
ENCADRE 1:Il faut que les pays en développement bénéficient des échanges commerciaux, déclare le Secrétaire général de l'ONULes paragraphes suivants sont extraits du discours que le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, devait prononcer lors de la cérémonie d'ouverture de la réunion de Seattle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) prévue le 30 novembre. La cérémonie d'ouverture a été annulée à cause des manifestations anti-OMC et le discours n'a donc pas pu être présenté aux délégués. Par le passé, les pays en développement se sont maintes fois entendu dire qu'ils pouvaient bénéficier de la libéralisation des échanges, et qu'il leur fallait ouvrir leurs économies. C'est donc ce qu'ils ont fait, souvent au prix de grandes difficultés. Pour les pays les plus pauvres, la mise en oeuvre des réglementations commerciales entraîne des coûts qui dépassent parfois l'ensemble de leur budget annuel. Mais les résultats ont invariablement été décevants -- non que le libre échange leur soit néfaste, mais parce qu'ils n'en bénéficient pas encore assez... Ils se sont aperçu que les pays riches avaient moins réduit leurs droits de douane que les pays pauvres. Il n'est donc pas étonnant que beaucoup d'entre eux aient eu l'impression d'être bernés. Les pays industrialisés sont, semble-t-il, fort contents d'importer et d'exporter entre eux des biens manufacturés, mais des pays en développement, ils ne veulent toujours que des matières premières, et non des produits finis. En conséquence, les droits de douane sur les produits [que les pays industrialisés] importent des pays en développement sont maintenant en moyenne quatre fois plus élevés que ceux perçus sur les produits en provenance des autres pays industrialisés...
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ENCADRE 2:Les ONG africaines s'opposent à un nouveau cycle de négociations commercialesAvant la conférence ministérielle de Seattle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), 20 groupes africains représentant divers mouvements sociaux, environnementaux, ainsi que des syndicats et d'autres organisations de la société civile ont publié en septembre 1999 un communiqué dans lequel ils demandaient qu'un moratoire soit décidé sur tout nouveau cycle de négociations commerciales et que les répercussions des accords commerciaux internationaux actuellement en vigueur fassent l'objet d'un examen approfondi. En voici quelques extraits : Nous nous opposons à toute tentative visant à élargir les pouvoirs de l'OMC par le biais d'un nouveau grand cycle de libéralisation des échanges. Au lieu de cela, les gouvernements devraient examiner et rectifier les insuffisances du système et du régime même de l'OMC, dans le cadre de processus durables entrepris au sein de l'OMC. Les accords du cycle d'Uruguay et la création de l'OMC étaient censés promouvoir la création de richesses et la prospérité à l'échelle mondiale et favoriser le bien-être de tous les peuples des Etats membres. En réalité, au cours des cinq dernières années, le régime de l'OMC a contribué à la répartition inégale des richesses, détenue par une minorité, en aggravant la pauvreté et l'endettement de la majorité de la population mondiale, et [en encourageant] des modes de production et de consommation qui ne sont pas viables. Les gouvernements qui dominent l'OMC et qui, de concert avec les entreprises multinationales, ont bénéficié du système de l'OMC ont refusé de reconnaître et de prendre en compte ces problèmes. Au contraire, ils demandent une libéralisation accrue, en voulant présenter à l'examen de l'OMC de nouvelles questions. En ce qui concerne les pressions visant à réduire davantage les droits de douane de certains pays, nous tenons à indiquer que les pays africains ont déjà considérablement réduit leurs droits de douane (particulièrement dans le cadre des programmes d'ajustement structurels), ce qui a entraîné la fermeture d'entreprises locales et la désindustrialisation. L'OMC ne devrait pas servir à maintenir en place et à réduire davantage les droits de douane sectoriels des pays