
Après des mois d'hésitation et après avoir été accusé, par des Africains de plus en plus irrités, de ne pas gérer les confits en Afrique de la même manière qu'ailleurs, le Conseil de sécurité a autorisé, à l'unanimité, le 24 février dernier, le déploiement d'une force de maintien de la paix en République démocratique du Congo (RDC). Cette initiative, visant à mettre un terme à ce conflit sanglant, a été qualifiée par l'Ambassadeur sud africain, Dumisani Kumalo, de "test de vérité" de l'engagement du Conseil en faveur de la paix en Afrique. C'est également le résultat le plus important du "Mois de l'Afrique" du Conseil, lancé avec force publicité par les Etats-Unis en janvier.

Troupes rebelles à Kisangani
(République démocratique du Congo) : le débat sur les
conflits en RDC était au coeur des discussions durant le "Mois
de l'Afrique" du Conseil de sécurité de l'ONU.
Photo : AP / Peter
Busomoke
Toutefois, la taille modeste de la mission -- seulement 5 537 militaires et civils dans un pays de la taille de l'Europe occidentale -- et les limites de son mandat, amènent certains à penser que la communauté internationale ne respecte que très tardivement ses obligations en matière de maintien de la paix et qu'elle n'est pas assez ou pas du tout active. En mars, de nouvelles offensives des troupes gouvernementales et rebelles, les dernières d'une longue série de violations des cessez-le-feu, ont à nouveau jeté le doute sur le déploiement prochain des forces de l'ONU.
S'exprimant en sa qualité de Président du Conseil de sécurité, le 22 mars dernier, l'Ambassadeur du Bangladesh, Anwaral Chowdhury, a déclaré aux journalistes que le Conseil appelait à un arrêt immédiat des combats et était "profondément préoccupé" par le réarmement des forces militaires. Il a indiqué que les troupes des Nations Unies ne seraient déployées que si le cessez-le-feu était respecté. Le message de Chowdhury a été repris avec force le jour suivant à Washington par le porte-parole du Département d'Etat américain, James Rubin, qui a exigé la cessation immédiate des violations de cessez-le-feu. A défaut, a-t-il ajouté, "les Etats-Unis estiment que les casques bleus de l'ONU ne pourront être déployés".
Les représentants militaires des parties belligérantes se sont rencontrés à Kampala au début du mois d'avril, et ont convenu de cesser les combats et d'établir une zone tampon de 30 km afin d'éviter de futures violations. Reste à vérifier si ces accords seront observés, là où d'autres ont échoué ; de hauts r