Problèmes d'accès aux ordinateurs

En Afrique, les ordinateurs sont relativement peu nombreux : on compte, d'après des estimations récentes, de 1 à 3 ordinateurs par millier d'habitants, le maximum étant atteint par le Botswana, l'île Maurice et l'Afrique du Sud, où ce ratio avoisine 20 ordinateurs pour mille habitants. Les ordinateurs valent également cher. Ils sont rarement assemblés dans les pays africains et sont taxés dans de nombreux pays comme des produits de luxe. Les revendeurs imposent également leurs marges bénéficiaires. Seuls l'île Maurice, le Sénégal, l'Afrique du Sud, la Tanzanie et l'Ouganda font figure d'exceptions notables. Dans ces pays, les taxes à l'importation ne dépassent pas 10 %, mais le matériel de communication et les périphériques restent soumis à des taxes plus élevées. En 1995, seuls cinq pays africains pouvaient avoir accès à Internet. Début 1999, seules la République du Congo, l'Erythrée et la Somalie n'y avaient pas accès. Mais les coûts d'accès à Internet n'en restent pas moins prohibitifs.


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Photo : African Virtual University


La plupart des fournisseurs de service Internet sont situés dans des centres urbains, où les appels locaux coûtent souvent trop cher pour la plus grande partie de la population. En dehors des villes, il faut passer un appel longue distance, au coût élevé, pour se relier à un fournisseur de service. Pour l'instant, seuls 13 pays ont réglé ce problème en créant un "indicatif" spécial d'accès à Internet, facturé au prix des appels locaux.

Pour l'instant, les tarifs des fournisseurs d'accès varient entre 10 et 100 dollars par mois. L'accès à Internet est souvent moins cher dans les pays qui ont plusieurs fournisseurs d'accès. Les entreprises publiques de télécommunications fournissent maintenant des services Internet dans 31 pays, ayant ainsi la mainmise sur les "portails" internationaux. Lorsque les entreprises publiques se partagent le marché avec le secteur privé -- comme c'est le cas en Côte d'Ivoire, au Mozambique, au Nigéria, en Afrique du Sud et en Zambie -- les frais d'accès à Internet sont plus bas.

Dans les pays autres que l'Afrique du Sud, l'accès le moins cher à Internet se fait par l'intermédiaire de services bidirectionnels, par satellite, qui se connectent directement aux Etats-Unis ou à l'Europe en passant par des terminaux équipés d'un microterminal (VSAT). Ce système a été très vite adopté là où les réglementations le permettent, c'est-à-dire au Mozambique, en Tanzanie, en Ouganda et en Zambie.

La plupart des connections Internet de l'Afrique se font par les Etats-Unis, ou dans certains cas, par le Royaume-Uni et la France. Seuls quelques fournisseurs d'accès du Lesotho, de la Namibie et du Swaziland ont fait de l'Afrique du Sud leur centre de transit. A l'exception d'une liaison entre l'île Maurice et Madagascar, il n'existe aucun lien Internet entre pays africains voisins. Les tarifs internationaux élevés dissuadent les fournisseurs d'accès d'établir de multiples liens internationaux. Ils doivent alors faire passer tout leur trafic sur un seul circuit international au coût élevé.

En conséquence, les échanges Internet entre pays africains se soldent par des paiements de plus en plus lourds aux fournisseurs d'accès européens ou américains. Les Africains pourraient se joindre à l'action des opérateurs et des autorités réglementaires asiatiques, qui entendent lutter contre le même déséquilibre en Asie.

L'Afrique a pour l'instant joué un rôle minime dans l'élaboration de politiques mondiales relatives à Internet. Les fournisseurs africains ont cependant commencé à faire évoluer la situation en 1998 lorsqu'ils ont créé un organisme régional (AfrINIC) en vue de remplir en Afrique le rôle de gestionnaire d'Internet qu'ont jusqu'ici assumé les Etats-Unis et l'Europe.

 

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