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Depuis que la Namibie a obtenu son indépendance de l'Afrique du Sud il y a neuf ans, le gouvernement s'est efforcé, par ses politiques, de favoriser l'expansion du secteur privé, d'améliorer les perspectives d'emploi et de diversifier l'économie. A l'heure actuelle, la Namibie est l'une des économies d'Afrique les plus ouvertes et les plus accueillantes pour les investisseurs.
Entre 1991 et 1995, le PIB réel a augmenté en moyenne de 5 % par an, soit bien plus que les 2,6 % d'accroissement annuel de la population. Mais, en 1996, la croissance s'est ralentie, atteignant un taux de 2,9 % qui a ensuite chuté à 1,8 % en 1997, principalement à cause de facteurs extérieurs, tels que la baisse du prix des produits marchands, des conditions climatiques défavorables et le recul de la productivité.
En 1998, la croissance devrait se situer, d'après les estimations, entre 0 et 1,5 %. Cependant, la relance de l'industrie du bâtiment, l'augmentation de la production du secteur de la pêche et l'exploitation de plus en plus importante des mines de diamants en mer devraient stimuler la croissance cette année.

Mais bien que les
inégalités sociales et les taux élevés de pauvreté
et de chômage constituent des défis redoutables, le gouvernement
cherche à maintenir la confiance des investisseurs ainsi que le taux
de croissance d'une économie qui est fortement tributaire du secteur
privé.
Les pouvoirs publics comptent relever ces défis en investissant massivement dans l'éducation et la formation, en développant les services sociaux, en instituant des filets de protection à l'intention des pauvres qui sont presque exclus de la société, en instaurant une réforme agraire et des politiques de "discrimination positive" et, surtout, en continuant à adopter des politiques qui stimulent la croissance économique.
Mais l'accroissement des dépenses fiscales en matière d'éducation, de santé et de services sociaux semble incompatible avec l'objectif que s'est fixé le gouvernement, et qui consiste à réduire progressivement le déficit budgétaire à 3 % du PIB. Mais, d'après les prévisions, les dépenses nominales pour l'exercice fiscal 1998/99 dépasseront de presque 20 % le niveau atteint en 1997/98, à cause dépenses excédentaires des ministères et des lourdes charges salariales de la fonction publique, qui emploie 70 000 fonctionnaires.
Le déficit budgétaire devrait s'aggraver cette année, sous l'effet de la hausse des coûts du service de la dette et du financement de la présence militaire de la Namibie dans la République démocratique du Congo. Le coût du service de la dette nationale pour l'exercice fiscal 1998/99 représenterait 6,51 % du budget, soit 441,7 millions de dollars namibiens, contre 333 millions l'année fiscale précédente. Dans le budget révisé pour 1998/99, 30 millions de dollars namibiens ont été alloués à la présence militaire au Congo mais la réduction des investissements étrangers et des flux d'aide devraient également faire partie des coûts économiques de la guerre. L'Union européenne a par exemple annoncé qu'elle allait réexaminer l'aide apportée aux pays d'Afrique australe participant à la guerre du Congo.
Mais la dette extérieure du pays est relativement faible et la
Namibie, à la différence de nombreux pays africains, n'a pas
à demander l'aide de la Banque mondiale. D'ailleurs elle n'a actuellement
aucun prêt en cours provenant de la Banque mondiale. Le rôle
de la Banque mondiale en Namibie se limite à des prestations d'assistance
technique, visant à aider le gouvernement à réduire
la pauvreté, à renforcer les capacités locales et à
améliorer la gestion des ressources en eau.
Photo : Asser Kangootui
Etant donné le rôle central du secteur privé dans l'économie, les perspectives à moyen terme restent prometteuses. Le pays est peu peuplé, mais ses politiques favorables aux investisseurs et sa stabilité économique en font l'un des marchés les plus intéressants d'Afrique subsaharienne. En 1990, dès la première année d'indépendance, une loi sur les investissements étrangers a instauré des conditions libérales et une protection intégrale en matière d'investissements. Les entreprises implantées dans la zone franche industrielle sont exemptées d'impôts et les entreprises présentes dans les autres régions bénéficient d'un régime fiscal compétitif. D'importants avantages fiscaux sont offerts aux sociétés investissant dans les secteurs miniers et pétroliers.