d'Afrique et de l'hémisphère Sud. Nous nous opposons donc à un nouveau cycle de réductions tarifaires sectorielles. Au lieu de cela, les pays du Nord devraient abaisser les droits de douane élevés perçus sur les exportations du Sud. Nous demandons que les nouvelles questions et la suite des négociations qui visent à étendre le champ d'action et le pouvoir de l'OMC fassent l'objet d'un moratoire. Ce moratoire devrait s'accompagner d'un examen et d'une évaluation complets et approfondis des répercussions des accords en vigueur. Des mesures effectives s'imposent en vue de modifier véritablement les déséquilibres et les inégalités inhérents au système de l'OMC et aux accords actuellement en vigueur. L'intégralité du texte et la liste des signataires se trouvent sur le site Web : <www.southside.org.sg/souths/twn/title/atn-cn.htm> |
ENCADRE 3:Les pays ACP défendent les préférences commercialesLes 71 pays membres du Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) négocient actuellement le renouvellement de l'accord conclu avec l'Union européenne dans le domaine des échanges et de l'assistance, connu sous le nom de Convention de Lomé. La convention actuelle arrive à expiration le 28 février 2000. A la suite d'une nouvelle série de négociations organisées à Bruxelles du 7 au 9 décembre dernier, les négociateurs estiment qu'un nouvel accord sera probablement finalisé avant la date d'expiration. Dans le cadre du nouvel accord, l'UE accepterait d'accorder 13,8 milliards d'euros (14,1 milliards de dollars) d'aide pendant la période 2000-2005 dans le cadre du Fonds européen de développement et 1,7 milliard d'euros de prêts, par l'intermédiaire de la Banque européenne d'investissement. Cependant, le renouvellement des préférences commerciales accordées aux pays ACP risque d'enfreindre les réglementations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Depuis la première Convention de Lomé signée en 1975, les pays ACP -- qui sont tous des anciennes colonies européennes -- bénéficient de conditions d'accès préférentielles aux marchés européens pour beaucoup de leurs produits. Mais comme ils ne sont pas tenus d'accorder des privilèges comparables aux biens européens vendus sur leurs marchés, cet accord est jugé contraire au principe de "réciprocité" cher à l'OMC. Auparavant, l'UE a demandé et obtenu de l'OMC une dérogation lui permettant d'accorder des conditions préférentielles "non réciproques." Elle pourrait essayer d'obtenir le renouvellement officiel de cette dérogation, mais n'a pas encore manifesté publiquement une telle intention. Au lieu de cela, les négociateurs de l'UE ont essayé de convaincre les pays ACP de remanier les accords commerciaux de la Convention de Lomé conformément aux réglementations de l'OMC. Les pays ACP estiment qu'il leur faudra au moins dix ans pour que leurs économies puissent s'adapter à la libéralisation accrue des pratiques commerciales. A Bruxelles, les négociateurs sont parvenus à un compromis, qui prévoit une période d'abandon progressif des préférences actuelles pendant huit ans, suivie de la mise en oeuvre d'un nouveau régime commercial plus ouvert, qui s'échelonnerait sur dix à douze ans supplémentaires. Mais les appréhensions ne se sont pas dissipées pour autant. Quelques jours avant l'ouverture de la conférence de l'OMC à Seattle, les Etats ACP, réunis en République dominicaine, ont demandé avec véhémence que les pays en développement bénéficient de délais plus longs pour s'adapter à la concurrence mondiale. Le président de Madagascar, Didier Ratsiraka, a suscité de nombreux applaudissements lorsqu'il a assimilé la mondialisation à "une doctrine totalitaire" et a accusé l'OMC de vouloir réglementer "toutes les activités humaines, qui sont désormais définies comme des objets commerciaux." Au lendemain de l'échec de la réunion de Seattle, l'UE n'a pas à se soucier autant de l'alignement de la Convention de Lomé sur les règles de l'OMC, a déclaré le Ministre des marchandises de la Côte d'Ivoire, Guy-Alain Gauze, lors d'une conférence de presse organisée dans le cadre des négociations de Bruxelles. |