La situation des enfants dans le monde, 1999 de l'UNICEF a pour thème l'éducation

Le cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme a été célébré partout dans le monde le 10 décembre 1998. Selon l'UNICEF, 130 millions d'enfants dans les pays en développement ne fréquentent pas l'école, et un milliard de personnes, des femmes pour la plupart, ne savent ni lire ni écrire -- "c'est là une violation des droits et une perte de potentiel et de productivité que l'on ne saurait plus tolérer."

photo: UNICEF / Sprague

Faire du droit à l'éducation une realité

L'UNICEF préconise une action plus ferme en Afrique

L'Afrique subsaharienne devra dépenser 1,9 milliard de dollars supplémentaires par an pour assurer une scolarisation primaire pour tous d'ici à 2010, estime le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF). Cette région consacre 9 milliards de dollars par an à l'éducation, mais plus d'une quarantaine de millions d'enfants n'y sont pas scolarisés, selon La situation des enfants dans le monde, 1999, publié par l'UNICEF. En outre, les paiements du service de la dette de la région ont dépassé les 12 milliards de dollars en 1996.

Bien que l'enseignement de qualité soit communément reconnu comme un droit humain élémentaire susceptible de promouvoir l'essor économique, y accéder n'est pas aisé pour de nombreux enfants d'Afrique et d'autres régions du monde en développement et la discrimination à l'égard des filles constitue le plus gros obstacle sur la voie de la scolarisation primaire pour tous. A l'occasion du lancement du rapport à Londres le 8 décembre dernier, la Directrice générale de l'UNICEF Carol Bellamy a souligné "les conséquences accablantes" d'un accès insuffisant à l'éducation, en particulier pour les filles et les femmes.


photo: UNICEF / Giacomo Pirozzi

Les pays africains ont compté au nombre des 155 nations qui se sont engagées à faciliter l'accès à l'enseignement de qualité aux filles et aux femmes lors de la Conférence mondiale de l'education pour tous en 1990. La conférence avait estimé à cette occasion qu'un accès plus large de ces catégories de la population à un enseignement de qualité permettrait d'enregistrer d'importants succès sur le plan social et l'accession à un niveau de nutrition et d'instruction supérieur. Mais après avoir amorcé une évolution positive, le taux de scolarisation primaire des filles, à 51 %, est actuellement inférieur à celui de 1985, selon l'UNICEF.

Grâce à son programme mondial d'education des filles, l'UNICEF soutient les efforts destinés à réduire les disparités entre les sexes sur l'accès à l'éducation dans les trois régions où celles-ci sont les plus criantes, à savoir en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud-Est, et au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. L'UNICEF appuie également l'Initiative africaine pour l'éducation des filles dans plus d'une vingtaine de pays du continent afin de contribuer à une scolarisation plus large des filles.

En outre, le Forum des éducatrices africaines a mis au point un programme de Planification des ressources stratégiques en collaboration avec l'Institut d'études de développement britannique de l'université du Sussex afin de proposer une scolarisation durable de bon niveau et équitablement répartie entre les sexes dans les 10 à 15 prochaines années. Le programme a démarré en Ethiopie, en Guinée et en Tanzanie en 1995 et a été adopté depuis au Ghana, au Malawi, au Mali, au Sénégal, en Ouganda et en Zambie. Il permet aux autorités chargées de l'éducation dans ces pays de proposer des politiques de l'enseignement destinées à réduire les écarts entre les sexes et à assurer la scolarisation élémentaire pour tous.

La planification des ressources stratégiques constitue l'élément essentiel du travail du Forum des éducatrices africaines consacré aux sexes et à la scolarisation élémentaire en Afrique; nombre de pays du continent étudient la mise en oeuvre des principales recommandations qui figurent dans le document. En Ethiopie, cela se traduirait par un avancement automatique au cours des cinq premières années d'études, et par l'introduction des classes alternées pour les trois-quarts des élèves du primaire et du secondaire. L'application de ces mesures devrait permettre à l'Ethiopie de faire passer son taux de scolarisation élémentaire, actuellement de 39 % pour les garçons et 24 % pour les filles, à 102 % et 106 % respectivement au cours des 15 prochaines années. Par ailleurs, la Guinée ayant identifié le mariage précoce comme cause principale du faible nombre de filles diplômées en fin d'études, il est désormais interdit de leur imposer le mariage avant la fin de leur neuvième année d'études.

Il reste beaucoup à faire pour faire du droit à l'éducation une réalité dans le monde, mais les efforts déployés en ce sens constituent "le meilleur investissement que l'on peut faire pour assurer un avenir pacifique et prospère à nos enfants," conclut le rapport de l'UNICEF.

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