'Pas de développement sans santé'

Ce sont des processus à long terme, a déclaré Dr Ebrahim Samba à Afrique Relance.

 


Le Directeur pour l'Afrique de l'Organisation mondiale de la santé, Ebrahim Samba

Le secteur de la santé ne fournit pas de services aux populations africaines, déclare Dr Ebrahim Samba, Directeur pour l'Afrique de l'Organisation mondiale de la santé. Pour reformer le secteur de la santé, il faut procéder à des réformes de toute la fonction publique car on ne peut isoler et oublier l'éducation, l'agriculture, etc., ajoute-t-il. Toutefois, il est très difficile de parvenir au consensus nécessaire entre les dirigeants nationaux, les ministres, la société civile et les donateurs.

Un autre problème, selon Dr Samba, tient à la nécessité de disposer de ressources suffisantes et de faire preuve de l'engagement voulu pour poursuivre un processus qui est à long terme (entre 20 et 50 ans). Interrogé sur ce qui a été fait pour accroître les ressources budgétaires du secteur de la santé, il a rappelé que les ministres africains de la santé réunis à Brazzaville avaient convenu de faire allouer par leurs gouvernements 5 % du budget national à la santé à une époque où la moyenne était de 3 % à 4 %. Les gouvernements réagissent, indique Dr Samba, notant que certains consacrent plus de 14 % de leur budget à ce secteur, la moyenne se situant entre 8 % et 9 %.

Cependant, il ne suffit pas d'accroître les crédits. La répartition est aussi primordiale, "certains gouvernements continuant à dépenser trop pour les traitements curatifs et pas assez pour la prévention et les soins de santé primaires, les maladies infantiles qu'une vaccination à moindre frais permet de maîtriser, l'identification des priorités et leur adaptation aux allocations budgétaires." La part du budget est très importante mais la réaffectation des ressources l'est tout autant et "nous avons toujours des difficultés dans ce domaine."

A la question de savoir si la santé n'est plus un "objectif marginal," Dr Samba a répondu sans équivoque : "Oui ! Il était évident que l'ajustement structurel a touché de plein fouet la santé et l'éducation. Nombre de ceux qui imposaient l'ajustement structurel reconnaissent maintenant ses effets négatifs. Selon l'ajustement structurel, on ne peut recruter plus d'enseignants et d'agents hospitaliers; on doit réduire les salaires. Mais on ne peut améliorer la santé d'un pays sans améliorer l'éducation et les soins de santé primaires. Ce sont des éléments indispensables en matière de mortalité maternelle et infantile et d'espérance de vie. Pour avoir un impact sur la santé, il faut éduquer les gens, en particulier les femmes et les filles, mais aussi investir dans les services de santé de base. C'est l'un des domaines auxquels s'est attaqué l'ajustement structurel. On parle maintenant d'ajustement "à visage humain." Comme les choses ont changé !"

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