
AFRIQUE EN BREF
La CNUCED prône un nouvel accord pour les pays les moins avancés
Ce dont les pays les plus pauvres du monde ont besoin, ce n'est pas tant d'un allégement du fardeau de leur dette mais plutôt d'un nouvel accord de coopération au service du développement international, explique le rapport publié en octobre par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, et intitulé Les pays les moins avancés, 2000. Soulignant que la situation des 48 pays les plus pauvres du monde (dont 33 en Afrique) ne cesse de s'aggraver, le Secrétaire général de la CNUCED, M. Rubens Ricupero, a appelé de ses vux une refonte totale des politiques économiques actuelles. "En l'absence de tels changements", dit-il dans l'introduction, "plus d'un dixième de la population mondiale sera pris dans un engrenage où le recul de l'économie, les tensions sociales et les conflits violents feront boule de neige".
D'après ce rapport, même la nouvelle Initiative en faveur des pays pauvres très endettés n'allège pas suffisamment la dette. Face à la contraction de l'aide au développement et à la réduction des flux de capitaux étrangers directs, le solde de la dette empêche de mobiliser des ressources essentielles pour les investissements en infrastructures économiques et sociales.
Seuls quelques rares pays développés respectent les objectifs fixés par la Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés qui s'est tenue à Paris en 1990. Ces objectifs consistaient à consacrer 0,2 % du PIB des pays développés à l'assistance aux pays les moins avancés. En outre, c'est maintenant la dette qui influe sur l'aide et non l'inverse, puisque l'aide est accordée à chaque pays de façon à rembourser le service de ses prêts antérieurs. Cette situation est absurde car les bailleurs de fonds et donateurs officiels reprennent d'une main ce qu'ils ont donné de l'autre, ce qui réduit l'impact de l'aide au développement.
Ce rapport est censé alimenter les débats de la troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés qui doit se tenir au mois de mai 2001 à Bruxelles. Les auteurs estiment que le diagnostic actuel sur lequel repose la nouvelle démarche est erroné à plusieurs égards. Ils préconisent de favoriser une "transition progressive au cours de laquelle les pays les moins avancés renforceraient leurs capacités de production et deviendraient plus compétitifs sur le marché mondial." Ils pourraient ainsi financer leurs besoins de développement en s'appuyant sur des ressources intérieures et des apports de capitaux privés plutôt que sur l'aide.
Le rapport suggère cinq grandes caractéristiques de ce "New Deal" pour les pays les moins avancés :
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UNICEF : Les enfants de trois ans peuvent sauver le monde
"Investir dans le développement et les soins de nos plus jeunes enfants est le choix le plus fondamental que peuvent faire de bons dirigeants" a déclaré Mme Carol Bellamy, Directrice générale du Fonds des Nations Unis pour l'enfance (UNICEF) qui a présenté à New York, le 12 décembre dernier, le grand rapport annuel de l'organisation, intitulé La Situation des enfants dans le monde 2001. Elle a lancé un appel à la communauté internationale en lui demandant de mettre un terme au gaspillage énorme en potentiel humain. Elle a affirmé qu'il était non seulement immoral mais également nocif pour l'économie d'accepter la pauvreté chez les enfants car c'est une perte en ressources humaines.

Mme Bellamy rappelle que
l'étude du développement de l'être humain montre que
les trois premières années de la vie d'un enfant sont cruciales
pour son développement ultérieur. C'est au cours de cette
période que les enfants sont les plus vulnérables et que la
société doit prendre soin d'eux, affirment les auteurs du
rapport. Investir véritablement dans la santé, la nutrition,
l'éducation, les soins de l'enfance et une protection de base peut
favoriser le développement intellectuel de l'enfant et bénéficier
aussi bien à ce dernier qu'à la société. D'après
les études citées dans ce rapport, chaque dollar investi dans
les soins de la petite enfance permet d'économiser 7 dollars.
Pourtant, d'après Mme Bellamy, 170 millions d'enfants souffrent de malnutrition dans le monde et plus de 100 millions ne vont jamais à l'école. Quatorze des quinze pays dans lesquels les enfants ont le plus de risques de mourir avant 5 ans sont situés sur le continent africain. En 1999, plus de 4 millions d'enfants de moins de cinq ans sont morts en Afrique subsaharienne et ceux qui ont survécu sont moins souvent qu'ailleurs inscrits à l'école primaire.