Dans son Rapport mondial sur les investissements de 1998, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a rangé la Namibie dans la catégorie des "chefs de file" : il s'agit d'un pays qui réussit à attirer un niveau par habitant d'investissements étrangers directs (IED) relativement élevé et de plus en plus important. D'après la CNUCED, en 1997, la Namibie s'est placée au neuvième rang des pays africains par le montant des investissement étranger direct reçus. La conjoncture économique favorable de la Namibie a séduit les donateurs autant que les investisseurs. Une trentaine de pays donateurs se sont engagés à verser 600 millions de dollars au total, au titre du financement du premier Plan quinquennal de développement national, allant de 1996 à l'an 2000. L'Union européenne, la Suède, la Norvège, la Finlande, les Etats-Unis et l'Allemagne comptent parmi les principaux fournisseurs d'aide à la Namibie. L'Allemagne, la première des anciennes puissances colonisatrices de la Namibie, est le pays qui apporte le plus d'aide au développement et d'assistance technique et fournit 7 % de tous les investissements étrangers.
Mais la Namibie vit dans l'ombre d'un géant : l'Afrique du Sud, dont l'économie est quarante fois plus importante. Cette situation s'explique par le passé colonial de la Namibie, qui a été soumise à la domination de l'Afrique du Sud pendant 75 ans. A l'heure actuelle, de 80 à 90 % du commerce extérieur de la Namibie s'effectue avec l'Afrique du Sud, qui fournit également les quatre-cinquièmes de tous les investissements, notamment dans les secteurs stratégiques de l'industrie minière, des banques et des assurances.
La Namibie subit souvent les répercussions de la conjoncture en
Afrique du Sud. C'est par exemple ce qui s'est produit lorsque la monnaie
d'Afrique du Sud, le rand, a fait l'objet d'une attaque spéculative
entre mai et août 1998, principalement à cause des effets de
contagion de la crise financière asiatique. Le dollar namibien, dont
la parité est fixe par rapport au rand, a ensuite perdu environ 20
% de sa valeur l'an dernier. Les taux d'intérêt ont grimpé
en flèche, passant d'environ 16 % en mars à 23 % en décembre,
ce qui a eu pour effet de freiner les investissements et la consommation.
La Namibie fait partie à la fois de la Zone monétaire
commune et de l'Union douanière d'Afrique australe (SACU), qui sont
toutes les deux dominées par l'Afrique du Sud. Avec le Botswana,
le Lesotho et le Swaziland, également membres de la SACU, la Namibie
cherche à renégocier en partie les principales clauses de
ces accords douaniers. De l'avis de certains économistes, les flux
d'investissements, la diversification économique et la croissance
des pays membres sont limités par plusieurs clauses de la SACU. Se
plaignant des inconvénients découlant des importantes relations
économiques avec son voisin, le président Sam Nujoma a déclaré
lors d'une réunion de son Cabinet le 2 février dernier : "Si
l'Afrique du Sud est en phase de récession, devons-nous pour autant
être en phase de récession? Qu'est-ce que c'est que cette logique?
Notre économie est bien sûr liée à celle de l'Afrique
du Sud, mais elle suit son propre cours."
Lors de l'indépendance acquise en 1990, la Namibie a attiré l'attention des investisseurs étrangers qui avaient depuis longtemps fui l'Afrique du Sud en raison de l'apartheid. Mais avec l'avènement de la démocratie au début des années 90, l'Afrique du Sud s'est défait de sa réputation internationale de paria et a suscité un regain d'intérêt parmi les investisseurs étrangers.
"Oui, l'Afrique du Sud entre en ligne de compte," a déclaré le premier ministre Hage Geingob à Afrique Relance. Nous devons donc nous efforcer d'attirer certains des petits investisseurs Aux entreprises qui en ont assez de l'univers bétonné de certaines villes comme Johannesburg, nous conseillons également de venir s'installer dans l'oasis de paix qu'est la Namibie. Et les gens viennent. Certains ferment boutique en Afrique du Sud pour se réinstaller en Namibie. Ils ne sont pas foule mais il y en a quand même un certain nombre."
