
Selon un rapport indépendant rendu public au siège de l'ONU
à New York, le 16 décembre, le système des Nations
Unies, les membres du Conseil de sécurité -- particulièrement
les Etats-Unis et le Royaume-Uni -- et d'autres Etats membres portent la
responsabilité de n'avoir pas mis fin au génocide de 1994
au Rwanda.
Dans une déclaration, le Secrétaire général Kofi Annan, instigateur de cette enquête, a déclaré "regretter profondément" que l'ONU n'ait pas réussi à empêcher le massacre de 800 000 hommes, femmes et enfants. Il a ajouté que l'un de ses principaux objectifs était de s'assurer que l'ONU ne se trouve jamais de nouveau dans l'incapacité de protéger la population civile d'un massacre collectif. "Nous devons tous amèrement regretter de n'avoir pas fait plus pour empêcher ce massacre."
L'équipe chargée de l'enquête était dirigée par l'ancien premier ministre suédois, Ingvar Carlsson, secondé par Hun Sung-Joo, ancien Ministre des affaires étrangères de la République de Corée, et du Nigérian Rufus M. Kupolati, lieutenant général à la retraite. Les trois hommes ont pu consulter en toute liberté les documents de l'ONU et ont interrogé plus de 100 témoins.
"Il y avait un immense fossé entre le mandat et les réalités politiques au Rwanda et entre le mandat et les ressources allouées," a annoncé M. Carlsson en décembre, lors d'une conférence de presse organisée au siège de l'ONU, faisant allusion à la Mission d'assistance des Nations Unies au Rwanda. L'enquête a permis de conclure que, étant donné sa préparation, son déploiement et sa mise en oeuvre, la Mission des Nations Unies n'était pas en mesure de mettre un terme au génocide. Elle a également pâti d'un manque de volonté politique du Conseil de sécurité et d'autres Etats membres.
"L'Organisation et les Etats membres concernés doivent accepter leur responsabilité et présenter leurs excuses au peuple rwandais," note le rapport.
Le rapport d'enquête indique que diverses mesures ont été prises au cours des dernières années pour améliorer la capacité de l'ONU à réagir face aux conflits et, en particulier, à éviter les erreurs commises au Rwanda.
Reconnaissant le bien-fondé de ces mesures destinées à améliorer les capacités de réaction de l'ONU et à éviter les erreurs passées, le Secrétaire général a cependant ajouté qu'il restait beaucoup à faire.
Les enquêteurs ont souligné l'importance fondamentale du maintien de la paix, a déclaré M. Carlsson. Il faut que les Etats membres comprennent que le maintien de la paix est important et que l'ONU doit s'acquitter de ses devoirs à cet égard. "Le cas du Rwanda prouve que les opérations de maintien, voire d'imposition, de la paix doivent impérativement disposer du personnel et des ressources militaires adéquats ; autrement les dégâts seront plus importants que les bénéfices qui en ont résulteront," a-t-il ajouté.
Les présidents Benjamin Mkapa (Tanzanie), Daniel arap Moi (Kenya) et Yoweri Museveni (Ouganda) ont signé le 30 novembre un traité instituant une nouvelle Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE), 22 ans après l'échec d'une première union de ces trois pays.
Le traité, qui doit être ratifié dans les six mois à venir, prévoit une union douanière et un marché commun, l'harmonisation des mesures d'incitation à l'investissement, une stratégie régionale en matière de tourisme, une bourse régionale et, à terme, une union monétaire et une fédération politique. Depuis leurs premières résolutions prises en 1997, les trois pays ont commencé à délivrer des passeports communs, ont assuré la convertibilité de leur devise et présentent simultanément des budgets à leur parlement respectif.
Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), le produit intérieur brut (PIB) de l'Afrique devrait augmenter en 2000 de 5 % environ, pourcentage nettement supérieur à la hausse de 1999 qui avoisinait 3,1 % selon les dernières estimations. D'après les Perspectives économiques mondiales du FMI, ce progrès est en partie dû aux "politiques macroéconomiques adéquates soutenues" mais aussi aux conditions météorologiques plus favorables, bénéfiques à la production agricole.
Les chiffres globaux de 1999, note également le FMI, masquent de grandes différences entre pays africains. L'Algérie et un certain nombre d'économies moins importantes -- notamment le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Mozambique, le Soudan, la Tanzanie, la Tunisie et l'Ouganda -- ont enregistré une croissance satisfaisante de leur PIB, entre 4 et 5,5 %.
En revanche, trois des plus grandes économies africaines ont obtenu des résultats médiocres. Le PIB du Nigéria n'a probablement progressé que de 0,5 % en 1999, principalement en raison des prix bas du pétrole en début d'année, et de la baisse de la production pétrolière qui a ensuite eu lieu. La croissance du PIB de l'Afrique du Sud n'est que de 0,7 % -- une amélioration par rapport au 0,5 % de 1998 -- mais elle devrait atteindre 3,5 % en 2000. La croissance a également été lente au Maroc en 1999, de l'ordre de 0,6 %, principalement en raison de la baisse de la production agricole due à la sécheresse.
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