pourront pas participer à ce processus tant que leurs gouvernements et leurs citoyens devront avant tout s'employer à survivre et à s'assurer une subsistance minimale."

 

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