Cette évolution est confirmée par les progrès du marché financier de la Namibie, très compétitif, et dont les institutions et les services financiers se développent depuis l'indépendance. Windhoek est un centre financier dynamique, où la Bourse de la Namibie s'est ouverte en septembre 1992. La Bourse est un solide marché de capitaux et l'une des places financières d'Afrique à la croissance la plus rapide. Le nombre d'entreprises cotées à la Bourse est passé d'une seule, au lancement, à environ 40 actuellement. Pendant longtemps, la Bourse s'est placée au deuxième rang des places financières africaines en termes de capitalisation (valeur totale des actions échangées), derrière la Bourse de Johannesburg. Avec une capitalisation boursière d'environ 150 milliards de dollars namibiens en 1998 et un volume annuel de transactions d'environ un milliard de dollars, la Bourse se classe maintenant au quatrième rang des places financières africaines.
Reliée électroniquement à la Bourse de Johannesburg, la Bourse de Namibie dispose de moyens techniques sophistiqués, et notamment d'un système informatique intégré qui retransmet le cours et le volume des transactions à l'intention d'un public plus nombreux à l'extérieur. C'est ainsi que les courtiers de Johannesburg peuvent suivre en temps réel les cours de la bourse de Namibie. Dans le cadre d'un accord conclu avec l'Afrique du Sud en septembre dernier, la Namibie est le premier des 14 Etats membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) à se relier avec la Bourse de Johannesburg. Cet accord quasi-historique marque le début d'une plus grande coopération et d'une meilleure intégration des places financières de la SADC.
Grâce à une loi qui oblige les entreprises namibiennes à investir sur place 35 % de leurs ressources financières, la Bourse de Namibie est l'un des marchés financiers les plus stables de la région. Mais les investissements namibiens à l'étranger se chiffrent en milliards de dollars, particulièrement en Afrique du Sud, où les possibilités d'investissement sont beaucoup plus importantes. On estime à plus de 200 millions de dollars namibiens par mois les sorties de capitaux vers l'Afrique du Sud. Le gouvernement a déclaré qu'il allait s'efforcer en priorité de convaincre les détenteurs de ces capitaux de réinvestir en Namibie.
Le gouvernement doit également remédier à une multitude
d'autres problèmes socioéconomiques. La répartition
des revenus est peut-être le plus important de tous. Le revenu moyen
par habitant de 2 220 dollars (en 1997) de la Namibie est plus de quatre
fois supérieur à la moyenne de l'Afrique subsaharienne, ce
qui la place à égalité avec certains pays d'Europe
de l'Est aux revenus faibles et moyens. Mais derrière ce chiffre
se cache l'une des répartitions de revenus les plus inégales
au monde. Un pour cent des ménages, les plus riches, consomme autant
que 50 % des couches les plus pauvres de la population. Héritée
de l'apartheid, cette répartition des revenus correspond au clivage
racial. La minorité blanche, qui détient la plupart des terres
et des grandes entreprises, est en haut de la pyramide des revenus, et la
majorité noire en bas.
Photo : Asser Kangootui
"Le problème le plus important qui se pose aujourd'hui à la Namibie consiste à remédier au taux élevé de pauvreté et aux fortes inégalités économiques," déclare M. Dirk Hansohm, chercheur principal à l'Unité de recherche en politique économique de la Namibie (NEPRU). Ces inégalités de revenus sont d'autant plus choquantes que la Namibie est considérée comme un des pays riches de l'Afrique.
Le gouvernement a lancé divers programmes visant à remédier à la pauvreté et aux inégalités de revenus. Mais certains de ces programmes semblent s'attaquer aux symptômes plus qu'aux causes du problème. L'un d'entre eux prévoit de verser une pension aux plus de 60 ans ou aux handicapés. Avec des allocations budgétaires de 169 millions de dollars namibiens pour l'exercice fiscal 1998/99, ce système de pension contribue pour beaucoup à réduire la pauvreté qui touche une grande partie de la population. Les allocations mensuelles de 160 dollars namibiens versées dans le cadre de ce programme suffisent à peine à couvrir les besoins de base mais constituent la principale source de revenus d'un grand nombre de ménages, principalement en zone rurale.
Pour créer des emplois, améliorer la répartition des revenus et stimuler la croissance du secteur privé, le gouvernement met également l'accent sur les petites et moyennes entreprises (PME). En 1997, des crédits de 13 millions de dollars namibiens ont été affectés au financement des PME, qui sont souvent confrontées à des problèmes d'ordre juridique, financier, commercial, technique et d'encadrement.
