Julius K. Nyerere, 1922-1999

Le premier président de la République-Unie de Tanzanie (1961-85), et l'un des hommes d'Etat les plus connus d'Afrique, Julius Kambarage Nyerere, est mort à Londres le 14 octobre 1999, des suites d'une leucémie. Voici des extraits des hommages rendus à Mwalimu ("enseignant" en Swahili son surnom), à Dar es Salaam et en d'autres lieux :

Thabo Mbeki, président de l'Afrique du Sud : Aujourd'hui, les laissés-pour-compte de notre continent marchent d'un pas plus ferme, confiant dans un avenir plus radieux... Ils marchent la tête haute et n'ont plus peur de regarder dans les yeux les demi-dieux cupides du passé... C'est à ces générations qu'incombe le devoir de répondre aux cris étouffés de ceux qui ont été réduits en esclavage et colonisés par des étrangers, et maltraités par leurs propres frères. Ils s'appuient désormais sur de solides bases, sur les fondations en pierre que Mwalimu a construites.

On y retrouve les passions qui faisaient sa richesse : l'amour des peuples et la loyauté envers leurs causes ; l'engagement en faveur de la paix ; les principes ; l'honnêteté, la simplicité, l'humilité et l'intégrité personnelle ; le courage et de grandes capacités intellectuelles ; l'espoir face aux difficultés ; la détermination à assurer à l'Afrique un avenir plus radieux, afin de bannir les siècles ténébreux de notre passé.

Benjamin Mkapa, président de la Tanzanie : Il nous laisse un héritage de paix et d'unité qui fait l'admiration du monde entier. Un héritage que nous ne pouvons laisser se dilapider... S'il était parmi nous aujourd'hui, il nous demanderait de poursuivre sa lutte contre la pauvreté, l'exploitation et la discrimination... Il nous demanderait d'accélérer le processus d'intégration des économies africaines et de promouvoir l'unité africaine. Il soutiendrait l'indépendance collective de l'hémisphère Sud.

Theo Ben-Gurirab, président de l'Assemblée générale des Nations Unies, Ministre des Affaires étrangères de la Namibie : Il y a 36 ans, quand je suis arrivé dans le pays qui s'appelait alors le Tanganyika, j'étais un tout jeune homme... exalté par la puissance du panafricanisme... Le Mwalimu que j'ai rencontré était le libérateur, le penseur, le stratège, l'organisateur, qui nous a, avec patience et générosité, initiés aux politiques de libération, à l'unité africaine, à l'édification de nations et à la solidarité internationale avec les peuples du tiers-monde... Ce fut Mwalimu qui, avec le grand Kwame Nkrumah, du Ghana, a renforcé ma détermination à obtenir la libération de la Namibie et l'indépendance nationale.

Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU : C'était un défenseur passionné et éloquent de l'Afrique et de tous les pays en développeme