SECHERESSE

Nouvelles menaces de famine dans la Corne de l'Afrique

D'après l'ONU et des ONG, la famine menace de frapper plus de 12 millions de personnes, entre mars et juillet 2000, dans la Grande Corne de l'Afrique, si l'on n'envoie pas au plus vite une aide alimentaire d'un million de tonnes. En Éthiopie, ce sont 800 000 tonnes de nourriture destinées à 7,8 millions de personnes qui sont nécessaires. Parmi les autres pays frappés par la sécheresse -- aggravée, dans certains cas, par des conflits armés -- figurent le Kenya, où 2,7 millions de personnes sont menacées, Djibouti, l'Érythrée, la Somalie, le Soudan et l'Ouganda. Le Programme alimentaire mondial (PAM) prévoit de distribuer 371 000 tonnes de nourriture à 6,1 millions de personnes, mais estime que les besoins de la région avoisinent les 940 000 tonnes.

Le Secrétaire général de l'ONU a chargé la Directrice du PAM, Catherine Bertini, de superviser les efforts déployés pour éviter la famine. En avril, elle devrait se rendre dans la région en compagnie de journalistes et de représentants d'institutions spécialisées des Nations Unies, afin de sensibiliser le public et de s'assurer que les gouvernements et les belligérants garantissent l'accès en toute sécurité des organisations humanitaires aux populations touchées par la sécheresse.

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FLUX FINANCIERS

L'aide à l'Afrique subsaharienne chute depuis cinq ans

D'après l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le montant net de l'Aide publique au développement (APD) à l'Afrique subsaharienne a chuté en 1998, alors que l'APD a augmenté de 10 % à l'échelle mondiale. Depuis cinq ans l'APD destinée à l'Afrique subsaharienne diminue tous les ans: elle est passée de 18,8 milliards de dollars en 1994 à 13,5 milliards en 1998.

Après avoir baissé pendant cinq ans, l'APD accordée à l'échelle mondiale est de nouveau à la hausse, passant de 48,3 milliards en 1997 à 51,9 milliards en 1998. En 1998, l'APD versée à l'Asie centrale et australe et à l'Asie d'Extrême-Orient a augmenté respectivement de 651 millions et de 1,4 milliard de dollars.

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CONGRES AMERICAIN

Pour des changements au FMI et à la Banque mondiale

En mars, une Commission du Congrès américain a déclaré que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale n'étaient pas parvenus à garantir la stabilité économique et à éliminer la pauvreté dans le monde. Selon elle, la Banque devrait avoir recours à des subventions plutôt qu'à des prêts et cesser d'accorder des prêts aux pays dont le revenu annuel par habitant est supérieur à 4 000 dollars. Le FMI devrait cesser de consentir des prêts aux pays les plus pauvres et devenir bailleur de fonds de dernier recours à des taux d'intérêt élevés pour quelques pays seulement. Le rapport proposait également que la Banque, le Fonds et les principaux créanciers annulent la dette des pays pauvres les plus endettés ayant entrepris des réformes économiques et sociales efficaces.

Le Secrétaire d'Etat américain au Trésor, Lawrence Summers, a estimé pour sa part que les recommandations de ce rapport contribueraient à "réduire la marge de manoeuvre" de la Banque et du Fonds, qui "ne seraient désormais plus à même de promouvoir les valeurs et les intérêts [politiques et économiques] des Etats-Unis dans le monde". A la mi-mars, il a déclaré devant la Chambre des Représentants, que la Banque et le Fonds permettent aux pays d'obtenir des "succès" démocratiques et économiques. Pour M. Summers, le Fonds devrait se consacrer principalement à des prêts d'urgence et réserver les prêts à long terme aux pays les moins avancés.

Le rapport recommandait notamment de supprimer l'Agence multilatérale de garantie des investissements et la Société financière internationale de la Banque mondiale, organismes qui accordent des prêts aux sociétés privées des pays en développement. La gestion des crises à court terme du FMI est jugée "trop coûteuse, ses réactions trop lentes, et les conseils prodigués, souvent erronés; les efforts déployés par le Fonds pour influencer les politiques et les pratiques font souvent preuve d'ingérence". Quatre des onze membres de la Commission Meltzer -- du nom du professeur d'économie politique américain qui la dirige, Allan Meltzer -- ont refusé de signer ce rapport.

 

NOMINATIONS

M. Horst Köhler (Allemagne) a été nommé par le Comité exécutif du Fonds monétaire international au poste de Directeur de cette institution. Ancien ministre de l'Economie, M. Köhler, était jusqu'alors Président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

Mme Yvette Stevens (Sierra Leone) a récemment pris la tête du Bureau du coordonnateur spécial pour l'Afrique et les pays les moins avancés, du Département des affaires économiques et sociales de l'ONU. Elle était Représentante du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés au Kenya et en Somalie.

M. Berhanu Dinka (Éthiopie). M. Dinka a été nommé Représentant Spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, après avoir été Représentant et Conseiller aux questions humanitaires pour la même région et Envoyé spécial en Sierra Leone.

Le Secrétaire général a également nommé l'ancien Représentant permanent du Nigéria auprès de l'ONU, l'ambassadeur Ibrahim Gambari, au poste de Conseiller spécial pour l'Afrique, et plus particulièrement l'Angola, l'Afrique australe et orientale, y compris la région des Grands Lacs.

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