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Afrique Relance, Vol.15# 1-2 (juin 2001), page 29

Intégrer la lutte contre le sida au développement

Les programmes de lutte contre le sida doivent être "intégrés à l'ensemble des programmes de développement", affirme Mme Mercy Makhalemele, directrice générale du Centre de développement communautaire et de formation de Tsabotsogo (Afrique du Sud). Cette approche permet non seulement de renforcer les efforts de prévention destinés aux groupes à risque, mais également d'aider les personnes déjà porteuses du virus. "Si des personnes séropositives vivent dans une société où l'eau est sale, elles mourront de la diarrhée", explique-t-elle à Afrique Relance. "L'eau aussi est importante pour les personnes qui ont le sida."


Des femmes enceintes séropositives s'entretiennent avec des conseillers en Afrique du Sud.

Photo : ©Eric Miller


Mère célibataire, Mme Makhalemele, est elle-même séropositive. Elle a participé à la création en 1994 de l'organisation ayant pour nom National Association of People living with AIDS (NAPWA), et continue de siéger à son conseil d'administration. Elle a été à l'avant-garde du mouvement lancé en Afrique du Sud en vue d'obtenir un accès juste et équitable aux médicaments contre le sida. L'une des premières femmes à avoir révélé sa séropositivité, elle est également l'un des porte-drapeaux des femmes séropositives. Les programmes de son centre s'adressent principalement aux jeunes (de la région de Johannesburg) et aux femmes (de Durban) et dispensent des informations et programmes de sensibilisation sur le sida, ainsi que des formations aux aptitudes à la vie quotidienne, à la création d'emplois, à l'assainissement des communautés et à d'autres activités de développement.

Avec les jeunes en particulier, suggère-t-elle, il est important de ne pas faire de sermon ni de porter de jugement, mais de reconnaître qu'ils ont des préoccupations diverses et nombreuses, notamment en matière d'emploi, d'études et de relations sociales. Plus ils sont à même de faire face aux nombreuses décisions qu'ils ont à prendre, plus ils ont tendance à faire preuve de responsabilité et à se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles.

L'un des problèmes des programmes de lutte contre le sida en Afrique du Sud, estime Mme Makhalemele, est que la responsabilité en incombe dans une trop grande mesure au Ministère de la santé. Il faut également que "le Ministère des affaires sociales fasse quelque chose. Le Ministère de l'agriculture aussi. Le secteur de la santé est surchargé, en grande partie parce que les autres secteurs ne s'impliquent pas suffisamment. Ils ont mis au point des politiques qui ne sortent pas de leur bureau. Notre Ministère de l'éducation n'a pas mis en oeuvre dans les écoles la politique de lutte contre le sida, pour informer ces jeunes."

Par sa volonté de replacer la lutte contre le sida dans le cadre de questions plus générales d'ordre socioéconomique et de santé publique, Mme Makhalemele se démarque des militants sud-africains qui s'intéressent avant tout aux traitements et à l'accès aux médicaments. "Les anti-rétroviraux constituent un traitement important", reconnaît-elle. Mais "il faut qu'il y ait un équilibre... Si l'on fournit des traitements, il faut disposer de l'infrastructure nécessaire." Il est essentiel de tenir compte des problèmes de la pauvreté et de l'insalubrité de l'environnement, qui peuvent gravement nuire à la santé de la population et les empêcher de se soigner. Elle a elle-même souvent du mal à joindre les deux bouts. "Et si je n'y arrive pas, alors qu'en est-il des femmes des régions rurales ?



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