
Selon les participants à la Sixième Conférence régionale africaine sur les femmes, qui s'est tenue en novembre dernier à Addis-Abeba (Ethiopie), il faut que les Africaines et les Africains militent à tous les niveaux de la société en faveur d'une émancipation plus rapide des femmes. Plus de 1 500 personnes représentant des gouvernements, la société civile, les institutions régionales, bilatérales, multilatérales et les institutions des Nations Unies se sont réunies à la Commission économique pour l'Afrique (CEA) afin d'examiner l'application des Programmes d'action de Dakar et de Beijing de 1995. La Conférence a également entériné un plan régional destiné à accélérer la mise en uvre de ces programmes et à se préparer pour Beijing + 5, l'évaluation générale prévue pour juin 2000 à New York.

Il faut aux femmes un meilleur contrôle des biens économiques, notamment des terres.
Photo : ONU / Ray
Witlin
"Il nous reste encore un long chemin à parcourir" a déclaré le Secrétaire exécutif de la CEA, M. K.Y. Amoako tout en notant à quel point il est plus facile et plus rapide de changer une loi que d'en assurer l'application. "Sur le papier les barrières disparaissent, mais dans les comportements, elles sont toujours là". M. Amoako a ajouté que l'analyse des rapports nationaux soumis à la CEA par 43 pays africains révèle que les femmes continuent à ne pas avoir accès aux ressources et aux services, que l'on régresse à certains égards et que de nombreux problèmes subsistent.
De nouveaux problèmes sont également apparus, a ajouté Mme Angela King, Conseillère spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme. Du fait que les hommes partent chercher du travail dans les zones urbaines, le nombre de foyers ruraux où le chef de famille est une femme est en augmentation en Afrique subsaharienne alors que la propriété et le contrôle de la terre par des femmes n'ont pas progressé. Dans les zones où sévissent des guerres et des conflits et où les femmes et les fillettes sont les principales cibles et victimes, les objectifs de promotion de la femme resteront inatteignables tant que la paix et la sécurité ne régneront pas.
Les participants ont reconnu les progrès réalisés depuis 1995 et le fait que 47 pays d'Afrique ont ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. L'Afrique du Sud a dépassé le cap de 30 % de femmes parlementaires qu'elle s'était fixé pour objectif et d'autres pays s'en rapprochent. Le Botswana a nommé la première femme gouverneur d'une banque centrale. Dans certains pays la réforme du régime foncier a permis aux femmes de posséder, d'exploiter et d'hériter des terres.
Les orateurs ont toutefois noté qu'à cause du manque de services de santé de qualité, en particulier en matière de reproduction, les taux de morbidité et de mortalité maternelles demeurent trop élevés dans un grand nombre de pays. En outre, la pandémie du VIH/sida et la paupérisation pèsent de façon disproportionnée sur les femmes. L'objectif est de réduire de moitié les nouveaux cas d'infection par le VIH/sida d'ici à 2004.
Tout en soulignant le lien entre "croissance de qualité et équité des sexes", la Secrétaire exécutive adjointe de la CEA, Lalla Ben Barka, a félicité les participants à la conférence d'avoir insisté sur la nécessité d'investir davantage dans les secteurs qui concernent les femmes et les jeunes.
Les participants à la conférence ont approuvé un plan d'action régional qui a pour but d'accélérer la mise en uvre des Programmes d'action de Dakar et de Beijing d'ici à 2004. Ce plan offre un cadre permettant de résoudre les problèmes qui apparaissent le plus souvent dans les rapports nationaux.
L'un des problèmes essentiels tient au fait que la plupart des pays n'ont pas accordé suffisamment d'attention à la coordination des activités, si bien qu'il y a eu des recoupements et que des ressources précieuses ont été gaspillées. Même lorsque les structures de coordination sont bien définies, il n'est pas rare qu'elles ne disposent ni d'un mandat adéquat, ni des moyens et ressources nécessaires. Le suivi et l'évaluation ont été insuffisants ; il a donc été difficile d'évaluer les progrès. Presque tous les pays ont fait valoir qu'ils ne disposaient pas des ressources nécessaires à la mise en oeuvre des programmes d'action et peu d'entre eux ont formulé des politiques nationales ou sectorielles tenant compte des sexospécificités.
A court terme, les participants à la conférence ont convenu de la nécessité de maintenir une dynamique positive au niveau national et régional et de garder à l'esprit les 12 domaines prioritaires du Programme d'action de Beijing (voir encadré). Ils ont décidé que chaque pays constituerait une équipe de suivi, composée de représentants des ministères correspondant aux 12 priorités. Les gouvernements devront financer des ateliers de formation pour ces équipes ainsi que des activités de suivi et d'évaluation, avec l'aide financière d'institutions régionales. Les rapports d'évaluation nationale devant être examinés en 2004, les participants ont indiqué qu'il faudrait que ces équipes soient pleinement opérationnelles dès que possible.
Les 12 domaines prioritaires du
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