Afrique en bref

Les droits de l'homme sont essentiels au développement, selon le PNUD

Les droits de l'homme sont au centre du développement, fait valoir le Rapport sur le développement humain 2000, publié chaque année depuis 1990 par le Programme de développement des Nations Unies (PNUD). "Les droits de l'homme ne sont pas, comme certains l'affirment, une des retombées du développement", affirme l'Administrateur Mark Malloch Brown dans son introduction, "mais ils en sont une condition indispensable". Le respect des droits de l'homme et des politiques de développement saines "créent une spirale positive".

Le rapport, comme chaque année, classe les pays selon un "indice du développement humain" qui combine l'espérance de vie, l'éducation et les revenus par habitant. Sur 174 pays, seuls deux pays d'Afrique subsaharienne, les Seychelles et l'île Maurice, figurent parmi les 100 premiers. Sur les 25 pays en fin de liste, 24 sont africains.

Bien qu'il ait été envisagé ces dernières années, non sans controverse, de formuler un indice des droits de l'homme, le rapport ne s'y emploie pas. Il note les progrès dans diverses régions en matière de mécanismes de suivi et de respect des droits de l'homme. Après l'adoption de la Charte africaine sur les Droits des personnes et des peuples en 1981, une Commission africaine pour les droits de l'homme a été formée en 1987 et en 1998, des pays ont accepté d'établir une Cour africaine pour les droits de l'homme, qui n'est pas encore opérationnelle. Sur les 52 pays du continent, 16 ont ratifié cinq des six grandes conventions internationales sur les droits de l'homme et 21 autres ont ratifié les six, ce que plusieurs pays industrialisés n'ont pas encore fait.

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Un milliard de dollars d'investissements publics sud-africains en Afrique

Deux entreprises publiques sud-africaines, la firme de production d'électricité Eskom et le géant des transports Transnet, ont l'intention d'investir plus d'un milliard de dollars dans d'autres pays africains d'ici les cinq prochaines années. Le Ministre des Entreprises publiques Jeff Radebe a annoncé à la fin du mois de mai qu'Eskom devait investir quelque 445 millions de dollars en Afrique occidentale, 86 millions en Afrique du Nord et centrale, 245 millions en Afrique orientale et 240 millions en Afrique australe. Les investissements représentent un développement majeur pour l'entreprise qui génère déjà près de la moitié de l'électricité en Afrique subsaharienne.

La division ferroviaire de Transnet, Spoornet, participera activement à la location avec option d'achat des voies ferrées zambiennes et tanzaniennes lorsque l'appel d'offres pour les contrats de gestion sera lancé dans le courant de l'année. La société a entamé des pourparlers avec les gouvernements nigérian, ghanéen et guinéen à propos d'une participation à leurs voies ferrées.

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La commission de l'OUA: le génocide au Rwanda était "évitable"

Une commission internationale d'enquête sur le massacre en 1994 de plus de 800 000 habitants du Rwanda a publié le 7 juillet un rapport dans lequel elle estime que le génocide était "évitable" et condamne le Conseil de sécurité de l'ONU pour son refus d'intervenir. L'étude, entreprise par l'Organisation de l'unité africaine, dénonce le soutien de la France au gouvernement dominé par les Hutus, responsable des meurtres, et l'aide que ce pays a apportée à la fuite des "auteurs du génocide" du Rwanda après leur défaite face aux combattants Tutsis. Il est reproché aux Etats-Unis d'avoir empêché une intervention internationale : "Les Etats-Unis ont fait en sorte qu'aucune force n'atteigne jamais le Rwanda, même lorsqu'il a été indéniablement établi" qu'un génocide avait lieu.

S'adressant à des journalistes réunis au siège de l'ONU le 7 juillet, M. Stephen Lewis, membre de la commission et ancien ambassadeur canadien auprès des Nations Unies, a déclaré que le Rwanda mérite de reevoir une aide considérable, "notamment de la part des pays qui ont trahi le Rwanda au moment où il avait le plus besoin de l'extérieur".

La commission qui comptait sept membres et qui était présidée par l'ancien président du Botswana Ketumile Masire (voir Afrique Relance, août 1998) a également condamné expressément la Belgique, le secrétariat des Nations Unies ainsi que l'église catholique. Le rapport, "Rwanda, le génocide évitable", est disponible en ligne à <www.oau-oua.org>. Il fait suite à la publication, le 15 décembre 1999, d'une étude indépendante demandée par le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, sur l'échec et l'inaction de l'ONU face au massacre.

Les difficultés de l'Afrique abordées lors de l'évaluation du Sommet social

L'Afrique n'a pas vraiment réussi à promouvoir le progrès social au cours des cinq dernières années, selon la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies qui s'est tenue du 26 au 30 juin à Genève et était consacrée à l'évaluation et à la promotion du programme de développement social. Cette session s'inscrivait dans le cadre du suivi donné au Sommet mondial du développement social de 1995, au cours duquel il avait été décidé de promouvoir le développement social en Afrique ainsi que dans les pays les moins avancés.

Les pays qui ont participé à cette session extraordinaire ont reconnu que les progrès réalisés à ce jour étaient décevants. Ils conviennent que les mauvais termes de l'échange, le déclin continu de l'aide officielle au développement et la pandémie du VIH/sida ont contribué à empêcher les pays africains d'atteindre les objectifs fixés en 1995.

Après s'être fixé comme objectif de réduire de moitié d'ici à 2015 la proportion des habitants qui vivent dans le dénuement le plus total, et avoir avalisé une stratégie d'emploi mondiale, la session extraordinaire a préconisé des mesures précises qui pourraient avoir des implications pour les efforts de développement de l'Afrique. Il a été convenu que davantage de ressources sont requises pour le développement social et qu'il devrait y avoir une ouverture des marchés aux exportations africaines, notamment une exemption des quotas et des barrières tarifaires pour de tels produits. Il a été convenu que les programmes d'ajustement structurel ne devraient pas affecter défavorablement les programmes sociaux, et que le Fonds monétaire international devrait s'assurer que les programmes destinés à résoudre les crises économiques ne débouchent pas sur des réductions brutales des dépenses sociales.

Une enveloppe supplémentaire de 8 milliards de dollars sur 15 ans serait nécessaire pour parvenir à l'éducation primaire pour tous, a déterminé la session extraordinaire, fixant ainsi le coût des cibles mondiales adoptées deux mois auparavant au Forum mondial sur l'éducation de Dakar (Sénégal).

La session a reconnu qu'il est nécessaire d'alléger la dette de façon plus généreuse pour les pays qui ont des revenus moyens et bas et qu'en période de crise financière, "un moratoire sur la dette" devrait être envisagé. Elle a également préconisé une "analyse rigoureuse" des propositions de sources nouvelles et innovantes de financement, notamment le projet d'une taxe internationale sur les transactions en devises, communément connue sous le nom de "taxe Tobin".

Les 25 pays africains qui sont le plus touchés par le VIH/sida ont été encouragés à fixer un calendrier précis de réduction des taux d'infection, en réduisant par exemple de 25 % d'ici à 2005 le taux d'infection parmi les jeunes. La session a également soutenu les efforts visant à assurer la disponibilité de médicaments à faible coût pour les personnes atteintes du VIH/sida, ou d'autres maladies fréquentes dans les pays en développement.

-- Daniel Shepard, Genève

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