L'Afrique du Sud-Est dévastée par des inondations

Les fortes pluies ont débuté en janvier. En février, le cyclone Eline s'est abattu sur Madagascar et le Sud-Est de l'Afrique, entraînant les pires inondations que cette région ait connues depuis longtemps. Puis, ce fut le tour du cyclone Gloria. A la mi-mars, on estimait que ces deux cyclones avaient fait 800 morts et touché près de 2,5 millions de personnes en Afrique du Sud, au Bostwana, en Namibie, à Madagascar, au Malawi, au Mozambique, au Swaziland, en Zambie et au Zimbabwe. Le développement de cette région en pâtira pendant longtemps.


Au Mozambique, les habitants du village de Mundial attendent les secours après la crue du fleuve Limpopo.

Photo : AFP / Corbis


C'est le Mozambique qui a été le plus sévèrement touché. Sur les 17 millions d'habitants que compte le pays, un million ont perdu leur maison et 500 000 personnes seront dépendantes de l'aide alimentaire dans les six mois à venir. Les pertes de récoltes, propriétés, ponts, grands tronçons autoroutiers et autres infrastructures se chiffrent en milliards de dollars. Les inondations ont également eu pour effet de déplacer les mines terrestres (un à deux millions) disséminées dans le pays, transformant des zones jusqu'alors sûres en champs de mines potentiels.

Le Mozambique a reçu l'aide d'autres pays, pourtant en proie à des crises internes, qui lui ont fourni des centaines de tonnes de nourriture et l'équivalent de plusieurs millions de dollars en médicaments. L'Afrique du Sud a notamment fourni sept hélicoptères qui ont porté secours à 13 000 personnes et permis d'acheminer 600 tonnes de nourriture. Le Malawi, un des pays les plus pauvres de la région, a fait don de 50 tonnes de maïs et envoyé deux hélicoptères, venant ainsi en aide à plus d'un millier de victimes.

On a reproché aux donateurs occidentaux d'avoir ignoré la situation jusqu'à ce que les télévisions retransmettent les images de victimes qui avaient trouvé refuge dans des arbres. Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui partage ce point de vue, a pourtant qualifié de "très généreuse" l'aide apportée par les pays donateurs à la suite de ce désastre (plus de 107 millions de dollars de promesses de contribution, en mars).

Les dégâts causés par les inondations aux récoltes et infrastructures ont fait au moins 100 morts et touché jusqu'à 250 000 personnes au Zimbabwe. A Madagascar, ce sont près de 200 000 personnes qui dépendront pendant des mois de l'aide alimentaire, alors que dans le Nord-Est du Bostwana plus de 70 000 personnes ont perdu leur foyer. Dans les provinces Nord de l'Afrique du Sud beaucoup de personnes ont été noyées et des dizaines de milliers d'autres sont sans abris. Au Malawi, 1 500 personnes sont dans la même situation.

A la mi-mars, les contributions reçues par Madagascar, le Zimbabwe et le Botswana s'élevaient respectivement à 900 000, 700 000 et 300 000 dollars, ce qui, toutefois, est loin d'être suffisant. Le Zimbabwe a indiqué que l'aide humanitaire immédiate et la reconstruction de ses infrastructutres nécessitaient 22 millions de dollars. Le Mozambique évalue à 250 millions de dollars ses coûts de reconstruction. Les dirigeants de la SADC ont demandé aux principaux créanciers du Mozambique d'annuler ses 8 milliards de dette. Mais, le Club des créanciers bilatéraux de Paris et la Banque mondiale ont annoncé une suspension -- et non une annulation -- des remboursements dus cette année.

 

A Libreville, les Chefs d'Etat se mobilisent contre la pauvreté

En janvier, le sommet de Libreville (Gabon) a réuni 21 chefs d'Etat africains qui se sont engagés à réduire la pauvreté de moitié d'ici à 2015, à limiter les dépenses superflues et à améliorer les secteurs de l'éducation et de la santé et les infrastructures de base. Ils se sont également déclarés résolus à intensifier la lutte contre le sida et ont réitéré leur appel en faveur de l'annulation des dettes africaines. On comptait parmi les participants, Michel Camdessus, alors Directeur du Fonds monétaire international (FMI), et le Président de la Banque africaine pour le développement, Omar Kabbaj. Les dirigeants ont adopté un texte, le Document de Libreville, par lequel ils approuvent les mesures de réduction des taux des prêts du FMI et de la Banque mondiale. M. Camdessus a déclaré que cette Déclaration servirait de "bible au FMI et à la Banque mondiale et guiderait leurs actions dans les années à venir".

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Les prix des matières premières africaines demeurent bas

Au dernier trimestre de l'année 1999, les prix des matières premières qui avaient atteint leur niveau le plus bas depuis deux ans, ont commencé à se redresser, augmentant de 3,4 %. Mais, les prix des matières premières non énergétiques de l'Afrique subsaharienne ont chuté de 3 %, selon un rapport publié en janvier par la Banque mondiale, (Marchés des matières premières internationales). Le coton et le cacao ont perdu, respectivement 11 et 9,8 %, au dernier trimestre 1999. Et, tandis que le prix du coton enregistrait une hausse en janvier et février 2000, celui du cacao continuait de baisser. Le prix moyen du cacao cette année devrait avoisiner celui de 1999, à savoir 1,12 dollar par kilogramme.

La bonne surprise pour certains producteurs africains est venue de l'augmentation des prix du sucre (8,3 %), de l'aluminium (4,0 %) et du cuivre (3,5 %). Toutefois, après avoir enregistré des profits au quatrième trimestre, le prix du café robusta a chuté en janvier, atteignant son niveau le plus bas depuis six ans. D'après le Fonds monétaire international, les prix sont passés d'une moyenne de 63,3 cents par livre au dernier trimestre 1999 à 46,8 cents à la fin du mois de février. L'Association des pays producteurs de café a indiqué qu'elle envisage, pour faire monter les prix, de diminuer sa production.

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Le Président Clinton ouvre le Sommet national sur l'Afrique

Affirmant que "l'Afrique compte pour les Etats-Unis", le Président Bill Clinton a ouvert, le 17 février à Washington, le Sommet national sur l'Afrique. Cette conférence non gouvernementale de 4 jours a rassemblé des responsables religieux et politiques, des représentants de la société civile et du monde des affaires, ainsi que des défenseurs des droits de l'homme. Ils ont examiné les moyens de renforcer les relations économiques et les liens politiques et culturels entre les Etats-Unis et l'Afrique. Le Président kenyan Daniel arap Moi et le Secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine, Salim Salim, assistaient à cette réunion.

Les recommandations politiques adoptées concernaient notamment l'accélération de l'allègement de la dette, un soutien plus important aux efforts de maintien de la paix africains et un paiement complet des arriérés des Etats-Unis aux Nations Unies. Les délégués ont lancé un appel en faveur d'un programme américain de développement de grande ampleur en Afrique, façonné à l'image du Plan Marshall. Ils ont vivement encouragé les Etats-Unis à revoir à la hausse leurs financements destinés aux programmes d'éducation et de traitement du VIH/sida et à adhérer au Traité sur l'interdiction des mines terrestres.

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