A F R I Q U E H O R I Z O N

DETTE

Les ministres du G7 s'accordent à améliorer l'Initiative PPTE

Les ministres des Finances des sept grandes puissances industrielles ont, lors de leur rencontre à Bonn les 20 et 21 février, convenu qu'elles accorderaient une réduction plus rapide de la dette à davantage de pays pauvres très endettés (PPTE) du monde. L'élément clé de ce consensus est une initiative du nouveau gouvernement allemand, présidé par le Chancellier Gérard Schröder qui a abandonné la politique d'opposition de son prédécesseur. Bien que la décision en ce qui concerne le montant exact de la dette à être annulée ait dû être reportée à la conférence au sommet du G7 qui aura lieu au mois de juin de cette année, il serait question d'annuler quelque 50 milliards de dollars de dette sur moins de deux ans.

Sur les 41 pays, classés dans la catégorie des PPTE, lors du lancement de l'initiative en 1996, (33 sont en Afrique), seuls deux ont pu obtenir un allégement de la dette -- l'Ouganda en avril et la Bolivie en septembre 1998. Cinq autres pays ont été déclarés éligibles le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guyane, le Mozambique, le Mali; l'éligibilité de la Guinée-Bissau, prévue pour la première moitié de 1999, a été reportée en raison du conflit qui sévit dans le pays.

Selon une proposition, la rigueur des critères d'éligibilité au PPTE serait atténuée en faisant passer de 200 à 250 % à environ 150 % le seuil de ratio d'endettement "tolérable" pour les exportations. Une autre proposition, avancée par l'Allemagne, ramènerait de six à trois ans la période des efforts à consentir en matière de politiques pour qu'un pays puisse accéder à un allégement de la dette.

Les ministres ont également étudié une proposition visant à financer un allégement supplémentaire de la dette, en vendant 10 % des 30 milliards de dollars de la réserve d'or du Fonds monétaire international et en réinvestissant le produit de cette vente.

*******

 

SIERRA LEONE

La communauté internationale 'doit être plus impartiale'

Le conflit en Sierra Leone est aussi bien un problème interne que régional; il exige l'attention du Conseil de sécurité et de toute la communauté internationale, a déclaré M. James Jonah, ministre des Finances de la Sierra Leone et ancien Secrétaire général adjoint aux affaires politiques (ONU), lors d'une conférence de presse tenue le 29 janvier au siège des Nations Unies.

M. Jonah a instamment demandé aux membres du Conseil de sécurité d'examiner la crise en Sierra Leone. "Vous ne pouvez pas poursuivre les Etats parias du Moyen-Orient et d'Europe sans poursuivre ceux de l'Afrique," a-t-il déclaré. Il a également dit que la communauté internationale et le Conseil de sécurité "doivent être plus impartiaux ."

Accusant le Libéria et le Burkina Faso d'avoir aidé à organiser la dernière invasion rebelle de Freetown, la capitale, et d'y avoir contribué financièrement, M. Jonah a demandé au Conseil de sécurité de faire comprendre à ces deux pays qu'il ne tolèrerait pas leur intervention dans le conflit. Il a également accusé le Libéria de fournir aux rebelles une formation militaire et de leur donner asile.

Freetown a été ravagée au début de 1999 par une lutte intense entre le Front révolutionnaire uni et le Conseil révolutionnaire des forces armées. Plus de 3 000 personnes ont trouvé la mort depuis la reprise de l'offensive rebelle en décembre dernier et un très grand nombre de personnes ont été mutilées par les combattants rebelles.

*******

 

DÉVELOPPEMENT

Ouverture d'un nouveau centre de formation en politiques

La Banque africaine de développement (BAD), le Fonds monétaire international (FMI), et la Banque mondiale ont créé le "Joint Africa Institute" (JAI), pour la formation en politique des responsables africains. Le JAI, dont le siège est à Abidjan (Côte d'Ivoire), fera un grand usage des outils technologiques pour la formation à distance. Il offrira des cours dans les domaines suivants : gestion macroéconomique, allégement de la pauvreté, gouvernance et environnement. Le JAI ouvrira ses portes au cours de la seconde moitié de 1999.

*******

NOMINATIONS

Mme Wangari Maathai (à gauche), critique kényenne de renommée internationale, militant en faveur de l'environnement et des droits de l'homme, a été nommée au Conseil consultatif pour les questions de désarmement, organe établi en 1978 qui a pour mandat de conseiller le Secrétaire général sur les questions de désarmement. Mme Maathai est surtout connue pour son rôle de dirigeant au sein du "Green Belt Movement" au Kenya.

Mme Keita Rokiatu N'Diaye (en dessous, à gauche) du Mali, membre fondateur et Directrice de l'Institut international pour la paix et la sécurité (Mali), a également été nommée au Conseil consultatif. Mme N'Diaye s'est chargée de l'application de l'accord de paix entre le gouvernement du Mali et les rebelles Touareg.

Les autres Africains récemment nommés au Conseil consultatif sont : l'Ambassadeur d'Egypte au Japon, M. Nabil Fahmy, et le Représentant permanent adjoint de l'Afrique du Sud à la Conférence du désarmement, M. Peter Gooson (à droite). M. Fahmy est à la tête de la délégation égyptienne chargée de la mise en oeuvre du processus de paix au Moyen-Orient. M. Gooson s'occupe des questions de désarmement et de nonprolifération des armes depuis plus de 14 ans à la Mission sud-africaine à Genève.

M. Chinua Achebe (à droite), écrivain nigérien de renommée internationale, a été nommé Ambassadeur itinérant aux Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) dont la directrice exécutive, Mme Nafis Sadik a déclaré qu'il aiderait à promouvoir les activités du FNUAP en matière de régulation de la population, notamment en Afrique. La fréquence des infections au VIH et du SIDA témoigne de la nécessité de mettre sur place davantage de services de santé reproductive, en Afrique subsaharienne en priorité, a fait remarquer Mme Virginia Ofosu-Amaah, Directrice de la Section Afrique du FNUAP, lors d'une conférence de presse au mois de janvier.

Le Professeur Amartya Sen (à droite), lauréat du prix Nobel d'Economie 1998 a été nommé Conseiller éminent en développement humain au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Ecrivain prolifique traitant de la pauvreté et de la famine, M. Sen a grandement contribué au Rapport mondial sur le développement humain, publication annuelle du PNUD et, en collaboration avec feu M. Mahbub ul Haq, il a établi l'indicateur du développement humain qui permet de catégoriser les pays en fonction de divers critères de bien-être de leur population.

 

Photos: ONU

 

*******