
"L'Afrique souhaite avoir la technologie et les capitaux américains, alors que les Etats-Unis souhaitent avoir le marché africain," a déclaré M. Hidipo Hamutenya, Ministre du commerce de la Namibie, en résumant les avantages d'une coopération entre les deux partenaires au forum de haut niveau qui s'est tenu à Houston du 25 au 28 avril. Les chefs d'Etat ou de gouvernements du Botswana, de la Côte d'Ivoire, de la Guinée équatoriale, du Gabon, du Ghana, de Maurice et de la Namibie et le vice-président désigné du Nigéria ont assisté aux travaux de la "Conférence pour attirer des capitaux en Afrique," organisée par le Corporate Council on Africa ainsi que des responsables de 22 autres pays africains et plus de 750 hommes et femmes d'affaires des Etats-Unis.
Le volume des exportations américaines vers l'Afrique a augmenté de 8 % l'année dernière, mais celui des échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l'Afrique est nettement inférieur à celui avec d'autres régions depuis une dizaine d'années, a déclaré le Secrétaire américain au commerce William Daley. De son côté,
M. Hamutenya a qualifié la manifestation de Houston de la plus récente d'une série d'initiatives visant à stimuler l'intérêt des sociétés américaines pour les marchés africains. Parmi d'autres initiatives figure la réunion de 87 membres de différents cabinets ministériels africains et d'une douzaine de leurs homologues américains qui s'est tenue à Washington en mars et a été ouverte par le président Clinton. En outre, un forum consacré à la coopération économique entre les 14 membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe et les Etats-Unis a eu lieu à Gaberone (Botswana) une semaine environ avant la conférence de Houston.
Les femmes ont un rôle éminent à jouer dans le processus de paix en Afrique, ont déclaré des centaines d'Africaines à l'issue d'une conférence qui s'est tenue à Zanzibar du 17 au 20 avril. Parrainés par l'UNESCO, le Gouvernement tanzanien et l'Organisation de l'unité africaine, les travaux de la conférence ont attiré quelque 300 femmes, dont 23 ministres et la vice-présidente de l'Ouganda Speciosa Wandira Kazibwe. Outre la Déclaration finale de
Zanzibar, les participantes ont adopté un agenda de grande envergure visant à promouvoir une culture de la paix en Afrique et convenu qu'il serait souhaitable que des groupes de femmes des zones en conflit -- notamment en Erythrée et Ethiopie, dans la région des Grands Lacs et en Sierra Leone, prennent une part active dans l'amorce des négociations de paix.
Seize pays francophones d'Afrique ont l'intention d'établir un tribunal d'arbitration commerciale à Abidjan, en Côte d'Ivoire, cette année. Les sociétés de la région seront ainsi à même de porter leurs différends devant cette nouvelle instance, où les cas seront entendus par des médiateurs tiers.
L'établissement du tribunal permettra aux milieux d'affaires de la région de se rapprocher de l'objectif d'élaborer un système du droit des affaires commun, conformément aux clauses du traité signé à Maurice en 1993, qui a créé l'Organisation africaine pour l'harmonisation du droit des affaires (OHADA). Les spécialistes prévoient que la création de ce tribunal sera de nature à renforcer la confiance des investisseurs de la région.
L'intégration régionale n'est pas "un luxe, mais une nécessité économique," a souligné le président Frederick Chiluba de Zambie à l'ouverture du sommet des 24 et 25 mai des 21 membres du Marché commun pour l'Afrique orientale et australe (COMESA). Douze chefs d'Etat et autres dirigeants des pays membres de l'association se sont réunis à Nairobi, au Kenya, pour préconiser l'intégration régionale comme élément indispensable de la transformation économique.
Les pays membres visent à éliminer 90 % des droits de douane d'ici octobre 1999, puis de supprimer totalement ces droits avant octobre 2000. Un rapport du COMESA souligne que deux pays -- Madagascar et l'Egypte, ont déjà réduit leurs droits de douane de 90 %, alors que huit pays ont diminué les leurs de 80 %. Toutefois, certains pays peinent à satisfaire les objectifs de libéralisation commerciale qu'ils s'étaient fixé.
Les dirigeants ont déploré le gaspillage des ressources dans les conflits en Angola et en République démocratique du Congo, et le différend frontalier entre l'Erythrée et l'Ethiopie. "Il n'est pas possible de renforcer nos échanges commerciaux tant que les guerres réduisent à néant nos capacités de production," a déclaré le président kényen Daniel arap Moi, le nouveau président du groupe régional, qui s'est prononcé pour le renforcement des mécanismes de règlement des conflits à l'intérieur du COMESA.
NOMINATIONS
M. Samuel C. Nana-Sinkam (Cameroun) a été nommé Représentant du Secrétaire général en Guinée-Bissau et chef du Bureau d'appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix dans ce pays. Au moment de sa nomination, M. Nana-Sinkam était le représentant de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture à Brazzaville, en République du Congo, depuis 1995. Le Secrétaire général a également nommé un nouveau Représentant spécial pour le Sahara occidental, M. William Eagleton (E.-U.). M. Eagleton a été auparavant coordonnateur spécial de l'ONU chargé de la remise en état des services essentiels à Sarajevo (1994-1996), et a servi de 1988 à 1994 comme Commissaire général adjoint de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). |