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Nancy Hafkin, Chef de la Section services d'information pour le développement de la CEA, préconise de créer, de gérer et de disséminer des informations de façon à ce que les Africains puissent trouver sur Internet des informations utiles qui soient produites par des Africains.
"C'est très impressionnant, tout ce qui se trouve déjà sur Internet," s'exclame Mme Nancy Hafkin, en faisant référence au contenu du guide Africa on the Internet : An Annotated Guide to African Web Sites (L'Afrique sur Internet : Guide annoté des sites Web africains). En publiant ce volume de 279 pages, la Commission économique pour l'Afrique (CEA) a pour la première fois recensé tous les sites Web "produits par des Africains, hébergés en Afrique ou présentant un contenu africain." Ce volume passe par ordre alphabétique de l'Algérie au Zimbabwe et des arts au tourisme. Déjà diffusé sur le site Web de la CEA <www.un.org/Depts/eca/adf>, ce Guide sera mis à jour, corrigé et imprimé sur papier et sur CD-ROM.
Mme Hafkin est à la tête de l'équipe Promotion des
technologies de l'information pour le développement, dans la Section
services d'information pour le développement de la CEA. Elle travaillait
déjà à la CEA lorsque cette organisation a commencé
en 1979 à mettre en place un Système panafricain de documentation
et d'information (PADIS), avec, pour partenaires "intellectuels et
financiers," le Programme des Nations Unies pour le développement
(PNUD), l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science
et la culture (UNESCO) et le Centre canadien de recherches pour le développement
international (CRDI). Le but de ce projet était d'accroître
l'accès à l'information organisée aux fins de la planification
du développement. La méthode employée consistait à
créer à la CEA une base de données informatisée
qui permettrait de centraliser et de disséminer ces informations,
et de former des spécialistes qui établiraient ensuite des
bases de données nationales.
Ce projet a remporté certains succès. PADIS a permis d'établir une base de données bibliographique d'informations sur le développement "qui est encore maintenant mise à jour, et reliée à la base de données statistiques de la CEA." Plusieurs centaines d'Africains ont été formés aux logiciels de gestion de l'information relative au développement et 23 pays ont assuré la maintenance de bases de données aux fins de la planification du développement. En 1994-95, PADIS comptait parmi ses participants 40 centres nationaux, "dans des universités, ou des centres d'information et de documentation des ministères des finances et de la planification, qui utilisaient tous la méthodologie de PADIS et produisaient des publications nationales."
Mais le concept à l'origine du projet dépassait de loin les réalités technologiques : ni les producteurs ni les demandeurs d'information n'avaient accès aux connexions par satellite qui auraient permis le transfert électronique d'informations entre les centres nationaux et Addis-Abeba. Les participants dépendaient donc des photocopieuses et des services postaux. En outre, "il s'est avéré impossible d'obtenir auprès de chaque système national un exemplaire de tous les documents saisis. Il fallait envoyer une demande par écrit, par téléphone, ou plus tard par télécopie; une recherche des bases de données était ensuite effectuée et les réponses étaient renvoyées. Ensuite, vous choisissiez les documents qui vous intéressaient. Par échange de courriers, le processus pouvait durer trois ans."
La CEA a commencé à coopérer avec le CRDI sur les réseaux d'ordinateurs en 1987, l'année où PADIS a été renommé "Système panafricain d'information pour le développement." La CEA a compris qu'Internet pouvait accomplir "de façon extrêmement décentralisée ce que nous avions naïvement espéré faire en 1979." La CEA continue d'aider les institutions et pays à faire en sorte que leurs informations soient, une fois classées, accessibles sur Internet, sur CD-ROM et par d'autres moyens électroniques.
D'après Mme Hafkin, on entend souvent dire que "l'ère de l'information consiste avant tout à se connecter. Mais l'on n'est alors qu'un simple récepteur, alors qu'il s'agit avant tout de produire, et non pas de consommer. C'est le message que nous essayons de faire passer dans tous les séminaires, réunions et ateliers que nous organisons."
Elle indique que la Francophonie, l'association culturelle internationale de francophones, accorde des "dons très importants" à la mise en place de sites Web. Sur Internet, la présence mondiale des francophones sur Internet reste infime par rapport aux sites anglophones, mais en Afrique, la contribution francophone est "très importante. Ce qui est très intéressant, c'est qu'elle vient de la base, des ONG, des associations locales et des entrepreneurs, et que les questions sexospécifiques en sont un aspect important."
La CEA encourage la mise en place de sites Web au niveau régional et national et reçoit des demandes de formation. Mais "il faut classer l'information disponible en documents et en bases de données. Nous commençons donc par la gestion de l'information et le développement de base d'un site Web." La CEA essaie "également de relier les pouvoirs publics aux entreprises locales du secteur privé qui peuvent fournir formation et services d'assistance."
Mme Hafkin rappelle que "la priorité doit toujours être donnée aux besoins des utilisateurs. Vous devez penser à l'environnement dans lequel vous travaillez et au type d'information dont vous et vos collaborateurs avez besoin et répondre à ces besoins sans être obnubilé par la technologie." Elle recommande donc vivement de réfléchir à des moyens pratiques qui permettraient de concilier les anciennes et les nouvelles technologies afin d'atteindre les populations et de les aider à rendre leurs connaissances accessibles.