Il existe existe déjà 160 000 PME, dont la moitié opèrent dans le commerce au détail. "Ce sont les industries microéconomiques, ainsi que les travailleurs indépendants, qui créeront des emplois. Nous visons donc petit," a déclaré le premier ministre Geingob à Afrique Relance.
Le gouvernement s'efforce également de stimuler la croissance des exportations et de créer des emplois par une autre méthode : les zones franches industrielles. Ces zones sont des paradis fiscaux qui accordent de nombreux avantages aux industries manufacturières ciblant les marchés à l'exportation. Dans toutes les régions, le gouvernement exempte les investisseurs, locaux ou internationaux, d'impôts et de certaines réglementations du droit du travail. "Nous considérons que le pays entier est une zone franche," explique M. Geingob.
Pour remédier aux inégalités héritées du passé colonial et réduire la pauvreté et la détresse de la population, le gouvernement investit massivement dans le secteur de l'éducation, de la formation et de la santé, auxquelles il consacre jusqu'à 40 % de son budget annuel. Depuis l'indépendance, le gouvernement s'est employé à améliorer les services de santé, en allouant aux soins préventifs des ressources qui étaient auparavant consacrées aux seuls soins curatifs, et en mettant l'accent sur les dispensaires communautaires et les soins de santé primaires. La part du budget national consacrée à la santé est maintenant de 13,5 %, ce qui constitue pour l'exercice fiscal 1998/99 le deuxième poste de dépenses après l'éducation. Le gouvernement s'efforce également de rééquilibrer, au profit des zones rurales et des populations défavorisées, la préférence accordée par le passé aux zones urbaines. Grâce à ces efforts, les soins de santé se sont considérablement améliorés.
En Namibie, les principaux problèmes de santé sont les maladies infantiles telles que la diarrhée et les infections respiratoires, les taux élevés de mortalité liée à la maternité et de mortalité infantile, la pneumonie, le paludisme et la tuberculose. Mais le VIH/Sida est devenu la principale cause de décès et fait autant de victimes que le paludisme et la tuberculose réunis. D'après le Rapport sur le développement humain de la Namibie en 1998 du PNUD, le VIH/Sida pourrait bien constituer l'obstacle le plus important au développement du pays. L'espérance de vie pour la période 1995-2000 est de 52,4 ans en tenant compte du Sida et elle serait, sans cette maladie, de 63,1 ans, selon le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/Sida (ONUSIDA). Et, pire encore, l'espérance de vie risque de tomber à 40,6 ans (Sida inclus) pour la période 2000-2005.
Le premier ministre Geingob a expliqué à Afrique Relance que le gouvernement s'efforçait par tous les moyens d'informer la population des dangers du Sida. Mais, insiste-t-il, c'est aux individus eux-mêmes de modifier leur mode de vie. "Apparemment, ils ne veulent rien changer. Que devons-nous faire? C'est tragique," affirme-t-il, en ajoutant que le problème vient en partie des médecins qui, pour une raison ou une autre, refusent systématiquement de dire que quelqu'un est mort du Sida. "Ce sont toujours d'autres complications, comme la tuberculose, qui sont invoquées. Alors peut-être que s'il était possible de dire 'mort du Sida', la situation s'améliorerait." Le Rapport sur le développement humain de la Namibie en 1998 appelle également à une plus grande transparence à cet égard et indique que le silence qui pèse encore sur le Sida en Namibie compromet dangereusement les progrès à réaliser.
Mais c'est dans le secteur de l'éducation et de la formation que la Namibie déploie le plus d'efforts, à en juger du moins par l'ampleur des crédits alloués. Et cette priorité est tout à fait justifiée car le système éducatif a grandement besoin d'être réformé. Environ 15 % des Namibiens n'ont jamais été à l'école, 54 % ont arrêté leur scolarité à l'école primaire, et l'enseignement supérieur n'accueille que 2 % de la population.
Le gouvernement consacre plus de 25 % de son budget à l'éducation, soit deux fois plus qu'à la santé. Mais, d'après certains détracteurs, il serait possible de rentabiliser et de rationaliser davantage ces dépenses en répartissant les ressources de façon plus équitable, en augmentant les achats de matériels éducatifs et en réduisant les salaires des enseignants.
