
Une agriculture qui n'est pas à la hauteur de son potentielLes sols et le climat du Nigéria sont propices à un grand nombre de cultures variées, dont notamment le manioc (dont le Nigéria est le plus grand producteur mondial), le millet, le sorgho et le maïs. L'agriculture est la plus grande source d'emplois : elle occupe environ 60 % de la population active, le plus souvent dans des petites exploitations. Avec l'élevage, l'agriculture représente le tiers du produit intérieur brut. De 1993 à 1997, la croissance moyenne de
la production agricole a avoisiné les 3,5 % et a
dépassé le taux d'accroissement démographique.
Cette croissance a fait suite à la stagnation de la première
moitié des années 80, période pendant laquelle
le taux de croissance moyen ne dépassait pas les 0,5 %,
à cause de prix à la production peu élevés,
de restrictions de commercialisation et de la sécheresse.
L'agriculture a repris après les réformes économiques
lancées en 1986, qui ont imposé la libéralisation
des échanges et le démantèlement des offices
de fixation des prix et ont amélioré les prix à
la production grâce à la dévaluation du naira.
Entre 1986 et 1992, la croissance du secteur a atteint en moyenne
3,8 % et le secteur des cultures marchandes a connu un regain
d'activités, de nombreux fermiers recommençant
à cultiver des champs qu'ils avaient abandonnés.
Mais cette tendance n'a pas duré et la production de cultures
marchandes, n'a pas non plus bénéficié d'investissements
supplémentaires. L'amélioration de la production
vivrière a contribué à réduire les
importations alimentaires, qui, de 19,3 % du total des importations
en 1983, sont passées à 7,1 % en 1991, avant
de remonter à 13,1 % en 1996. Grâce à une meilleure production de manioc et d'autres récoltes, les importations alimentaires ont diminué ces dernières années. Si la production agricole a augmenté, c'est en grande partie grâce à l'extension de la superficie cultivée et non à des gains de productivité. La dégradation des sols a empiré, en raison de la culture surintensive de terres fragiles. La part des produits agricoles dans le total des exportations a connu une chute vertigineuse, passant de plus de 70 % en 1960 à moins de 2 % aujourd'hui. Ce déclin s'explique en grande partie par la progression astronomique des exportations de pétrole, mais il illustre également la baisse de la production de produits tels que le cacao, l'huile de palmier, le caoutchouc et les arachides, dont le Nigéria était autrefois un grand producteur mondial. Par exemple, la production de cacao, actuellement la plus grande source de revenus à l'exportation après le pétrole, stagne depuis 1995 aux alentours de 160 000 tonnes par an, alors qu'elle atteignait 400 000 tonnes par an avant l'essor du pétrole. Le gouvernement s'est efforcé de stimuler l'investissement privé dans le secteur de l'industrie agro-alimentaire, en prenant certaines mesures incitatives, dont notamment des réductions fiscales, des crédits de financement et des services de vulgarisation. Mais ces efforts n'ont pas donné beaucoup de résultats. |