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D'après les estimations d'un expert, on compte aujourd'hui en Afrique environ un millier de projets faisant appel à divers aspects des télécommunications, de l'audiovisuel et de l'informatique, et financés par des sources externes. Pour harmoniser ces différents projets et établir leurs propres priorités de développement, 22 pays africains* ont décidé de définir des programmes de politiques et de mise en oeuvre en matière d'infrastructure nationale d'information et de communication et en sont actuellement à différents stades. Leur objectif est d'utiliser les nouvelles technologies de façon à accélérer les progrès au niveau national et sectoriel.
Ces programmes d'infrastructure sont l'un des principaux éléments de l'Initiative société à l'ère de l'information, que les ministres africains ont adoptée en 1996. Ils ont ainsi engagé leurs gouvernements à entamer un processus qui exige la participation active du secteur privé et de la société civile. Les projets d'infrastructure doivent prendre en compte le cadre juridique, l'infrastructure physique et le matériel servant à stocker, à traiter, à transmettre ou à afficher des données sous la forme de texte, de voix et d'images. Et, ce qui est plus important encore, il est également nécessaire de consulter un grand nombre de représentants très divers des secteurs public et privé, des organisations de la société civile, ainsi que des étudiants et du grand public, afin de les interroger sur leurs besoins.
Les projets d'infrastructure progressent, grâce notamment au parrainage
des gouvernements africains. Ces derniers ont pour partenaires, entre autres:
la Carnegie Corporation (New York), la CEA, le Centre de recherches pour
le développement international (CRDI) (Canada), le PNUD, l'Organisation
des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, l'Agence
des Etats-Unis pour le développement international et la Banque mondiale.
Photo : Antonio Fiorente
En 1997, dix pays ont commencé à définir des programmes d'infrastructure avec le concours de la CEA : le Burundi, l'Ethiopie, le Mali, le Malawi, le Maroc, la Namibie, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie et la Tunisie. Douze autres pays se répartissent en deux catégories: le Mozambique, le Sénégal, l'Afrique du Sud et l'Ouganda collaborent, également depuis 1997, au programme Acacia du CRDI, principalement axé sur le développement communautaire, et les autres pays -- le Bénin, le Burkina Faso, Cap-Vert, le Gabon, le Ghana, la Guinée, la Mauritanie et le Nigéria -- se sont attelés à la tâche seulement en juillet dernier, avec l'aide du CRDI.
Quels que soient les pays concernés, ces efforts ont différents éléments en commun : évaluation des besoins, sensibilisation, préparation de plans, coordination des politiques et mise en oeuvre des programmes. Parmi les autres thèmes récurrents figurent les questions sexospécifiques et les jeunes, la participation de la communauté, la recherche et la formation.
D'après la CEA, les principaux "acteurs" devraient jouer un rôle actif dans l'élaboration de politiques d'infrastructure d'information et de communication : les pouvoirs publics et les entreprises parapubliques, les entreprises privées nationales et internationales, les organismes chargés des réglementations, les compagnies de télécommunications publiques et privées, les organisations de la société civile, les milieux universitaires, les centres de recherche et les experts en technologies de l'information, et les organismes internationaux et régionaux.
D'après la CEA, les pays devraient former une équipe de développement d'infrastructure composée d'experts de différents secteurs et chargée de s'entretenir avec les principaux "acteurs." Parmi les fonctions qui lui incombent, l'équipe commence par définir les priorités sectorielles du programme de développement national et recense ensuite les besoins, les priorités et les aspirations des "acteurs" en matière de technologies d'information et de communication. Elle évalue alors les projets existants dans le domaine des technologies de l'information et dresse le bilan de ces technologies à l'échelle nationale dans quatre grands domaines, en commençant par les politiques, et plus particulièrement les réglementations, l'équité des sexes, l'environnement et le rôle du secteur privé. Elle étudie en deuxième lieu l'infrastructure : matériel physique et électronique, installations et services. Le troisième domaine est lié à "l'infostructure," c'est-à-dire aux questions de contenu (bases de données, sites Web) et d'applications (mettre les technologies à la portée de tous, y compris des illettrés). Vient ensuite le domaine qui est peut-être le plus important : la formation et la recherche. La réalisation du projet d'infrastructure s'appuie sur une stratégie de mise en oeuvre à court, à moyen et à long terme, qui définit également les responsabilités des "acteurs" et les partenariats nécessaires.
D'après la CEA, ce processus amène les gouvernements africains à définir "une vision d'avenir claire et à prendre en charge" l'application de nouvelles technologies aux priorités en matière de développement et à promouvoir les changements organisationnels qui s'imposent. Le secteur privé doit à son tour faire preuve d'innovation, tandis que la société civile doit s'assurer que les projets d'infrastructure répondent aux besoins "des groupes défavorisés."