Quoi qu'il en soit, les possibilités d'éducation se sont améliorées de façon spectaculaire depuis l'indépendance. Par exemple, le nombre d'élèves entrant à l'école secondaire a quadruplé et dépasse maintenant 12 000. Une commission créée en 1998 et chargée d'examiner les projets de réforme éducative a commencé ses travaux en janvier dernier.
La crise du marché de l'emploi est tout aussi urgente. Le taux de chômage a grimpé en flèche ces dernières années, en passant de 19 % en 1991 à 32,9 % en 1993 et 34,8 % en 1997. D'après le Plan national de ressources humaines de 1998-2010, les chômeurs n'ont pour la plupart qu'un faible niveau d'instruction et de qualification et 38 % d'entre eux ont entre 15 et 24 ans. D'après H&E Labour Consultants, en 1996, 60 % de la population active était soit au chômage soit en situation de sous-emploi, et environ 20 000 personnes arrivent chaque année sur le marché du travail.
Le chômage a créé une situation explosive parmi les anciens combattants qui se sont battus pour l'indépendance de la Namibie. Les sociétés de Brigades de développement, qui avaient pour fonction d'assurer leur réinsertion, n'ont pas permis de remédier au problème, car certaines de ces sociétés ont fait faillite et, d'après le premier ministre Hage Geingob, nombreux sont les anciens combattants qui "souhaitent avant tout rester dans l'armée." Il sont 9 511 à avoir été recensés afin de pouvoir peut-être se faire embaucher par le gouvernement ou par des organismes gouvernementaux.
Parallèlement au chômage, le pays souffre d'une grave pénurie de main-d'oeuvre qualifiée. D'après le Plan national de ressources humaines, la population active de la Namibie se caractérise d'un côté par des pénuries importantes de main-d'oeuvre qualifiée et de l'autre par une armée de chômeurs et de travailleurs sans qualifications. L'accroissement rapide de la population depuis l'indépendance n'a fait qu'aggraver la situation.
De toute évidence, la Namibie ne deviendra une société
équitable qu'au prix de nombreux efforts. Mais, dans l'ensemble,
les Namibiens peuvent à juste titre se déclarer satisfaits
des neuf premières années d'indépendance, au cours
desquelles ils ont fait renaître une nation des ruines de la guerre,
tout en faisant régner la paix et la démocratie et en établissant
un secteur privé dynamique. Dans ces conditions, le travail qu'il
reste à accomplir -- il s'agit notamment de remédier aux inégalités
flagrantes héritées de plus d'un siècle de colonialisme
et d'apartheid impitoyable -- est certes considérable mais n'a rien
d'insurmontable.
La Namibie en quelques dates1876 La Namibie devient une colonie britannique. 1884 L'Allemagne annexe la Namibie 1915 L'Afrique du Sud occupe la Namibie pendant la première guerre mondiale 1920 La Société des Nations déclare que la Namibie est un territoire administré par l'Afrique du Sud pour le compte de la Grande-Bretagne. 1946 L'ONU condamne la tentative de l'Afrique du Sud de faire de la Namibie sa cinquième province. Années 50 L'Ovamboland People's Congress, qui deviendra plus tard la South-West Africa People's Organization (Swapo), voit le jour et mène le combat politique contre l'occupation sudafricaine. Années 60 Début de la lutte armée de la Swapo 1978 La Cour internationale de justice de La Haye déclare illégale la présence en Namibie de l'Afrique du Sud. 1988 Un accord international prévoit le retrait des troupes cubaines d'Angola et le retrait des troupes sud-africaines d'Angola et de Namibie, ouvrant ainsi la voie de l'indépendance. 1989 Lors des élections d'une Assemblée constituante, supervisées par l'ONU, la Swapo obtient 57 % des votes. Sam Nujoma est nommé président. 1990 La constitution est adoptée ; elle entre en vigueur le 12 mars 1990, et instaure un système démocratique pluripartis. L'indépendance de l'Afrique du Sud est obtenue le 21 mars December 1994 La Swapo gagne les élections générales en remportant 74 % des voix. Sam Nujoma est directement élu président. 3 November 1998 Le parlement adopte le premier amendement constitutionnel, qui permet au président Nujoma de se présenter pour un troisième mandat. December 1999 Date des élections de l'Assemblée nationale. |