Détérioration
du système scolaire et des services de santé
Pendant ses dix premières années
d'indépendance, le Nigéria a réalisé
des progrès considérables dans le secteur de l'éducation,
mais la situation s'est détériorée depuis.
Le nombre d'enfants scolarisés à l'école
primaire est passé de 3,5 millions en 1970 à 20,4
millions en 1997, et la fréquentation de l'enseignement
supérieur a augmenté de 15 600 à 862 023
étudiants. Bien que les gouvernements successifs aient
fait de l'éducation une priorité, les budgets n'ont
pas augmenté aussi rapidement que le nombre d'étudiants,
et la qualité de l'enseignement s'en est durement ressentie.
L'insuffisance des services de maintenance n'a fait qu'aggraver
la situation. De nombreux établissements scolaires manquent
de moyens de première nécessité, et notamment
de livres et de bibliothèques, et la taille des classes
augmente. Dans beaucoup d'écoles, les locaux sont en piètre
état, sans eau ni électricité.
Seuls 57 % des adultes savent lire et écrire,
ce qui correspond au taux d'alphabétisation de l'Afrique
subsaharienne, (le taux moyen étant de 71 % pour
l'ensemble des pays en développement). Le niveau d'instruction
du Nigéria n'a guère évolué dans
les années 90, bien que le nombre de femmes sachant lire
et écrire ait augmenté, passant de 23 % en
1980 à 47 % en 1995.
Le gouvernement doit non seulement améliorer
les établissements scolaires, et en ouvrir davantage,
mais aussi persuader les pauvres d'aller à l'école.
Dernièrement, de plus en plus d'enfants abandonnent leurs
études pour travailler, pour compléter des revenus
familiaux insuffisants ou pour assurer leur propre survie. Dans
les villes, les rues pullulent d'enfants occupés à
toutes sortes de petits travaux, qu'il s'agisse de vendre de
la nourriture à la sauvette ou de travailler en atelier
dans des conditions inhumaines. D'après le rapport La
situation des enfants dans le monde, 1999 de l'UNICEF, le
nombre de garçons abandonnant leurs études dans
quatre Etats de l'est du Nigéria est passé de 51 %
en 1994 à 58 % en 1996.
Les soins de santé pâtissent également
de budgets insuffisants. De 1994 à 1997, les dépenses
de santé n'ont représenté que 4,5 %
du budget. La plupart des centres de santé manquent notamment
de médicaments et de pansements. Par rapport à
la taille de la population, le Nigéria compte un nombre
adéquat de médecins et d'infirmiers : le ratio
de 3 780 habitants par médecin est nettement supérieur
à la moyenne de l'Afrique subsaharienne. Mais le pays
pourrait encore s'améliorer : en 1995, le Ministre
de la santé de l'époque, Ikechukwu Madubuike a
estimé qu'il n'y avait pas moins de 21 000 médecins
Nigérians travaillant aux Etats-Unis, c'est-à-dire
à peu près autant que le nombre de médecins
exerçant au Nigéria. Cet exode a été
stimulé, en partie, par les bas salaires et les moyens
insuffisants.
Malgré les graves lacunes de ses hôpitaux,
le Nigéria a réussi à mettre en oeuvre de
grandes campagnes de santé primaire, et notamment d'immunisation
des enfants, de thérapie de réhydratation orale
et d'iodisation du sel. Cependant, de nombreuses maladies, évitables
ou guérissables, continuent de faire des ravages. Il s'agit
par exemple de la diarrhée, des infections respiratoires
et du paludisme, d'autant plus répandus que moins de la
moitié de la population a accès à de l'eau
salubre. Récemment, le VIH est devenu de plus en plus
préoccupant. 5 % des Nigérians seraient actuellement
séropositifs.
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