Le rapport indique que les responsables n'ont pas su adopter des stratégies de développement ciblées sur la petite enfance, en partie parce que la pauvreté et le remboursement de la dette, qui est très onéreux, vont à l'encontre de telles initiatives. Le rapport de l'UNICEF fait un certain nombre de recommandations et suggère notamment de privilégier les enfants dans les débats politiques et les débats sur le budget. Il met en lumière l'importance de la session extraordinaire de l'Assemblée générale consacrée aux enfants, prévue pour septembre 2001.
Cette réunion rassemblera des responsables des pouvoirs publics et des organisations non gouvernementales ainsi que des représentants des enfants et des adolescents qui devront décider d'un plan d'action visant à enrayer la transmission d'une génération à l'autre de la pauvreté, de la violence, de la maladie et de la discrimination, facteurs qui affectent encore les enfants et réduisent les chances de développement durable dans le monde.
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Un traité international interdit des polluants organiques toxiques
A l'issue d'une semaine de débats à Johannesburg (Afrique du Sud), des négociateurs de 122 pays ont rédigé au mois de décembre un traité historique sur l'environnement qui interdira les douze polluants les plus toxiques du monde, baptisés par certains participants "les douze fléaux". L'interdiction s'applique à huit pesticides, deux produits chimiques industriels (y compris des PCB) et deux sous-produits indésirables de la combustion et du traitement industriel (la dioxine et le furane). Tous sont liés à des malformations congénitales, des anomalies génétiques, des cancers et des maladies mortelles pour l'homme, les animaux domestiques, la faune et la flore. Greenpeace, l'organisation militante de défense de l'environnement, a salué le nouvel accord, affirmant qu'il marquerait "le commencement de la fin de la pollution causée par les produits toxiques". Ces produits chimiques, appelés "polluants organiques persistants (POP)", sont portés par le vent et la pluie loin des zones où ils sont utilisés à l'origine. Ils se concentrent dans les tissus adipeux des êtres vivants et conservent leur toxicité pendant des années, voire des décennies. Certaines toxines se retrouvent chez les baleines de l'Arctique et dans les fleuves d'Afrique, très loin des pays industriels où ils sont souvent produits. Par conséquent "un traité international est l'instrument de défense mondial adapté à la lutte contre de tels poisons", a déclaré le Directeur général du Programme des Nations Unis pour l'environnement, M. Klaus Töpfer, qui a organisé ces négociations.
La majorité des 12 polluants figurant sur cette liste devrait faire l'objet d'une interdiction immédiate, à quelques exceptions près, notamment celui du DDT que l'on utilise encore en Afrique et ailleurs pour lutter contre le paludisme. Les pays industrialisés ont décidé de mobiliser les ressources (150 millions de dollars par an) dont ont besoin les pays les plus défavorisés pour remplacer par d'autres produits le DDT et faire respecter l'interdiction.
Le traité devrait être officiellement adopté et signé à Stockholm pendant la réunion des 22 et 23 mai 2001. Il faudra ensuite qu'il soit ratifié par 50 pays au minimum avant d'entrer en vigueur. Une commission d'examen envisagera périodiquement d'ajouter des produits à la liste des POP interdits.
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Accord de paix signé dans la Corne de l'Afrique
La guerre qui a opposé pendant deux ans l'Ethiopie et l'Erythrée et fait des dizaines de milliers de morts a officiellement pris fin le 12 décembre dernier. Ce jour là, le Premier Ministre de l'Ethiopie, M. Meles Zenawi, et le Président de l'Erythrée, M. Isayas Afewerki, ont signé un accord de paix à Alger, capitale de l'Algérie, au cours d'une cérémonie à laquelle ont assisté le Secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, et la Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Mme Madeleine Albright.
L'accord est le produit de plusieurs mois de pressions diplomatiques et d'initiatives de médiations entreprises par l'Organisation de l'unité africaine et l'ONU. Environ 4 200 casques bleus seront déployés dans une zone tampon afin de sécuriser la frontière. M. Annan s'est réjoui de ce qu'il a qualifié de journée d'espoir pour les peuples d'Erythrée et d'Ethiopie et de la "victoire de la raison" qui augure d'un avenir plus souriant pour le continent. "Faire taire les armes ne suffit pas", a-t-il ajouté, en promettant de chercher à mobiliser le soutien de la communauté internationale pour les travaux de reconstruction à venir. Fréquemment en proie à la sécheresse et à la famine, l'Erythrée et l'Ethiopie figurent parmi les pays plus pauvres du monde.
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